Au pays des Lumières, le courant est coupé

L’éveil du printempsRésultat de recherche d'images pour "eveil du printemps epee de bois"

Une pièce de Aiat Fayez

Mise en scène par Alain Batis

Avec Emma Barcaroli, Nassim Haddouche,

Geoffrey Dahm, Pauline Masse, Mathieu Saccucci

Musique de Cyriaque Bellot

Jusqu’au 25 Février 2018

Au Théâtre de L’Épée de bois (75)

Depuis Voltaire et ses personnages de Zadig ou Candide, il est de tradition française de traiter de notre société par le biais de contes philosophiques. Cette forme permet de faire passer des idées politiques et des concepts en les rendant plus ludiques que s’ils prenaient la forme d’essai. Si nous avons l’habitude de voir des dérivés de ce procédé au cinéma par l’intermédiaire de la science-fiction, il est plus rare de le voir au théâtre. Aiat Fayez propose une histoire poétique qui révèle avec justesse la situation des immigrés dans la France d’aujourd’hui.

Dans l’orbite de la Terre existe la planète Platonion. Elle a adopté un bon nombre de codes de la civilisation terrienne depuis que des échanges existent, une forme de colonisation passive. « A » est un étudiant de l’Université Française qui rêve de quitter sa planète pour aller vivre en France. Lui qui s’imaginait un pays accueillant et ouvert, il va en découvrir un tout autre visage.

L’intolérance et la xénophobie latente sont au cœur de cette pièce. Les terriens ne disent jamais clairement à « A » qu’il n’a pas sa place parmi eux mais lui font ressentir à chaque instant. Il est mis à l’écart voire n’est jamais vraiment considéré. On ne le voit pas malgré sa peau bleue. Si le texte ne fait qu’enchaîner des poncifs et des situation téléphonées, il a le vrai mérite de développer un univers à la poésie envoûtante. « A » est un personnage qui provoque une empathie immédiate chez le spectateur. L’auteur parvient même à créer une identification qui nous amène à partager ses rêves et ses expériences malheureuses. On en vient à comprendre ce que ressent un étranger face au mépris, même quand on est pas vraiment concerné par la situation.

La mise en scène d’Alain Batis est à la fois très inventive et suffisamment épurée pour laisser place à l’imaginaire. Il rend palpable Platonion et son univers futuriste. Pour cela, il s’appuie sur des projections vidéos et une bonne musique de Cyriaque Bellot. On pense au futur comme on le concevait dans les années 70. C’est dépaysant et étrangement toujours évocateur. Le tout apporte un humour et une légèreté qui compense le propos.

L’Eveil du printemps est une jolie fable futuriste au propos pas révolutionnaire mais qu’il est toujours bon de rappeler dans notre époque qui se ferme de plus en plus à l’autre. Le spectacle est bien interprété et mis-en-scène et vous offrira une heure et demi intéressante et divertissante.

Un marchand écrémé

Le Marchand de VeniseRésultat de recherche d'images pour "marchand de venise ned grujic"

De William Shakespeare

Mis en scène par Ned Grujic

Avec Thomas Marceul, Julia Picquet,

Rémy Rutovic et Antoine Théry

Du 24 Janvier au 1er Avril 2018

Au Lucernaire (75)

Le Marchand de Venise semble être pour moi la pièce des premières rencontres avec le barde britannique. C’est la première pièce de lui que j’ai vu sur scène alors que j’entrais en seconde option théâtre. C’est aussi la première fois que je me suis questionné sur ce que pouvait être le sous-texte d’une pièce et comment continuer à la représenter alors qu’elle représente une pensée jugée archaïque, mais correspondant à son époque. C’est aujourd’hui sa première œuvre à figurer sur Culturotopia. C’est peu de dire que les attentes étaient fortes, et elles n’ont pas été entièrement comblées.

Dans la belle Venise, Bassanio (Antoine Théry) coule des jours heureux. Il est amoureux de la belle Portia (Julia Picquet) mais n’a pas les trois milles ducats nécessaires pour lui faire la cour. Il va alors demander l’aide de son meilleur ami, Antonio ( Thomas Marceul) qui va s’endetter pour lui auprès de l’usurier juif Shylock (Rémy Rutovic). Si Antonio ne le rembourse pas dans les trois mois, il devra lui céder une livre de chair prélevée à l’endroit que Shylock jugera opportun. C’est alors que, par un coup du sort, Antonio se trouve ruiné du jour au lendemain.

