Star Tours 2 : Vers l’infini et au-delà ?

Il y a 25 ans, un nouveau parc d’attractions ouvrait ses portes à l’Est de Paris. Ce n’était pas le premier mais sa force de séduction était immense. Il fascinait les uns, outrageait les autres. Pour ses opposants les plus fervents, il faisait céder le dernier rempart à l’invasion de la culture américaine en France. Son nom ? Il a évolué au fil des ans et de l’image qu’il voulait renvoyer : Eurodisney, Disneyland Resort Paris et enfin simplement Disneyland Paris. Le parc s’est étoffé, offrant toujours plus d’attractions, de spectacles et même une nouvelle zone : le Walt Disney Studio. Cependant, pour les vieux de la vieille dont je fais parti, il y a des points fixes. Des attractions qui nous ramènent 25 ans en arrière, à l’époque où nous découvrions cet univers avec nos yeux d’enfant émerveillé. Small World et son air entêtant, Big Thunder Mountain, Phantom Manor : autant d’aventures qui n’ont pas pris une ride depuis l’ouverture.

Et il y a celles que la direction a décidé de faire évoluer. Nous saurons seulement en Juillet prochain si l’intégration de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes est pertinente et n’a pas pour seul objectif de capitaliser sur la sortie prochaine du cinquième opus. C’est la même question qu’on était en droit de se poser à propose de la refonte du cultissime Star Tours. Durant 24 ans, le visiteur embarquait à bord d’un starspeeder piloté par le robot débutant Rex et se retrouvait en pleine attaque de l’Étoile Noire. Cette attraction dynamique utilisant un simulateur de vol ne désemplissait pas. Disneyland Paris a pris pourtant la décision de la moderniser et nous offre, après plus d’un an de travaux, sa nouvelle mouture sobrement intitulée : Star Tours : l’aventure continue.

Située au même emplacement que l’ancienne, cette nouvelle version s’inscrit dans une volonté de faire de Discoveryland la nouvelle zone Star Wars, incluant par la même occasion le futur Hyperspace Mountain. Un nouvel espace nommé Starport permettra aux visiteurs de rencontrer le seigneur Vador. Si la file d’attente de l’attraction est assez similaire à la précédente, elle est assez grande pour garantir des heures d’attente en intérieur. Afin d’occuper le visiteur et réduire son impatience, l’accent a été mis sur la thématisation enchaînant les clins d’œil aux univers Star Wars et Disney. Une surprise pour les plus fidèles se cache même au sein d’une salle.

L’aventure présente deux nouveautés majeures : l’utilisation de la 3D et les voyages temporels. Si le parc est assez coutumier de la technologie 3D avec Ratatouille ou bien avant Chérie, j’ai rétréci le public et Captain Eo, ils l’utilisent ici afin de renforcer l’immersion dans le voyage et faire oublier que nous ne sommes que dans un simulateur. Auparavant, les sensations étaient principalement physique avec les mouvements de la cabine. Dorénavant, les lunettes jouent aussi avec votre perception visuelle. Les effets en sont alors décuplés et ce que nous voyons devient encore plus crédible. Un immense travail a été également été opéré sur les mouvements de la cabine qui s’avèrent plus souples et fluides. L’expérience devient alors intense et éprouvante. Les témoignages de nausées sont nombreux et cela indique qu’elle n’est pas conseillée à tous.

Si les concepteurs se sont cantonnés à deux séquences par voyage (ce qui est largement suffisant aux vues de l’intensité), il existe 70 combinaisons possibles générées aléatoirement par la cabine. Autant de possibilités de ne pas vivre la même aventure à chaque fois. Les principales planètes de la saga sont visitées et nous pouvons assister à l’apparition de nombreux personnages.

Il est donc clair que le retour de Star Tours est une réussite en tous points. Sa réouverture à l’occasion du lancement des festivités des 25 ans ne manquera pas de faire l’événement, et il faudra vous armer de patience pour espérer en profiter.

