Le jeu vidéo meilleur que le cinéma ?

Marvel Spider-Man (2018)Résultat de recherche d'images pour "spider man ps4"

Un jeu de Insomiac Games

Sorti le 7 Septembre 2018

Disponible sur Playstation 4

Dire que ce nouveau jeu autour de l’univers Marvel était attendu est un euphémisme. Jusqu’à maintenant, aucun ne nous avait fait vibrer ces vingt dernières années et on avait l’impression d’être revenu à la douce époque où les licences étaient massacrées par Infogrames. Seul Rocksteady Studios était parvenu à nous faire croire à de bons jeux super-héroïques avec sa trilogie Batman Arkham. Mais les bandes annonces et quelques vidéos de gameplay ont instillé le doute dans l’esprit du joueur qui s’est mis à attendre fébrilement ce nouvel opus de Spiderman. Il y en avait eu quelques-uns de valables sur Megadrive et Playstation : mais rien de marquant. Les deux derniers en date, Amazing Spider-Man, étaient sympathiques, sans plus. Il y avait donc quelque chose à faire !

Insomniac Games est un développeur bien connu des joueurs des années 2000. Ils sont à l’origine de Spyro le dragon et la saga Ratchet et Clank. Mais depuis, ils n’avaient pas marqué les esprits. Et pourtant, ils nous offrent une des meilleures adaptations de l’homme-araignée.

Alors que Peter Parker vient de mettre le Caïd sous les verrous, de nouveaux hommes au masque de démons tentent de prendre le pouvoir à New-York. Il est temps d’identifier cette menace et d’y mettre un terme.

Si le scénario ne brille pas par son originalité (et le mystère sera bien vite résolu par les amateurs des comics), il est bien mené et son écriture est dense. Un soin tout particulier semble avoir été apporté au respect de ce qui fait le sel des aventures du héros : l’action, l’humour et les galères quotidiennes de Peter Parker. Ces éléments sont mêlés à chaque instant pour nourrir à la fois les cinématiques mais aussi les phases de jeux. Ainsi, il n’est pas rare qu’en plein combat surchargé en intensité, on reçoive un coup de téléphone du logeur qui réclame son loyer. Les dialogues sont drôles, vifs et servis par le talent de Donald Reignoux pour la version française. Il s’amuse et nous aussi. On s’étonne d’ailleurs à trouver cette histoire plus divertissante que le tiède opus cinématographique de l’an dernier.

Pour ce qui est du gameplay, Insomniac fait un travail honorable quoique très inspiré de celui de Rocksteady sur Batman. Les séquences de combats sont rythmées de la même façon, entre furtivité et coups de poings dans les gencives. Vous cumulez ainsi des points d’expériences qui vous permettront d’acheter des capacités. Hormis l’histoire principale, New-York regorge de missions secondaires qui vous permettent de faire évoluer votre équipement ou d’acheter des tenues différentes. Leurs capacités diffèrent ( résistance aux balles, infiltration, etc) et chacune s’avère utile à différentes étapes. L’évolution entre les bâtiments au moyen de la toile est fluide et étrangement libératrice. On prend plaisir à se balancer pendant des heures. Rien de nouveau sous le soleil, et pourtant cela fait du bien.

Pour ce qui est de la durée de vie, 3 DLC sont déjà prévus d’ici la fin de l’année. Il s’agira en réalité d’une nouvelle campagne baptisée « City that never sleeps » découpée en trois épisodes qui sortiront chaque mois à partir de fin Octobre.

Spider-Man est une belle surprise et la réussite qu’on n’attendait plus. S’il ne révolutionne rien du point de vue scénaristique ou mécanique de jeux, c’est enthousiasmant d’avoir enfin un jeu qui rend honneur à son matériau de départ. Ce qui pourrait être répétitif, comme la collection de sac à dos dans la ville, s’avère noyé dans suffisamment de plaisir pour occuper pendant des heures. Insomniac Games nous offre le premier succès de la salve de jeux de la rentrée. Indispensable.

