Dracula et ses potes sont sur un bateau…

Hôtel Transylvanie 3.Résultat de recherche d'images pour "hotel transylvanie 3"

Animation, comédie – USA

Réalisé par Genndy Tartakovsky

Avec les voix de Adam Sandler, Andy Samberg,

Selena Gomez…

Sortie en salles le 25 Juillet 2018

Dans son hôtel réservé à sa monstrueuse clientèle, Dracula (Adam Sandler) se morfond. Veuf de puis plus d’un siècle, la solitude lui pèse. Pour lui changer les idées, sa fille Mavis (Selena Gomez) lui organise des vacances. Les voilà partis en croisière avec tous leurs amis sur le Legacy, l’immense paquebot sous les ordres de la mystérieuse commandante Éricka (Kathryn Hahn).

Après un premier épisode dépeignant un Dracula gérant d’hôtel catastrophé à l’idée de voir sa fille s’enticher d’un humain et quitter son giron, et un second où il tente par tous les moyens d’élever son petit-fils en bon vampire, Dracula et ses amis Franky la créature de Frankenstein, Murray la momie, Wayne le loup-garou et Griffin l’homme invisible sont de retour. Et cette fois, ils laissent derrière eux la Transylvanie et son hôtel éponyme pour un radical changement de décor. Pour le meilleur ?

Dès sa séquence d’ouverture, Hôtel Transylvanie 3 annonce la couleur. Personnages d’une absolue souplesse, mimiques tordantes et gags visuels abondent. La patte artistique si particulière de Genndy Tartakovsky est toujours là, et son talent pour mettre en scène et enchaîner les gags les plus cartoonesques à la vitesse de l’éclair toujours intact. On aurait pu s’attendre à ce que les idées se raréfient, d’autant qu’un paquebot de croisière n’est jamais qu’un hôtel posé sur l’eau, mais il n’en est rien. Au contraire. À la clique à Drac viennent s’ajouter profusion d’autres personnages et de situations plus cocasses les unes que les autres, comme Blobby le blob de gelée verte, spécialiste de l’humour visuel (il n’a en effet aucune ligne de dialogue proprement dite) qui, après avoir trusté une place au sein de la petite bande dans le deuxième opus, multiplie ici les apparitions, tantôt mignon tantôt dansant, et toujours hilarant. Les gags remportent sans mal l’adhésion des petits comme des grands, et la bonne humeur remplit la salle plus facilement que l’estomac de Franky.

Pour ce qui est de son développement, le film effectue un petit retour en arrière. Outre les références immanquables aux précédents films (le « bla-bla-bla » que tous imputent à Dracula, et qu’il s’obstine à nier, la pyrophobie explosive de Franky, ou les sorcières du premier épisode formant une sorte de haie d’honneur à la présentation du navire), c’est le veuvage de Drac et le fameux « zing » qui servent de trame de fond à cet épisode, et la relation ambiguë qui se met en place entre lui et la commandante Éricka, mais dont on ne dira pas plus, afin de ne pas gâcher une intrigue certes cousue de fil blanc, mais diablement efficace. Le film se permet le luxe d’une séquence un peu plus calme, un coup de frein peut-être un peu brusque, mais pour mieux nous proposer quelques moments émouvants au milieu de toute cette tornade tordante, avant d’embrayer sur un final musical absolument détonnant.

Si nombre de franchises finissent par s’essouffler avec le temps, Hôtel Transylvanie nous revient dans une forme insolente. Toujours aussi dingue et drôle de bout en bout, ce troisième épisode confirme que Dracula et ses potes ont encore de bons jours devant eux. Un grand éclat de rire à partager en famille ou entre amis.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

Lapins Casseurs

Pierre Lapin.Résultat de recherche d'images pour "pierre lapin"