 

 

Le froid qui réchauffe

La Fête Givrée

Chapparal Theater, Disneyland Paris

Reprise à partir du 11 Novembre 2016

« L’hiver s’installe doucement dans la nuit, la neige est reine à son tour… » Aux premières notes de ce qui est devenu un tube planétaire inattendu, les parents frissonnent. La sueur leur monte au front et l’angoisse les étreint. Il faut dire que depuis qu’ils ont des enfants, ils connaissent bien les rengaines obsessionnelles de leurs bambins. Mais rien ne les préparait à cela. Bien que sorti il y a deux ans, La Reine des neiges reste un succès indétrônable qui a ravagé le box office. Il s’agit encore aujourd’hui de la la plus grosse réussite des studios Disney depuis longtemps. Il a même obtenu en quelques mois seulement le statut de film culte tant il est devenu incontournable. Petits et grands ont encore dans la tête les chansons du films, « Let it go / Libérée Délivrée » en tête. Il était donc normal que les parcs Disneyland se mettent à la page et proposent une attraction autour du film. C’est chose faite pour le parc parisien qui propose un spectacle musical interactif : « La Fête givrée ».

Depuis l’ouverture du resort francilien en 1992, les spectacles musicaux avec des personnages maison offrent un complément agréable aux différents manèges. De La Belle et la bête à Tarzan ( en passant par des créations originales), Disneyland a toujours mis les moyens techniques et financiers pour prolonger la magie sur scène. S’ils ont patienté quelques années après l’arrêt de Tarzan pour éponger un peu le coût financier de ces productions, ils nous reviennent en pleine forme avec cette fête givrée qui, si elle ne brille pas par une débauche de moyens, compense avec une énergie et une inventivité qui rendent le tout agréable.

Le spectateur entre dans le Chapperal Theater et est immédiatement plongé dans le royaume d’Arendelle. Trois écrans et un décor hivernal composent le décor. Si l’été était au rendez-vous, cela apporterait une fraîcheur bienvenue. Le public, essentiellement composé de familles, semble fébrile. Puis le spectacle démarre et c’est parti pour une vingtaine de minutes de karaoké géant à un rythme soutenu. Les chanteurs-danseurs, rapidement rejoints par Ana, tiennent le spectacle par leur énergie et leurs nombreuses incursions dans la salle. Ils dansent et chantent au milieu des spectateurs, jouant même avec un ballon de plage sur le titre d’Olaf. Mais la vraie débauche de mise en scène est atteinte sur le final avec la chanson-phare avec des effets dignes d’un bouquet final de feu d’artifice.

S’il fallait trouver un défaut majeur à ce spectacle familial, il se trouverait surtout au niveau de l’intrigue. Il est évident qu’il ne faut pas attendre d’un spectacle de vingt minutes les mêmes développements et surprises narratives que pour une production d’une heure trente. Cependant, tout est réduit à son strict minimum, et même le postulat de départ n’est qu’un prétexte. Ana souhaite organiser une surprise chantée pour l’anniversaire d’Elsa et le public joue le rôle du chœur. Et c’est à peu près tout. On ne bougera pas de cela et les interventions des personnages connus sont réduites à de simples apparitions sensées suffire aux spectateurs. Il est dommage de ne pas les avoir plus impliqués dans le spectacle.

Toutefois, ce n’est là qu’une analyse a posteriori et, en vérité, l’énergie et la sympathie du tout l’emportent au final. Il est également très malin de la part de Disney d’avoir intégré la notion d’interactivité qui fait tomber le 4ème mur traditionnel du théâtre et apporte un vrai plus au spectacle. Quoi de plus mignon que de voir les enfants chanter avec passion les airs qu’ils entendent habituellement seuls chez eux ?

En résumé, ce spectacle est une vraie réussite malgré quelques faiblesses qu’on excuse vite. Il est représenté plusieurs fois dans la journée en version française et anglaise durant tout l’été. Sachez également que le parc a ajouté depuis le 2 Juillet un autre show à son répertoire au Walt Disney Studios, Mickey et le magicien. Nous en parlerons plus largement ici même dans quelques jours. Tant de raisons de rester de grands enfants !