Un article de Florian Vallaud 

 

Fallout 76 : parlons peu mais parlons bien

Décidément, la journée du 30 mai 2018 aura été riche en informations vidéoludiques. Après Nintendo qui annonçait l’agrandissement de la famille (déjà conséquente) des Pokemon, et que nous attendons avec une impatience coupable tant elle est enthousiasmante, c’est le studio Bethesda Softworks qui s’est amusé à nous teaser toute la journée. L’objet de notre attention : Une video en direct montrant une bobblehead Vault Boy et l’écran de stand-by des vidéos Vault Tec, fabricant sans éthique d’abris anti-atomique, emblématique de la saga Fallout.

Les plus patients (ou les plus chanceux) se sont vus récompensés plus tôt dans la soirée quand Todd Howard (Réalisateur et producteur au sein du studio) est venu en personne présenter une vidéo d’un peu plus d’1’30 teasant l’existence d’un certain Fallout 76 sorti, il faut bien l’admettre, totalement de nulle part, alors que les pronostics se dirigeaient plutôt vers une révélation de l’arlésienne Fallout New Orleans. Ce titre fleurant bon le bayou toxique et l’alligator grillé au barbecue atomique est censé venir remplacer le vieillissant Fallout New Vegas,dans le cœur du noyau le plus dur des fans de Fallout (qui trouvent les épisodes estampillés 3 et 4 trop lisses par rapport aux premiers épisodes produit par Interplay, le studio fondateur), et accessoirement servir d’épisode de transition entre l’épisode 4 et un potentiel 5. Cependant, au cours de la journée, Obsidian (studio délégué à la réalisation du vénérable Fallout New Vegas) s’était fendu d’un tweet lapidaire qui tua dans l’œuf la potentielle annonce d’un New Orleans.

Au terme de cette attente (qui peut se vanter d’avoir attiré plus de 2 millions de curieux tout au long de la journée), une vidéo cryptique d’un intérieur d’abri, parsemé de détails comme autant d’indices sur le contenu de ce nouveau projet. Les relever et tenter d’en analyser les possibles tenants et aboutissants serait tout aussi inutile que stupide. D’une part parce qu’il y a sans doute autant d’interprétations que de détails, et d’autre part parce que Bethesda fait montre encore une fois de son indéniable maîtrise de sa communication, quand d’autres studios sont des habitués des leaks en tout genre (au point de s’en amuser dans certains de leurs titres). Ainsi, comme la feinte (pour le moment) Fallout New Orleansa su détourner l’attention de ce nouveau projet, il n’est pas déraisonnable de penser que tout ce qu’on pense voir dans ce teaser soit pris à contre-pied au cours de la conférence E3 du studio. Seule véritable certitude : le chiffre 76 semble revêtir une importance toute particulière dans ce nouveau projet. Autant dire, bien peu de choses.

Mais alors, vous demanderez-vous avec sagacité, quel intérêt d’en écrire des tartines sur un événement dont on reconnaît pour ainsi dire la non-substance ? Sans doute parce que cette communication savamment orchestrée est loin d’être la norme. Alors qu’un studio comme Bethesda s’amuse à gentiment teaser ses fans, les faisant attendre quelques heures pour une annonce, à quelques jours d’une conférence qui, connaissant le studio, à de grandes chances de révéler la sortie du titre d’ici la fin de l’année, nombre de ses concurrents abreuvent de non-informations un web saturé de journalistes avides d’annonces et dont la volonté est moins d’informer que de relayer. Qu’importe son degré de vacuité (souvent abyssal) tant qu’on est le premier à relayer l’info, ou pire, l’absence d’info. Alors que l’industrie du jeu-vidéo parvient (peu à peu et à grand peine) à gagner ses lettres de noblesse en tant que média, il serait peut-être temps aussi que ceux qui en parlent cessent de s’extasier au moindre artwork lâché par un studio, si tant est qu’ils en aient seulement un à présenter. Tactique pratique s’il en est quand il s’agit d’alimenter la machine et de faire parler d’un projet dont on n’a finalement rien à montrer que de garder les lèvres closes et laisser les autres interpréter à l’envi vos haussements de sourcils.