Animation, comédie – USA, Royaume-Uni

Réalisé par Will Gluck

Avec Rose Byrne, Domnhall Gleeson, Sam Neill

Et les voix de Philippe Lacheau, Julien Arruti,

Élodie Fontan

Sortie en salle le 4 Avril 2018

Dans la campagne anglaise, Pierre Lapin, ses sœurs Flopsaut, Trotsaut et Queue de Coton, et son cousin Jeannot forment un quintet survolté dont la principale activité consiste à piller le potager du vieux MacGregor (Sam Neill) tout en jouissant de la bienveillance de Béa (Rose Byrne) sa voisine. Quand le vieux fermier vient à disparaître subitement, son neveu éloigné Thomas (Domnhall Gleeson) hérite de sa propriété, en déloge la fratrie et se rapproche de Béa, au grand dam de Pierre qui ne voit pas cette relation d’un très bon œil. Lorsque Thomas entreprend de se débarrasser de lui et de sa famille, c’est le début d’une guerre d’usure où tous les coups sont permis… tant que Béa n’est pas au courant.

Pierre Lapin (The Tale of Peter Rabbit en VO) est sans conteste l’un des plus grands (sinon le plus grand) succès de la littérature enfantine britannique. Ses aventures, imaginées, écrites et illustrées par Beatrix Potter et publiées en 1902, connaissent encore aujourd’hui un succès jamais démenti. D’ailleurs, le facétieux léporidé et sa veste emblématique trônent sans doute fièrement sur une place réservée au Panthéon de la culture anglaise, à jouer quelques tours à Doctor Who ou Harry Potter. Étrangement, malgré ce succès, les adaptations ne se bousculent pas, avec seulement deux séries animées, l’une sortie en 1992 et la seconde en 2013. Néanmoins, connaissant les studios et leur appétit d’adaptations littéraires (et autres) devenu démesuré, ce n’était qu’une question de temps avant que Pierre Lapin connaisse les honneurs du grand écran.

N’en déplaise au calendrier chinois, 2018 sera donc l’année du lapin à veste bleue. Et force est de constater que Will Gluck rend un bien bel hommage à l’œuvre de Beatrix Potter, tout en lui insufflant ce qu’il faut de fun et de modernité. Débarqué donc le vieux MacGregor amateur de tourte au lapin, remplacé par son héritier, un trentenaire urbain et maniaque fraîchement limogé de chez Harrod’s, qui s’entiche de Béa, une peintre incertaine qui ne révèle son vrai talent qu’en représentant ses lapins adorés. Ajouté à cela l’immature Pierre qui a fait de Béa (qui n’est autre qu’une incarnation de Beatrix Potter) sa mère de substitution, on obtient un improbable et délirant triangle amoureux, propice à un humour qui lâche très vite la bride, entre animaux anthropomorphes dansant sur des tubes à la mode, cache-cache chafouin et courses-poursuites explosives entre les rangs du potager.

Et même si on pourrait reprocher un recours parfois facile au comique de répétition, l’ensemble est heureusement rythmé, et l’interprétation est au rendez-vous, tant pour les acteurs en chair et en os que pour ceux qui prêtent leurs voix aux boules de fourrure. Philippe Lacheau et ses complices Vincent Arruti et Élodie Fontan nous livrent une remarquable prestation, et les seconds rôles ne sont par ailleurs pas en reste, avec leurs propres petites intrigues et caractères qui ne laisseront aucune bouche très longtemps boudeuse. Cependant, la palme revient sans conteste à Thomas Macgregor, incarné par Domnhall Gleeson et son jeu effervescent, qui passe en l’espace d’un claquement de doigts de son air pincé à l’hystérie la plus totale. Véritable martyr de Pierre et sa clique, le coup de cœur de Béa se traîne une sournoiserie qui n’égale qu’une malchance toutes deux dignes d’un Vil Coyote poursuivant Bip-Bip.

Au rang des adaptations littéraires « live action », Pierre Lapin et ses petites pattes à ressort se hissent sans peine dans le haut du panier en nous proposant une aventure effrénée au style incontestablement british, pleines de gags cartoonesques à souhait et juste ce qu’il faut de sentiment pour émouvoir son public sans tomber dans la mièvrerie. À savourer sans modération, comme la salade.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux.