Révolution Pokemon : « Let’s Go Pickachu / Let’s Go Evoli »

C’est LA grande nouvelle de la journée ! Nintendo l’a annoncé, un nouveau jeu Pokemon arrive en exclusivité sur la Switch dès cet automne. Et dire que cette information provoque l’impatience est un doux euphémisme.

Le jeu se déroule à Kanto, région de la Première génération si chère au cœur des fans. Deux versions du jeu « Let’s Go… » seront disponible à la vente : « Pickachu » et « Evoli ». Ces versions correspondent au choix du Pokemon starter avec lequel vous souhaiterez débuter l’aventure. À l’instar de « Pokemon Jaune », il a été dévoilé que le joueur se déplacera avec son Pokemon hors de sa PokeBall.

À première vue, les systèmes de combats, l’histoire, les lieux se rapprochent des anciens jeux. La communication se focalise surtout sur les différentes révolutions que Nintendo et GameFreak ont annoncées.

Tout d’abord, la capture des créatures. Suite au succès colossal et mondial du jeu « Pokemon Go » sur mobile, il sera possible, grâce au mouvement de la Joycon et le système de Motion Gaming, de réaliser des captures plus vraies que nature. Afin de pousser l’expérience à son maximum, un nouvel accessoire sera mis en vente (pourquoi se priver hein ?). Il s’agit de la « PokeBall Plus ». Cette véritable ball fera office de Joycon et vous aidera à tous les attraper. De plus, il vous sera possible de transférer un Pokemon de votre jeu dans cette Ball afin de l’emmener partout avec vous.

Dans la vidéo officielle de présentation, il est stipulé qu’il sera maintenant possible de jouer à deux dans l’aventure. Dans quelles mesures et dans quelles circonstances, nous l’ignorons encore.

Enfin, et cela ravira les infatigables utilisateurs de « Pokemon Go », il sera dorénavant possible de transférer vos petites bébêtes capturées dans l’application mobile dans votre jeu sur console.

Indiscutablement, cette nouvelle version sera un immense succès et engendreraune nouvelle révolution au sein de cette licence historique. Les différentes réactions sur les nombreux sites le prouvent, Nintendo et Pokemon continuent d’attiser les passions et les attentes de nombreux joueursà travers le monde.

Bien sûr, nous attendons des réponses sur cesquestions que l’on se pose. Comme par exemple :

–      Est-ce que TOUTE la phase de capture sera calquée sur celle de « Pokemon Go » ou il sera possible de faire des combats permettant de fatiguer le Pokemon et, ensuite, seulement le capturer.

–      Il sera possible de transférer des Pokemon de l’application mobile au jeu console. Mais…  y aura-t-il un nombre limité de transfertsautorisé ?La suite deviendra-t-elle payante ? Et si notre Pokémon sur mobile est très évolué comparé à notre niveau de jeu, n’est-ce pas finalement réduire un peu l’intérêt de notre quête ?

Ce Jeu, qui sortira le 16 Novembre 2018, fera office d’amuse-bouche avant un autre jeu plus « ambitieux » annoncé pour la fin de l’année 2019. Et malgré nos questions ci-dessus, somme toute légères, nousallons bien évidement participer à cette nouvelle aventure comme nous le faisons avec plaisir depuis maintenant un peu plus de 20ans.

Une seule et unique interrogation nous préoccupe désormais… Quelle version prendre ?

Un article de Quentin Gabet

L’exhumation de RamNES II

Ayant initié l’an dernier un engouement (apparemment sous-estimé) avec la réédition de sa NES en mode « Mini », Nintendo a récidivé ce 29 septembre en s’attaquant à un autre de ses best-seller, héritière de la première et reine incontestée de l’ère 16 bits, la Super NES.