Dans le cas qui nous intéresse, Fallout 76, le projet a de grandes chances d’être très avancé, et nous ne doutons pas que Bethesda nous en apprendra beaucoup au cours de sa conférence E3. En attendant, alors que les journalistes s’écharpent quant à savoir s’il s’agit d’un stand-alone de Fallout 4, d’un Fallout New Vegas en puissance ou même un titre mobile dans la veine de Fallout Shelter, les revendeurs semblent avoir déjà fait leur pronostics en ayant proposé des précommandes PC, PS4 et Xbox One pour Fallout 76 dans l’heure qui suivait l’annonce. Triste époque que celle où les hypothèses des vendeurs semblent plus fiables que celles des spécialistes.

Un Article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

Révolution Pokemon : « Let’s Go Pickachu / Let’s Go Evoli »

C’est LA grande nouvelle de la journée ! Nintendo l’a annoncé, un nouveau jeu Pokemon arrive en exclusivité sur la Switch dès cet automne. Et dire que cette information provoque l’impatience est un doux euphémisme.

Le jeu se déroule à Kanto, région de la Première génération si chère au cœur des fans. Deux versions du jeu « Let’s Go… » seront disponible à la vente : « Pickachu » et « Evoli ». Ces versions correspondent au choix du Pokemon starter avec lequel vous souhaiterez débuter l’aventure. À l’instar de « Pokemon Jaune », il a été dévoilé que le joueur se déplacera avec son Pokemon hors de sa PokeBall.

À première vue, les systèmes de combats, l’histoire, les lieux se rapprochent des anciens jeux. La communication se focalise surtout sur les différentes révolutions que Nintendo et GameFreak ont annoncées.

Tout d’abord, la capture des créatures. Suite au succès colossal et mondial du jeu « Pokemon Go » sur mobile, il sera possible, grâce au mouvement de la Joycon et le système de Motion Gaming, de réaliser des captures plus vraies que nature. Afin de pousser l’expérience à son maximum, un nouvel accessoire sera mis en vente (pourquoi se priver hein ?). Il s’agit de la « PokeBall Plus ». Cette véritable ball fera office de Joycon et vous aidera à tous les attraper. De plus, il vous sera possible de transférer un Pokemon de votre jeu dans cette Ball afin de l’emmener partout avec vous.

Dans la vidéo officielle de présentation, il est stipulé qu’il sera maintenant possible de jouer à deux dans l’aventure. Dans quelles mesures et dans quelles circonstances, nous l’ignorons encore.

Enfin, et cela ravira les infatigables utilisateurs de « Pokemon Go », il sera dorénavant possible de transférer vos petites bébêtes capturées dans l’application mobile dans votre jeu sur console.

Indiscutablement, cette nouvelle version sera un immense succès et engendreraune nouvelle révolution au sein de cette licence historique. Les différentes réactions sur les nombreux sites le prouvent, Nintendo et Pokemon continuent d’attiser les passions et les attentes de nombreux joueursà travers le monde.

Bien sûr, nous attendons des réponses sur cesquestions que l’on se pose. Comme par exemple :

–      Est-ce que TOUTE la phase de capture sera calquée sur celle de « Pokemon Go » ou il sera possible de faire des combats permettant de fatiguer le Pokemon et, ensuite, seulement le capturer.

–      Il sera possible de transférer des Pokemon de l’application mobile au jeu console. Mais…  y aura-t-il un nombre limité de transfertsautorisé ?La suite deviendra-t-elle payante ? Et si notre Pokémon sur mobile est très évolué comparé à notre niveau de jeu, n’est-ce pas finalement réduire un peu l’intérêt de notre quête ?

Ce Jeu, qui sortira le 16 Novembre 2018, fera office d’amuse-bouche avant un autre jeu plus « ambitieux » annoncé pour la fin de l’année 2019. Et malgré nos questions ci-dessus, somme toute légères, nousallons bien évidement participer à cette nouvelle aventure comme nous le faisons avec plaisir depuis maintenant un peu plus de 20ans.

Une seule et unique interrogation nous préoccupe désormais… Quelle version prendre ?

Un article de Quentin Gabet

De l’ombre à la lumière

La Terre du Milieu – L’Ombre de la Guerre.

Action, RPG

Développé par Monolith Productions.

