The lost world rising

Jurassic World – Fallen KingdomRésultat de recherche d'images pour "jurassic world fallen kingdom affiche"

Aventure, Science-Fiction, Thriller – USA

Réalisé par Juan Antonio Bayona

Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall…

Sortie en salle le 6 Juin 2018

Trois ans se sont écoulés depuis la chute de Jurassic World. Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), ancienne directrice du parc, se consacre à présent à la protection des résidents survivants d’Isla Nublar. Alors que le volcan de l’île menace d’entrer en éruption, une opération de sauvetage est commanditée par Benjamin Lockwood (James Cromwell), ancien associé de feu John Hammond, pour rapatrier sur le continent 11 espèces, parmi lesquelles Blue, la dernière des vélociraptors. Une mission qui ne peut être accomplie que par l’ancien dresseur de raptors Owen Grady (Chris Pratt). Mais cette opération ne cacherait-elle pas des desseins moins idéalistes qu’il n’y paraît ?

Quand Jurassic World a été annoncé, plus de 10 ans après un Jurassic Park III en demi-teinte, personne ne l’attendait plus, mais l’intérêt fut immédiat. Reboot autant que suite, il tirait un trait sur les 2 derniers épisodes de la saga initiée par Steven Spielberg, faisant déjà tiquer les fans avant même qu’on en sache plus à son sujet. À sa sortie en salles, l’enthousiasme est pourtant là et le succès aussi, en dépit d’un fan-service parfois à la limite du prosélytisme. Colin Trevorrow avait accouché d’un divertissement de très bonne qualité, tout en mettant sous couveuse les œufs d’une potentielle suite. Aujourd’hui, ces œufs ont éclos. Reste à savoir si le bébé est viable.

Inutile de ménager le suspense, la réponse est un oui, sans doute aussi grand que Roberta, la T-Rex vedette du parc. Et ne nous mentons pas, tous les doutes étaient permis et le pari loin d’être gagné d’avance. Le premier Jurassic Worlds ouffrait de certaines faiblesses (une surenchère un peu vaine, des références parfois lourdes, des personnages pas forcément très fouillés…), lançait des pistes floues et n’existait finalement qu’à la perspective d’une suite. Nous-mêmes, tandis que nous le chroniquions, nous craignions un bis du The Lost World de Spielberg, et jusqu’au visionnage, les similitudes semblaient tellement énormes (l’opération de sauvetage sur l’île, l’exfiltration clandestine des dinosaures, l’incursion d’un prédateur sur le continent) qu’on s’attendait à un nouveau film de fans, gonflé à la surenchère mésozoïque et saturé de références en tout sens. Jurassic World n’était pour ainsi dire qu’un Jurassic Park 2.0 : plus gros, plus impressionnant, plus désastreux. Attendu au tournant, Fallen Kingdom évite les croches-pieds avec élégance et même une certaine insolence, se permettant des pointes d’humour bienvenues. Il affiche en outre une bien plus grande ambition, tant sur le fond que sur la forme.

Contrairement à d’autres franchises (Star Wars. pour reprendre un exemple de franchise récemment rebooté), Jurassic World – Fallen Kingdom a déjà le bon goût de ne pas jeter à la poubelle les lignes lancées dans l’opus précédent. Et la pêche est plutôt fructueuse. Les nébuleux projets du trouble docteur Henry Wu (B.D. Wong) reviennent à la charge, et la prophétie de feu Vic Hoskins (Vincent d’Onofrio) est devenue réalité. Indominus Rex est mort, mais son héritage perdure et perdurera encore longtemps. Certes, on pourrait arguer qu’en empilant à la fois les dérives de la recherche génétique, la menace des armes biologiques, le manque d’éthique et le mépris humain pour les animaux, on prend le risque de passer à côté de son sujet. Et pourtant, Colin Trevorrow et Derek Connolly nous emportent et savent de toute évidence où ils vont. L’écriture est cohérente et le message a un sens.  On pourra tout juste lui reprocher quelques partis pris un peu radicaux (des méchants sans nuances, peu de surprises), ainsi que quelques incohérences et invraisemblances de ci, de là. On parle là de quelques secondes sur un film de plus de 2h00, loin de tirer l’œuvre vers le bas.