Tous ceux qui ont convoité la NES Classic mini l’an dernier s’en souviennent : l’avoir sous son sapin de Noël relevait de la gageure. À moins d’avoir anticipé la pénurie en pré-commandant votre exemplaire des mois à l’avance ou d’hypothéquer votre chien pour vous la procurer auprès de revendeurs à des prix parfois totalement délirants, il était quasiment impossible d’en trouver un exemplaire. Nintendo et son marketing auraient visiblement tiré les leçons de leur passif et promis à leur Super NES Classic mini un avenir moins chaotique que la précédente génération (à l’heure où nous écrivons ces lignes, elle est encore disponible à des prix raisonnables). Mais à présent que surprise et pénurie, les deux cavaliers de l’Apocalypse commerciale, ont apparemment cessé de nous tourmenter, cette nouvelle itération vaut-elle qu’on se précipite dessus ? Question légitime qui en appelle d’autres.

Après tout, Nintendo arrive sur un champ de bataille déjà bien encombré. Les jeux rétros sont tendances. Les émulateurs Open Source sont fiables et monnaie courante. Il est possible de trouver pour une dizaine d’euros des pads fidèles aux originaux et de très bonne facture. Les plus bricoleurs peuvent même se procurer un Raspberry Pi et, moyennant quelques bidouilles assez simples, se confectionner une véritable console rétro. Disons le simplement, si votre unique objectif est de vous frotter aux vieilles gloires du jeu-vidéo, cette Super NES format étui à cigares n’est pas pour vous. Avec seulement 21 jeux disponibles, elle est certes représentative de son époque, mais aussi plutôt chiche, surtout quand on sait que ces ROMs ne pèsent que quelques Méga-octets et que les prix de la mémoire n’ont jamais été aussi bas.

Tout ça n’enlève rien aux qualités intrinsèques de cette petite console, d’autant que Nintendo a appris sa leçon en corrigeant certaines fautes rédhibitoires de sa NES Classic mini, à commencer par un rallongement des câbles des manettes (à présent au nombre de 2, ce qui n’est pas de trop vu le nombre de jeux multijoueurs). À n’en pas douter cependant, des constructeurs tiers sortiront bientôt (si ce n’est déjà fait) des pads sans fils pour les moins satisfaits. On pourra juste regretter qu’à nouveau, la fonction Reset soit intégrée à la console, empêchant de changer de jeu à la volée tout en restant dans son canapé et l’impossibilité de rajouter des ROMs. Au delà de ça, l’émulation made in Nintendo est toujours d’aussi bonne qualité (mais n’est-ce pas le minimum de la part du fabricant original de ces jeux…) et les filtres d’ambiance font leur retour, toujours aussi ludiques. Par souci de design, les ports manettes sont dissimulés derrière un cache du plus bel effet permettant à cette Super NES de garder l’allure de sa grande sœur. Mais cela suffit-il pour autant à en faire un indispensable ?

Si le service marketing de Nintendo est parfois difficile à suivre, il semble que sa stratégie pour sa gamme Classic soit peu ou prou celle initiée avec les amiibo, à savoir faire bourgeonner de petites parties de son univers et l’étendre au delà des consoles. La Super NES Classic mini s’adresse surtout aux fans de Nintendo, voire plus particulièrement à ceux qui n’aurait pas connu les glorieuses années de la Super NES originale. Ou peut-être aux inconditionnels de Fox McCloud, qui découvriront StarFox 2, projet avorté en son temps et édité pour la première fois par Nintendo.

Telle la Californie en 1848, le rétro-gaming est devenu le nouvel El-Dorado du jeu-vidéo, et en tant que plus ancien constructeur encore en activité, Nintendo est assis sur une véritable mine d’or. Poursuivant l’exploitation tranquille de son filon, la firme kyotoïte nous livre une Super NES Classic mini de très bonne facture, quoiqu’un peu fainéante. En attendant le prochain coup de pioche de la division Classic, espérons qu’elle ait pris le temps de bien étayer sa galerie. Il serait dommage de finir enseveli alors que les pépites du succès semblent littéralement vous sauter dans les mains.