Nous avons ici un cas intéressant. Bien que classée dès sa première parution comme une « comédie », Le Marchand de Venise est un cas compliqué dans l’œuvre de Shakespeare. L’histoire d’amour de Bassanio et Portia relève purement de la comédie, le reste est terrible et pourrait être une tragédie. Difficile, en effet, de trouver que la menace qui pèse sur Antonio soit particulièrement légère, ou que le personnage de Shylock puisse être comparable au Harpagon de Molière. Les metteurs en scène ont donc la possibilité de varier les tons, mais doivent le faire avec beaucoup d’attention pour ne pas risquer que le public trouve drôle une situation dramatique et vice-versa.

L’autre souci de la pièce réside dans son fond polémique qui fait encore débat. Au premier abord, la pièce est un reflet de son temps. L’époque est à l’antisémitisme exacerbé et Shakespeare ne fait pas exception. Shylock est vénal et machiavélique, les habitants de Venise le traitent comme un chien qui ne vaut pas mieux que les quolibets et autres crachats. Pourtant, l’auteur intègre une tirade connue comme « le monologue du juif ». Il y rappelle que les pratiquants de cette religion sont des hommes comme les autres : ils pleurent et saignent comme tout le monde.

Pour sa version à 4 acteurs, Ned Grujic a opté pour une réduction drastique du texte amenant le spectacle à 1h15. Ce n’est pas dans la chair qu’il tranche, mais dans le texte. Pour cela, il a supprimé une intrigue secondaire et plusieurs scènes. Cela a l’avantage de pouvoir attirer ceux que deux heures de représentation peuvent effrayer, mais cela donne également l’impression d’une intrigue malade qui fonce à la vitesse d’un TGV tout en claudiquant quelque peu. Il va à l’essentiel mais c’est déroutant. L’effet inattendu est que la comédie déborde parfois sur les scènes dramatiques provoquant des éclats de rire à des moments incongrus.

Cependant, Ned Grujic offre une scénographie épurée du plus bel effet. Tout tourne autour de la figure de l’eau, centrale dans le texte : l’eau de Venise, l’eau qui provoque la ruine d’Antonio, etc.  Les différents espaces sont figurés grâce à des praticables amovibles. Sa distribution est aussi de haute volée, interprétant leurs rôles avec justesse.

Le Marchand de Venise au Lucernaire offre une porte d’entrée intéressante aux shakespeariens en devenir. Cependant, il décevra légèrement les habitués du texte par des coupes trop franches qui enlèvent une certaine saveur au texte original sans en ajouter. Ils devront se tourner vers la mis en scène astucieuse de Ned Grujic et l’énergie de ses comédiens pour pouvoir se satisfaire de ce spectacle auquel il manque, hélas, un peu de chair.

De la critique de la critique

BettieBook (2018)Résultat de recherche d'images pour "bettiebook"

Un roman de Frédéric Ciriez

Paru le 04 Janvier 2018

Aux éditions Verticales

De tout temps, la critique a été opposée aux créateurs comme une force antagoniste destinée à détruire leur travail. Le rôle de la critique est avant tout d’analyser, décortiquer et d’offrir au public des pistes de lecture pour les œuvres culturelles. La frontière entre critique et billet d’opinion est trop souvent franchie sans même s’en rendre compte. Elle a définitivement basculé avec l’émergence d’internet. Les journalistes n’étaient plus les seuls à pouvoir faire entendre leur voix. On a franchi un nouveau palier ces derniers années avec la prolifération des Youtubeurs, qui ont permis d’atteindre un public réticent à la lecture d’article. Si on met davantage en avant ceux dont le sujet est le cinéma (comme Durandal ou InThePanda), le phénomène des booktubeurs et booktubeuses est loin d’être négligeable. À telle enseigne qu’il peut sembler être une menace pour les journalistes traditionnels. Ce thème constitue le cœur du 4ème roman de Frédéric Ciriez publié aux éditions Verticales.

Stéphane Sorge est un critique renommé. Dans les grands journaux comme à la télévision, il assène ses avis avec un ton direct et une plume acérée qui lui ont valu le surnom de « SS ». Son journal le missionne alors pour écrire un article sur le phénomène croissant des booktubeuses, nouvelles influenceuses littéraires. C’est avec un certain mépris qu’il va rencontrer BettieBook. Entre eux va naître une relation passionnelle faite d’attirance et de répulsion qui les menera jusqu’à la destruction.

