Docteur Dory Episode 3 : Cyril contre-attaque

Les Troisièmes lundis du Dr Dory

Thérapie chantée en 6 séances

Un spectacle de et avec Cyril Dory

Le troisième lundi de chaque mois à 21h

Jusqu’en Mai 2018

Au Théâtre de Nesle (75)

C’est un cas très rare, voire inédit, que Culturotopia fasse deux articles sur le même artiste pour le même spectacle. Mais à cas exceptionnel, mesures exceptionnelles. Nous avons assisté ce lundi hier soir à la troisième séance des Troisièmes lundis du Docteur Dory au Théâtre de Nesle, dont nous vous vantions les mérites le mois dernier : https://culturotopia.com/2018/01/16/une-consultation-qui-fait-du-bien/ . Nous n’allons pas vous refaire la description de ses talents, nous en avons déjà assez parlé. Mais comme le spectacle est totalement différent chaque mois, l’expérience est différente. Et ce fut le cas pour la séance de Février. Cyril Dory nous a fait la démonstration de sa liberté de création.

Si le spectacle semblait démarrer comme le mois dernier, l’artiste n’a pas tarder à nous montrer qu’il choisissait la route qu’il voulait nous faire prendre. Il a mis en suspens la réflexion amorcée au mois de Janvier sur le rapport de l’Amour au réel pour la faire imploser. Il met la Saint-Valentin, Mardi gras et la Chandeleur dans un mixeur et voit ce qui en ressort. Si le propos a pu paraître confus pour les nouveaux arrivants, les « patients réguliers » jubilent. Ils voient un artiste qui nourrit son art au gré de ses inspirations et ses états d’âmes du moment. La mélancolie se mêlait à un vrai sentiment de liberté.

Cyril Dory a fait exploser les règles qu’il avait lui-même établi pour offrir un spectacle plein de surprises. Il atteint un moment de pure intensité poétique durant un Blue Valentines de Tom Waits, laissant son piano à Emmanuel Birnbaum, fondateur de L’École Française de Piano. Dès lors, le public sait qu’avec le Docteur Dory, il faut maintenant s’attendre à tout. Peut être vient-il d’imposer une forme de spectacle infiniment punk où rien n’est plus prévisible et tout peut arriver. Nous le saurons dès la prochaine séance prévue pour le 19 Mars.

Un article de Florian Vallaud

Une consultation qui fait du bien

Les Troisièmes lundis du Dr Dory

Thérapie chantée en 6 séances

Un spectacle de et avec Cyril Dory

Le troisième lundi de chaque mois à 21h

Jusqu’en Mai 2018

Au Théâtre de Nesle (75)

De deux choses l’une : soit Cyril Dory est fou, soit c’est un génie. Chez Culturotopia, on opte pour un mélange des deux. Le temps était à la pluie en ce froid lundi de Janvier, et rien n’invitait les spectateurs à sortir de chez eux. Ils étaient pourtant nombreux hier soir au Théâtre de Nesle pour assister à une des « séances » du Docteur Dory. Aux vues des applaudissements chaleureux qui ont salué cette heure et demie de spectacle, il semblerait que la thérapie fonctionne. Mais de quoi est-il vraiment question ?

Durant 6 séances, Cyril Dory propose de développer un questionnement philosophique et psychanalytique sur notre rapport à la vie en général. Chaque représentation est différente : elle complète et prolonge le propos en n’abandonnant pas ceux qui ne seraient pas venus le mois précédent. Ses outils ? Tout ce que la musique peut offrir comme moyen pour illustrer son propos : pop anglaise, variété française, générique télé, etc. Plus l’exemple est improbable, meilleur il est. Qui aurait pu croire qu’on pouvait tirer une analyse pertinente du générique de la série Santa Barbara ? Cyril Dory y parvient avec un humour dévastateur. En effet, si le spectacle ouvre des pistes de réflexions philosophiques intéressantes, il est avant tout ludique et très drôle. Le propos n’est jamais hermétique ni ennuyeux. Tout semble couler de source et le public est invité à réfléchir en même temps que l’artiste. Pour faire passer ce mélange inattendu, il fallait quelqu’un à la hauteur du défi.

Cyril Dory ne démérite jamais. Avec son air enfantin, il nous entraîne dans son univers qui invite à s’émerveiller de tout. Il semble avoir tous les talents. En plus d’être un comédien pédagogue, il gère à merveille la comédie. Son sens de la rythmique, probablement hérité de sa formation musicale, est mis au service d’effets comiques qui surprennent sans cesse. On a qu’une seule envie, tendre l’oreille et suivre son raisonnement qui porte un regard éclairant sur les mécanismes qui régissent nos vies. Hier, il était question des ivresses qu’on peut chercher pour mieux vivre, l’amour en tête, pour arriver à la conclusion que le moyen de ne pas souffrir est de se satisfaire du réel comme le font les enfants. De surcroît, il chante merveilleusement bien et chacun des morceaux qu’il joue au piano est un régal.

Les Troisièmes lundi du Dr Dory est un vrai coup de cœur. Érudit, musicalement envoûtant et hilarant. Il peut même être apaisant et thérapeutique si on accepte de profiter pleinement de l’expérience. Cyril Dory fait partie des artistes atypiques à suivre avec attention, et c’est peu dire qu’on attend avec impatience la prochaine séance prévue le 19 Février 2018. On y sera. Et vous ?

Un Article de Florian Vallaud