Un article de GBP

Nintendo et le business de la nostalgie

Il n’y pas que Sony et sa PS4 Pro sur la première page de l’actualité du hardware en ce
mois de novembre, il y a aussi Nintendo et sa NES. Enfin, Nintendo et sa NES Classic Mini, réédition au format pocket de sa première console de salon, la célèbre Family Computer (ou Famicom) au Japon, Nintendo Entertainement System (ou NES) pour le reste du monde.

Nintendo au sommet

Quand elle sort en 1983, la Famicom arrive sur un marché sur le point de s’effondrer. Par chance, cette crise sera moindre au Japon, Nintendo est forte de licences populaires (Donkey Kong en tête, succès arcade d’alors adapté sur la quasi-totalité des consoles de salon de l’époque) et du succès de la gamme Game & Watch (les ancêtres de la Game Boy ou, pour les plus jeunes, de la DS). Bien qu’hasardeux, le pari est réussi. En un an, la Famicom devient la console la plus populaire du Japon et Nintendo rêve de lui faire traverser l’océan. En 1985, la console, rebaptisée NES, débarque sur le marché occidental avec les coudées franches pour s’imposer en quasi monopole. Pendant longtemps, Nintendo sera synonyme de jeu-vidéo et la NES le creuset de licences encore populaires aujourd’hui.

Des bâtisseurs de consoles encore en activité, Nintendo est sans conteste celui dont l’histoire est la plus longue. Son patrimoine est gigantesque, de par ses licences (Mario, Donkey Kong, Zelda, Metroid et consorts) et des apports et standards que ses ingénieurs ont su imposer au jeu vidéo (Croix de direction, détection de mouvements et écrans tactiles pour ne citer qu’eux), et de ce patrimoine, Nintendo tire également une grande fierté ainsi qu’une ferme intention de le protéger. On ne fait pas n’importe quoi avec ses licences. Ils l’ont par ailleurs prouvé il y a encore quelques semaines en imposant le retrait de Pokemon Uranium, version non-officielle de Pokemon fruit de plusieurs années de développement bénévole.

La stratégie du retro-gaming

Pour autant, Nintendo n’est pas juste extrêmement procédurier avec ses fans. Elle illustre à merveille cette vision typiquement japonaise faite à la fois de tradition et d’innovation. Un œil tourné vers l’avenir tandis que l’autre analyse le passé.

En constructeur de talent, Nintendo construit des machines faites pour durer. Ainsi, il n’est pas difficile de trouver à l’heure actuelle sur le marché des NES parfaitement fonctionnelles. Il y a d’ailleurs quelques semaines, Nintendo s’est fendue d’un coup d’éclat en déballant et en mettant en marche une console issue de ses stocks vieux de plusieurs décennies. Et la bête était loin d’être moribonde.

Depuis la Game Boy, la rétrocompatibilité est également au cœur de sa stratégie. Ainsi, la Game Boy Color était compatible avec les jeux Game Boy, la Game Boy Advance compatible avec les jeux Game Boy Color, etc. En règle générale, chaque console assemblée par Nintendo est compatible avec la génération précédente. Un détail qui paraît anodin, mais qui a sans doute permis à Nintendo d’écouler plus facilement ses consoles de nouvelle génération. En revendant sa Game Boy Advance pour s’offrir une DS, il était rassurant de se dire qu’on n’aurait pas à revendre sa collection de jeux en même temps. On ajoutera en guise de conclusion que depuis la Wii et ses fonctionnalités en ligne, Nintendo réédite périodiquement ses anciennes gloires sur Console Virtuelle (certes à des tarifs qu’on pourrait qualifier sobrement de « mal positionnés »).

Tout ça pour dire que si le retro-gaming est à la mode ces derniers temps, Nintendo n’y est certainement pas étranger. La firme de Kyoto l’a dans son ADN.