Frédéric Ciriez nous offre un roman à la construction habile et qui évite la monotonie. Il varie les outils de narration : on passe d’un narrateur omniscient à un histoire à la première personne en passant par des articles de journaux, ou encore des commentaires Youtube. Il constitue ainsi des effets de montages dignes d’un scénario de film. L’écriture est simple mais jamais simpliste et reste infiniment littéraire.

On pourrait en revanche reprocher à l’auteur le traitement de son thème. Il n’est pas clair dans son propos et semble vouloir montrer que les deux mondes qui s’affrontent, « l’ancien » et le « nouveau », ne valent pas mieux l’un que l’autre. Stéphane Sorge critique des livres sans parfois même les lire, BettieBook ne s’intéresse qu’à de la « sous-littérature » qu’elle critique comme on le ferait au café du coin. Les deux personnages sont aussi antipathiques l’un que l’autre et il est dès lors assez compliqué de s’attacher au drame qui se noue. Il ne développe jamais son thème de départ et se contente d’une exploration limitée de la critique.

Bettiebook est un roman intéressant à bien des égards et à l’écriture agréable et stylisée. Cependant, il ne va pas assez loin dans son propos et reste somme toute assez manichéen.

« Les chevaliers ne meurent jamais »

Dans la peau de Don QuichotteRésultat de recherche d'images pour "dans la peau de don quichotte la cordonnerie"

Un spectacle de La Cordonnerie

Dans le cadre de « L’âge des possibles »

Jusqu’au 10 Février

Au Nouveau Théâtre de Montreuil (93)

Après Buzz par le collectif RamDam, le Nouveau Théâtre de Montreuil nous offre une nouvelle expérience théâtrale comme nous n’en avions jamais vécue durant notre longue vie de spectateur. Dans la peau de Don Quichotte est une décharge émotionnelle qui foudroie son public, un ciné-théâtre qui cumulera les qualités des deux arts.

Après la création de leur dernier spectacle, La Cordonnerie est à la recherche d’un nouveau sujet à aborder. Ils ont fait Blanche-Neige, c’est le hasard qui leur apportera Don Quichotte. Dans un vide grenier, ils tombent sur le scénario d’un film jamais tourné adapté de l’œuvre de Cervantès. Il narre les aventures de Michel Alonzo, bibliothécaire, qui va devenir fou suite à la menace du bug de l’an 2000 jusqu’à se prendre pour « le chevalier à la triste figure ». La Cordonnerie se charge de nous présenter le film en exécutant la bande son en direct : bruitages, dialogues, musique.

L’histoire autour du spectacle est belle, le concept de ciné-théâtre est peu courant. Mais rien ne peut vous préparer à ce que La Cordonnerie offre comme horizon artistique. Le spectacle démarre avec un simple écran pour diffuser le film, et des micros pour faire les bruitages avec des objets improbables. Tout est petit, étriqué et représente à merveille le monde limité de Michel Alonzo.

Puis, arrive la folie. La scène s’agrandit, l’écran passe au cinémascope. Ce qui se passe sur l’écran évoque les westerns et les grandes épopées chevaleresques du cinéma. Sur scène, les outils et les instruments se sont multipliés. Le spectacle prend une autre ampleur. La Cordonnerie ne cesse de surprendre son public et maintient son attention durant 1h30, d’idées visuelles en idées visuelles, d’images poétiques en images poétiques. Le spectacle est à peine descriptible tant il fait appel à des effets sensoriels. Le son est au cœur du processus, jouant avec les enceintes disposées tout autour de la salle.

Il faut bien le dire, tout les éléments du spectacle sont d’une qualité rare. Le film est un petit bijou de profondeur psychologique et d’émotion comme on aimerait en voir davantage au cinéma. Avec peu de dialogues mais un scénario minutieusement construit, il créé une empathie immédiate pour le personnage de Michel Alonzo. La variation sur le thème de Don Quichotte est maline. De plus, la musique de Thimothée Jolly et Mathieu Ogier sert à merveille l’histoire et, parfois même, la transcende. Il faut parfois se forcer à sortir du film pour se rappeler qu’il se passe des choses tout aussi intéressantes sur scène.

Dans la peau de Don Quichotte est un spectacle à voir de toute urgence tant il rappelle les chocs esthétiques que peuvent provoquer le théâtre et le cinéma. En les confrontant l’un à l’autre, La Cordonnerie prouve que, loin de s’annuler, ils peuvent se compléter à merveille pour offrir quelque chose d’encore plus fort. Un vrai coup de cœur !