C’est d’autant plus pardonnable que le travail de mise en scène du réalisateur Juan A. Bayona est pour ainsi dire exceptionnel. Ayant débauché une partie de l’équipe ayant participé à ses autres réalisations (entre autres Oscar Faura à la photographie et Bernat Vilaplana au montage), l’espagnol sublime littéralement Fallen Kingdom par son sens de la mise en scène. Le débarquement de Grady, Dearing et leurs accompagnateurs sur l’île, à bord de leur petit coucou, nous donne le même frisson que l’arrivée de l’hélicoptère à Jurassic Park voilà 25 ans. L’Île des Brumes a rarement été aussi sublime. Ne cachant pas son amour pour les nuits d’orage, l’angoisse qu’ils suscitent et surtout leur éclairage particulier, Bayona joue habilement sur les clairs-obscurs, les ombres mouvantes et les reflets, reprenant l’esthétique sombre du film d’horreur classique sans pour autant céder à l’appel de l’horreur pure. On tremble peu, c’est vrai, mais la tension n’en demeure pas moins palpable. Quant aux plans et aux images, ils sont absolument splendides.

Sensé et sensible, Jurassic World – Fallen Kingdom se taille à coups de griffes et de crocs une place de choix au rang des rares blockbusters né avec un cerveau et un cœur. Haletant de bout en bout et distillant ses références avec plus de subtilité que son aîné, il pose habilement les fondations de sa conclusion. Et c’est avec une impatience bien moins ironique que nous attendons la suite.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

Les Gardiens de la Galaxie 2 : une famille dans l’espace

Les Gardiens de la Galaxie Vol.2 (2017)

Un Film de James Gunn

Avec Chris Pratt, Zoe Saldana…

Alors que l’engouement pour les films de super-héros semble être revenu à des dimensions raisonnables, le studio Marvel continue son petit bonhomme de chemin sur grand écran. La sortie de chaque volet de cette grande saga reste un rendez-vous attendu mais sensiblement moins événementiel qu’avant. C’était le risque en annualisant la production. Mais l’industrialisation de la franchise est-elle pour autant synonyme d’une qualité à la baisse ?

On a pu le craindre durant la phase 2 qui montrait des signes d’essoufflements, mais les atouts indéniables de Doctor Strange ont rassuré même les plus réticents. C’est donc avec de bonnes ondes que sort aujourd’hui en salle Les Gardiens de la Galaxie Vol.2. La première aventure de cette équipe improbable aux confins de l’espace avait créé la surprise par son ton pop et décalé. Star-Lord, Gamorra, Drax, Rocket Racoon et Groot sont immédiatement sortis du cercle fermé des fans de comics au grand jour. Si leur succès était dû en grande partie à la surprise de voir un film « transgressif » dans l’univers polissé de Marvel, rien ne garantissait de pouvoir réitérer l’exploit.

C’est un carton plein pour James Gunn qui semble avoir appris de ses quelques erreurs. L’écriture et la réalisation sont maîtrisées pour offrir un voyage digne des meilleurs roller-coasters. En axant l’intrigue sur la découverte du géniteur de Peter Quill, Gunn traite la thématique de la filiation et de l’héritage avec finesse. Le film dépasse alors son statut de blockbuster pour devenir un grand film de divertissement comme savaient nous en servir les années 80. Il se paie même le luxe d’offrir la séquence d’émotion la plus intense de l’univers Marvel comme bouquet final.

Si le casting reste inchangé et toujours de haut niveau, l’arrivée de « petits nouveaux » apporte un vent de fraîcheur nostalgique. Ainsi, le plaisir est total de revoir Kurt Russel et Sylvester Stallone sur nos écrans. Ils visitent avec délice des rôles qu’ils auraient pu tenir dans leur jeunesse.

A l’image du premier opus, le voyage est également musical. Le soin apporté au choix des morceaux nous berce tout au long de l’histoire et souligne, rythme ou allège les scènes d’action vertigineuses.

Les Gardiens de la galaxie Vol.2 se pose donc comme une continuation et une version améliorée de son prédécesseur. James Gunn maîtrise dorénavant pleinement ses personnages et l’univers pop dans lequel ils évoluent. Il nous offre un film mieux rythmé, plus intense et plus épique. L’intrigue ne souffre d’aucun temps morts et la réalisation subjugue souvent par la beauté de ses plans. Une belle réussite.