Retour aux sources du succès

Néanmoins, la NES Classic Mini a surpris tout le monde lors de son annonce officielle. Surtout parce qu’en annonçant une « nouvelle console », tout le monde ou presque s’attendait à l’annonce de la Switch (finalement arrivée 6 mois plus tard). De plus, il n’est guère difficile de se procurer les grands classiques de Nintendo (et d’autres). Il doit d’ailleurs exister autant de méthodes légales que d’illégales de se les procurer. Aussi se procurer cette mini-NES est-il indispensable ? En fait, trois facteurs sauront réellement trancher cette question : La sensibilité de chacun à l’aura de Nintendo, l’intérêt qu’on porte au Rétro-Gaming, et la nature de collectionneur qui sommeille en chacun de nous. Car bien malin celui qui parviendra à prendre objectivement en défaut cette petite console.

En effet, visuellement, la NES Classic Mini reprend le design emblématique de la NES originale, seules la taille et la connectique diffèrent vraiment (à noter pour les chanceux qui passeraient par le Japon que l’édition japonaise reprend le design de la Famicom et dispose d’une sélection de jeux sensiblement différente).

Bien qu’elle soit sur le papier plus puissante que la Wii ou la 3DS (par simple gap technologique), la NES Classic Mini embarque un hardware des plus basiques, mais cette puissance de calcul est moins dévolue à faire tourner les 30 jeux pré-installés qu’à émettre un signal correct pour une sortie HDMI et un lissage des textures parfaitement exécuté. Cette configuration supporte par ailleurs un émulateur de très grande qualité et les différents filtres disponibles font des merveilles, dont un permettant aux plus nostalgiques de retrouver l’ambiance visuelle d’un bon vieux téléviseur cathodique. Les anciennes gloires NES resplendissent littéralement, même s’il sera peut-être nécessaire de jouer avec les réglages du téléviseur pour réduire le clipping ou les temps de latence.

On ne peut pas dire que la NES Classic Mini soit une machine à remonter le temps aussi efficace qu’une NES authentique rattachée à une dalle cathodique, mais elle est de très loin la meilleure plateforme qu’on puisse se procurer pour découvrir (ou redécouvrir) ces titres qui représentent tout un chapitre de l’histoire du jeu-vidéo, le tout dans le confort d’image offert par les technologies actuelles.

La NES Classic Mini n’est cependant pas exempte de défauts. Le premier d’entre eux, et tout le monde s’accorde sur ce point, c’est la taille ridicule de son câble de manette. Deux solutions s’offrent alors à vous : exploiter la longueur des autres câbles (HDMI et USB) et la poser sur une table basse (mais n’espérez pas vous trouver à une distance réellement confortable de votre téléviseur HD) ou vous procurer un prolongateur, voire une manette sans fil (il faudra alors vous tourner vers un constructeur tiers). Ce choix paraît indéfendable, et pourtant, d’un point de vue simplement design, on pourrait dire que l’ensemble NES et manette paraît moins ridicule avec ce câble réduit. On notera aussi qu’en étant obligé de passer par le bouton Reset situé sur la console pour passer d’un jeu à un autre, il vaut mieux ne pas trop s’en éloigner. Sacrifier au design original en plaçant ce bouton sur la manette n’aurait sans doute pas choqué, mais passons…

La seconde faute de Nintendo, c’est sans doute l’absence de transformateur fourni, mais plus personne ne s’en étonne. Depuis la sortie de la New 3DS, le constructeur n’inclut plus de transformateur avec ses consoles (excepté la Wii U, et sans doute la Switch). Selon la documentation, il est possible d’utiliser n’importe quel transformateur compatible USB de type 5V-1A en sortie (soit le type de transformateur fourni avec n’importe quel smartphone). Pour ma part, l’essai avec un transfo Apple s’est soldé par un échec, mais celui que j’ai fait avec celui de mon smartphone a fonctionné. À surveiller. Le plus simple reste tout de même de trouver un port USB de libre sur votre TV HD (la plupart des TV récentes en comportent au moins un).