Un article de Florian Vallaud

Jack, l’éventreur de Whitechapel

Jack L’éventreur de Whitechapel (2018)Résultat de recherche d'images pour "jack l'éventreur trévise"

livret : Guillaume Bouchède et Jean Franco

Musique : Michel Frantz

Mise en scène : Samuel Sené

Les Lundis à 19h30 et les mardi à 21h30

Au Théâtre Trévise (75)

Londres 1888. Alors que l’Angleterre est en plein essor industriel, le quartier de Whitechapel abrite les couches les plus pauvres de la ville. Misère, vols, prostitutions, mortalité infantile, pollution, violences… Le district regroupe ce qu’il y a de pire. C’est alors qu’entre septembre et novembre, une série de meurtres va frapper une population déjà mise à mal.

Films, livres, courts-métrages… Tout le monde connaît le mythe de « Jack l’éventreur » et beaucoup ont voulu réaliser des œuvres à ce sujet. Mais il est vrai que nous n’avions pas encore eu droit à la Comédie Musicale. C’est maintenant chose faite.

La première chose que nous allons retenir de ce spectacle est la mise en scène. Samuel Sené et Elisa Ollier arrivent à nous plonger dans l’histoire, à y mettre une ambiance angoissante mais pas pesante. Et c’est important de le préciser.

Le livret de Guillaume Bouchède et de Jean Franco veut, quant à lui, se rapprocher le plus de ce que l’on sait de ces meurtres, à commencer par les 5 victimes canoniques reliées à ce jour au tueur en série : Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Alors évidement, la première chose que l’on se dit avant d’y aller c’est « Comment vont-ils réussir à représenter les meurtres sur scène ? ». Et c’est là qu’intervient l’intelligence de la mise en scène.

Métaphores, images, textes, lumières et chant, tout est fait pour mettre les spectateurs dans l’angoisse de ce qui se passe. Et c’est réussi.

Le livret retrace également le climat du Londres de l’époque.

Une Angleterre industrielle et prospère mais injuste, où les riches sont très riches et les pauvres très pauvres.

Une Angleterre qui se sent délaissée par sa Reine en plein deuil et ainsi doute de la Couronne.

Une Angleterre qui voit arriver un flux migratoire important. Une arrivée d’étrangers qui va donner lieu à des méfiances, des défiances et un bon nombres d’accusations plus ou moins fondées quant à l’identité de Jack.

Quant à la mise en scène,elle réserve d’autres surprises mais il faudra y aller pour les découvrir.

Notons ensuite le talent et l’implication des comédiens. Chacun tient son rôle à la perfection et arrive à jouer avec les émotions qui donnent corps à cette œuvre et à ses personnages. Nous saluons tout particulièrement le duo d’inspecteurs interprété par Jean-Baptiste Darosev et Julie Costanza. Ce tandem fonctionne car ils arrivent à donner une légèreté nécessaire à la pièce sans pour autant éclipser l’atmosphère angoissante du sujet.

Mention spéciale également pour les chorégraphies des numéros d’ensemble ainsi que les magnifiques costumes réalisés à base de coupures de presse afin de montrer toute la couverture médiatique que ces crimes ont eu à l’époque.

Nous avons cependant une réserve en ce qui concerne la partition musicale. Notamment la partition Chant.

Quand nous écoutons cette comédie musicale, impossible de ne pas sentir l’influence américaine de Stephen Sondheim. Cependant, à vouloir trop utiliser certaines dissonances musicales dans une œuvre, on prend le risque de transformer la mélodie en fausseté. La frontière est subtile et est, malheureusement, souvent franchie ici.

Malgré ceci, « Jack : L’éventreur de Whitechapel » est un spectacle à ne surtout pas rater car il fait partie de ces spectacles qui vous reste en mémoire, qui vous marque par sa mise en scène et les effets qu’elle vous procure. Cette œuvre arrive à redonner vie à l’un des mythes les plus angoissants du XIXème sicècle.

Pari Réussi.

La vraie question maintenant est « Oserez-vous l’aventure ? » .

