Le cas Bilal Hassani

C’est donc maintenant officiel, c’est Bilal HASSANI qui représentera la France au concours de « l’Eurovision de la chanson », dont la Grande Finale se tiendra le 18 Mai 2019 à Tel Aviv, en Israël, pays gagnant de l’année dernière.

Mais quel intérêt, nous direz-vous, de faire un article, aujourd’hui, sur cette nouvelle qui tiendrait très bien en un tweet ? Pour la simple et bonne raison que ce jeune homme cristallise beaucoup de choses : Amour, Haine, Passion, et nous voulions comprendre tout ce qui se passe actuellement.

Bilal HASSANI a été découvert en France en 2015 en se présentant à la deuxième saison de l’émission « The Voice Kids » sur TF1. Membre de l’équipe de Patrick FIORI, il sera éliminé lors de l’épreuve des « Battle ». Depuis, il est devenu Youtubeur. Il parle de son quotidien, de perruques, mais chante aussi en mashup et autres reprises. Depuis hier soir, il est le représentant de la France pour l’Eurovision 2019 avec sa chanson ROIco-écrite avec le duo Madame Monsieur, candidat français de l’année dernière.

Comme dit plus haut, Bilal HASSANI déchaîne les passions, mais également un torrent de haine : Insultes, appels à la violence, menaces de mort… Son « défaut » ? Être un jeune homme, homosexuel, portant des perruques et du maquillage (mais détail important : qui N’EST PAS une DragQueen). Et le pire dans tout ça ? Et bien c’est qu’il assume complètement.

« Oui, mais les gens ont voté pour lui parce qu’il est gay. C’est honteux. Injuste. Sa chanson ne vaut rien. Il n’a aucun talent. » 

Alors, de fait : NON, LES GENS N’ONT PAS VOTÉ POUR LUI CAR IL EST GAY.

Alors, oui c’est vrai, sa chanson n’est pas la meilleure du monde. Elle n’est pas exceptionnelle et ne casse pas la baraque. Ça reste de la POP lambda, mais pas mauvaise. Sa force ? L’histoire de cette chanson, les paroles et le vécu de son interprète.

Bilal HASSANI est devenu, malgré lui, la cible de Hatershomophobes qui l’insultent et le menacent de mort à longueur de journée. Mais également le symbole de ceux qui se sentent à part, exclus, différents. Il est devenu l’égérie de ceux qui souffrent tous les jours du jugement et du regard des autres. Son propos dépasse son cas personnel pour atteindre une forme d’universalité. En assumant, en allant sur le devant de la scène, sans être une bête de foire mais simplement qui il est, il donne de l’espoir. Il dit que tout est possible et ça n’a pas de prix. Il porte sa chanson et sa chanson le porte. C’est pour ça qu’il gagne.

« Le jury international est truqué. Ils savent que Bilal peut gagner le concours final alors ils ne lui ont pas donné de points. C’est de la triche ! »

Sans tomber dans le complotisme, oui, on peut s’interroger sur la manière dont certains jurés ont voté, car il n’y avait semble-t-il aucune logique. Ne pas donner de points à Bilal HASSANI, Chimène BADI ou Les Divaz, et en donner à Sylvan AREG… Bref.

Cependant, au vu de la différence de points entre les deux émissions, il ne faut pas écarter le fait que, peut-être, la seconde prestation a plus séduit les fans français, mais moins les pays étrangers. Si sa présence sur scène et sa voix étaient bien mieux posées, la première mise en scène avait plus séduit, et il faudrait plus travailler la prestation finale sur cette base tout en gardant l’émotion de la seconde représentation. Car ne l’oublions pas, nous ne votons pas pour notre propre pays. Bilal, si tu nous lis.

Bilal est une force et il a tout pour aller loin. Mais attention tout de même car plus haute est la montée et plus dure peut être la chute. Alors : Travail. Travail et encore Travail.

Culturotopia soutient bien évidement ce grand artiste en devenir et le suivra jusqu’au 18 à Tel Aviv et même, on l’espère, plus longtemps encore.

Un article de Quentin Gabet

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