Avec cette NES Classic Mini, Nintendo se rappelle au bon souvenir des joueurs, au point de faire peut-être un peu d’ombre à la PS4 Pro sortie ces derniers jours. Pas forcément pour les bonnes raisons. En effet, à l’heure où nous écrivons ces lignes, il devient très difficile de se la procurer à son tarif normal de 60 euros, pour ne pas dire impossible. Qu’il s’agisse des revendeurs pro ou des particuliers ayant choisi d’en précommander plusieurs exemplaires, la spéculation va bon train. Il s’avère que Nintendo a sans doute engendré LE collector de cette fin d’année 2016. Mais ne vous précipitez pas. Aux 100.000 unités annoncées (qui ont certainement déjà trouvé preneur) viendront apparemment s’ajouter de nouveaux approvisionnements. S’il est possible qu’elle ne soit pas présente sous votre sapin, il sera encore temps de dépenser vos étrennes tranquillement début 2017.

Nintendo et l’innovation perpétuelle

Depuis plus de 6 mois maintenant, l’actualité du jeu-vidéo vibre au rythme des rumeurs et annonces concernant le projet NX, mystérieuse nouvelle machine que la R&D de Nintendo concocte dans le plus grand secret (preuve s’il en faut, n’en déplaise aux studios habitués des « leaks involontaires », qu’il est tout à fait possible de garder un projet secret, même à l’ère de la surinformation). En ce 20 octobre, Nintendo a choisi de dévoiler une courte vidéo de présentation (Environ 3,30min) dévoilant la remplaçante de la Wii U, la Nintendo Switch.

L’Adaptabilité comme horizon

La première chose qui frappe avec cette présentation aux allures de publicité pour soda habillée d’un fond sonore rock-folk, c’est que Nintendo reste le roi incontesté de l’innovation, un trône que l’entreprise truste depuis son entrée sur le marché du jeu-vidéo dans les années 80. À l’heure où Sony et les développeurs PC ne jurent que par la Réalité Virtuelle, certes mature mais encore onéreuse, où Microsoft compte sur la Réalité Augmentée pour relancer sa Xbox One, et où le mot d’ordre est d’immerger le joueur au point de le couper du monde, Nintendo prend le contre-pied de la mode en jouant la carte de la convivialité (déjà jouée avec la Wii, avec le succès qu’on lui connaît) et du nomadisme (qui ne les a jamais trahis depuis l’époque des Game & Watch).

En l’état actuel des choses, la Switch n’est autre que l’évolution logique et réussie de la Wii U, gommant ses défauts tout en apportant son lot de fonctionnalités enthousiasmantes. De base, la console se compose de deux modules principaux : Un corps de console doté d’un logement, lequel peut accueillir le nouveau gamepad format tablette. L’ensemble, un simple cube à peine plus gros qu’une Wii, semble être un vrai bijou de design à la Nintendo, discret et sans fioritures.

S’il rappelle celui de la Wii U, le nouveau gamepad made in Nintendo se révèle autrement plus fonctionnel que son aîné. L’un de ces premiers défauts était sa dépendance vis-à-vis de la console elle-même. S’il était certes possible de s’affranchir de l’écran de la télévision, s’éloigner de la console de quelques mètres suffisait à mettre un terme à la partie. À présent, il suffit d’ôter le module de son support pour bénéficier d’une console nomade. L’autre défaut récurrent était sa taille imposante fatigante à l’usage. Défaut corrigé par la conception d’un gamepad modulaire construit autour d’un écran et de deux parties détachables, lesquelles peuvent être utilisées comme manette, combo wiimote-nunchuk, ou comme deux mini-manettes indépendantes afin de jouer à deux. De toute évidence, Nintendo a encore placé l’ergonomie au cœur de la conception de ses consoles, et sa Switch promet une adaptabilité encore jamais vue pour une console.