Un article de Quentin Gabet

Une suite incandescente

Couleurs de l’incendie (2018)Résultat de recherche d'images pour "couleurs de l'incendie"

Un roman de Pierre Lemaître

Publié le 4 Janvier 2018

Chez Albin Michel

Déjà un beau succès littéraire couronné par le prix Goncourt, Au Revoir là-haut de Pierre Lemaître trouve une seconde vie après son adaptation cinématographique par Albert Dupontel. Elle remémore un grand roman à ceux qui l’ont lu et fait découvrir son univers aux autres. C’était le timing idéal pour sortir un nouveau tome de ce qui s’annonce comme une trilogie. En littérature comme au cinéma, c’est compliqué d’écrire la suite d’un gros succès et Pierre Lemaître ne démérite pas.

L’histoire démarre immédiatement à la fin du tome précédent avec l’enterrement de Marcel Péricourt, le père banquier du protagoniste estropié au centre de Au Revoir là-haut. Le Tout-Paris est là pour assister aux obsèques menées de main de maître par sa fille, Madeleine. C’est le moment que choisit son jeune fils pour se jeter d’une fenêtre du deuxième étage et finir handicapé. Madeleine va devoir découvrir la vérité, et affronter des « adversaires » tapis dans l’ombre qui cherchent sa perte.

Ce qui faisait le sel du roman précédent se retrouve complètement dans ce nouveau tome. Pierre Lemaître nous narre une « entre-deux guerre » où des êtres minables, motivés par leurs petits intérêts, n’hésitent pas à écraser les autres pour se hisser dans la société. Les coups bas et autres retournements de situation rythment un récit machiavéliquement bien huilé. Les années passant, une menace pointe le bout de son nez du côté de l’Allemagne et apporte un éclairage plus pesant au fil des pages.

Mais la langue de Pierre Lemaître est volontiers joueuse. L’auteur aime les ironies dramatiques et est capable des répliques les plus cinglantes dans les moments tragiques. En ceci, les premières pages du livre narrant l’enterrement de Marcel Péricourt sont un petit bijou d’humour noir. Il pointe du doigt cette époque où les apparences et l’hypocrisie priment sur l’honnêteté et la vérité.

Couleurs de l’incendie est un livre passionnant dont il est bien difficile de se détacher. Avec son talent pour décrire une époque et ceux qui y vivent, Pierre Lemaître signe un deuxième volet brillant d’une saga familial qui pourrait bien être aussi marquante que les Malaussène de Daniel Pennac. On attend avec impatience le prochain opus pour découvrir comment les Péricourt vont bien pouvoir vivre l’aube de la seconde guerre mondiale.

Un article de Florian Vallaud

OSCARS 2018 : NOMINATIONS

Les nominations aux oscars viennent de tomber et vous pouvez retrouver la liste des principales catégories juste ici. On la commentera ensemble quand la plupart des films seront sortis en France, mais n’hésitez pas à nous donner vos favoris. La cérémonie aura lieu le 4 Mars 2018 et on a le temps d’en reparler.  
 
MEILLEUR FILM
Call Me By Your Name ( sortie le 28 Février 2018 en France)
Les Heures Sombres
Dunkerque
Get Out
Lady Bird (sortie le 28 Février 2018 en France)
Phantom Thread (sortie le 14 Février 2018 en France)
Pentagone Papers
La forme de l’eau ( sortie le 21 Février 2018 en France)
Three Billboards
 
MEILLEUR REALISATEUR
Christopher Nolan, Dunkerque
Jordan Peele, Get Out
Greta Gerwig, Lady Bird
Paul Thomas Anderson, Phantom Thread
Guillermo del Toro, La Forme de L’eau
 
MEILLEURE ACTRICE
Sally Hawkins, La Forme de L’eau
Frances McDormand, Three Billboards
Margot Robbie, I, Tonya
Saoirse Ronan, Lady Bird
Meryl Streep, Pentagone Papers
 
MEILLEUR ACTEUR
Timothee Chalamet, Call Me By Your Name
Daniel Day-Lewis, Phantom Thread
Daniel Kaluuya, Get Out
Gary Oldman, Darkest Hour
Denzel Washington, Roman J. Israel, Esq
 
MEILLEUR FILM D’ANIMATION
Baby Boss
Parvana (sortie le 28 Juin 2018)
Coco
Ferdinand
La Passion Van Gogh
MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL
The Big Sick
Get Out
Lady Bird
La Forme de L’eau
Three Billboards
MEILLEUR SCENARIO ADAPTE
Call me by your name
The Disaster Artist
Logan
Le Grand Jeu
Mudbound