Une partie débutée dans votre salon peut alors se poursuivre dans le métro, sur l’écran du gamepad. Fatigué de porter cet écran ? Séparez-le de ses modules de commande, posez-le sur un support et la partie continue. L’objectif affiché de Nintendo à grand renforts de références à Skyrim et à Zelda-Breath of the Wild est clair : Avec la Switch, on pourra s’adonner n’importe où et confortablement à des jeux de la qualité d’une console de salon. De quoi peut-être concurrencer les smartphones. Reste encore à transformer l’essai lors du prochain Nintendo Direct en apportant des données techniques.

Une Console encore mystérieuse

Le premier écueil que devra donc éviter Nintendo sera celui de l’autonomie, un détail qui n’aura pas échappé à ses ingénieurs et auquel ils ont certainement trouvé une parade. Depuis la Game Boy, sa section R&D n’a eu de cesse de prouver son expertise en la matière, ses consoles portables ne pouvant pas être prises en défaut sur ce point. De là à concurrencer les smartphones et leurs autonomies encore ridicules en utilisation intensive ? Difficile de répondre. N’oublions pas que le marché du jeu nomade est le premier poste de jeu-vidéo actuel et que les smartphones y sont surreprésentés. Néanmoins, Nintendo, avec ses DS et 3DS, a adopté une stratégie payante et résiste héroïquement, quand bien même la firme était-elle encore seule sur ce créneau avant l’ère d’iOS et d’Android. Seul le format imposant de son écran amovible (de la taille d’une tablette environ) pourrait représenter un handicap face aux smartphones.

Nous passerons vite sur la question du prix, à la fois légitime et inévitable. Les échecs que Nintendo a pu rencontrer au cours de son existence n’ont jamais pu être imputés à un problème de positionnement. De plus, la console n’embarque apparemment aucune technologie susceptible de faire monter les prix à un niveau spectaculaire. Nintendo saura sans doute ajuster son offre en conséquence.

Reste le point de vue technique. La console n’échappe pas l’écueil du gap technologique, avec des performances en retrait par rapport à ses concurrentes PS4 et Xbox One (à plus forte raison depuis l’annonce des modèles Neo et Scorpio). Mais Nintendo a compris depuis la Gamecube que son salut ne passe pas par la participation (vaine de toute manière) à la course à l’armement que se livrent Sony et Microsoft, mais dans l’innovation et l’ergonomie. Et si elle parvient réellement à faire tourner Skyrim (et les textures HD de sa Legendary Edition) et Zelda-Breath of the Wild (qu’on annonce en monde ouvert et sans temps de chargement), la Switch ne devrait pas avoir à rougir face à ses concurrentes, dont la puissance de calcul est appelée de plus en plus à gérer la Réalité Virtuelle plutôt que la montée en gamme des graphismes.

Avec la Switch, Nintendo espère visiblement réitérer l’exploit de la Wii avec une console hyper-modulable, capable de s’adapter aux désirs et aux habitudes de jeu de chacun. En jouant sur le terrain de ses concurrentes de salon autant que sur celui des smartphones. L’objectif est évident, on ratisse large en s’adressant à la fois aux joueurs occasionnels, avec une console polyvalente et simple d’utilisation, et au noyau dur des joueurs, avec des productions triple A (Skyrim et Zelda en tête). Les marchés ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, l’action de Nintendo ayant de nouveau fait des bonds à la perspective de la révélation de cette nouvelle console.

Évidemment, il est encore un peu tôt pour sortir sa carte bleue et précommander la dernière née des consoles Nintendo. Comme toute vidéo promotionnelle, cette annonce n’a pour but que de susciter l’envie. Il sera indispensable à Nintendo de dissiper les zones d’ombres avant de s’emporter. Néanmoins, cette vidéo clôt d’une bien belle manière pas loin d’une année d’interrogations et de rumeurs concernant les plans de la firme kyotoïte.

Un article de Guillaume Boulanger-Pouceaux