Édité par Warner Interactive

Sortie le 28 Septembre 2017

sur PC, XBox One, PS4

Temps de jeu effectif : Environ 30h

Quelques mois après avoir triomphé de la Main de Sauron et vengé sa famille et ses compagnons rôdeurs de la Porte Noire, Talion semblait enfin pouvoir trouver le repos. En vain. Celebrimbor et lui semblent irrémédiablement liés. À eux deux, ils forgent un nouvel anneau de pouvoir pour contrer celui qui finit par échoir à Sauron jadis. Talion et le spectre de Celebrimbor repartent en croisade, avec la ferme intention de porter la guerre au Mordor, avec en ligne de mire le Seigneur des Ténèbres en personne.

Trois ans quasiment jour pour jour après l’essai L’Ombre du Mordor qui inaugurait le système Némésis et apportait un semblant de vie à un jeu d’action sans trop de reliefs, les développeurs de Monolith reviennent avec la ferme intention de transformer cet essai balbutiant en réussite. Un pari partiellement tenu.

La licence Le Seigneur des Anneaux avait habitué les joueurs à certains canons. Le plus souvent, on avait affaire à des beat-them-all en couloir plus ou moins heureux, avec le choix de personnages adaptés à son type de jeu. Néanmoins, des studios tels qu’Electronic Arts avaient su transposer cet univers tentaculaire sur d’autres terrains, notamment la stratégie en temps réel, avec les belles réussites de La bataille pour la Terre du milieu et sa suite. Avec L’Ombre du Mordor, Monolith avait accouché d’un jeu sympathique, quoique répétitif, mais particulier à pas mal de points de vue.

Pour commencer, il ne s’inscrivait pas dans la continuité des films, ni même dans celle de la littérature. L’emprunt à Tolkien se limitait à son univers, ce qui avait fait grincer les dents des puristes, et cette suite ne déroge pas à la règle. Elle fera peut-être même crier encore plus fort. Il est cependant évident que les développeurs ont une tendresse particulière pour ce lore, et ils le montrent bien. Si des libertés ont été prises, elles n’en restent pas moins respectueuses et l’ensemble est cohérent. Ensuite, Monolith lançait une nouvelle base de jeu, plus « vivante ». Le système Némésis promettait une génération quasi-illimitée d’ennemis uniques, avec leurs propres forces et faiblesses, censés obliger le joueur à adapter son style. Dans les faits, avec seulement 3 grandes catégories (furtivité, attaque à distance et mêlée), l’aspect stratégique avancé par les développeurs se révélait plutôt limité, d’autant que dominer et enrôler les orcs n’apportait finalement que peu d’intérêt. Cet aspect s’est bien étoffé avec cette suite, d’abord parce que la vengeance de Talion a laissé place à une véritable guerre, et que l’intérêt de larver l’armée de Sauron prend maintenant tout son sens.

Et le nerf de la guerre en l’occurrence, ce sont les citadelles, des places fortes en apparence imprenables, mais qu’il va bien falloir prendre. Le système est simple et n’a quasiment pas changé. Des capitaines en nombre sur la carte, au service de chefs de guerre, gardiens de la citadelle, et au sommet un chef suprême qu’il va falloir dégager. Mais pour l’atteindre, il faut une armée, et c’est au joueur de sélectionner ses capitaines parmi tous ceux offert par Némésis. À ce petit jeu, plusieurs écoles vont s’affronter, parmi lesquels les téméraires, les patients et les stratèges, et selon le type de joueur, la partie pourra aller vite ou au contraire s’éterniser. Les téméraires rempliront les conditions minimales et se lanceront à l’assaut, les patients prendront le temps d’assembler des ressources pour s’assurer une victoire facile, et les stratèges introduiront leurs espions dans les plus hautes sphères pour faciliter leur approche. D’autres encore associeront chacun de ces styles, en sachant que rien n’est jamais figé dans L’Ombre de la Guerre. Retourner un capitaine n’offre aucune garantie qu’il reste à votre service indéfiniment. Les trahisons sont monnaie courante et les embuscades aussi. Même le plan le mieux travaillé peut s’écrouler en pleine attaque par un capitaine qui retourne sa veste ou un ennemi juré qui réapparaît au pire instant. Enfin le système Némésis devient un vrai élément perturbateur capable de pimenter le jeu et nous obliger à garder en éveil notre capacité d’adaptation. Présentées en grande pompe au cours du développement, les batailles des citadelles sont réellement grandioses et impressionnantes. L’amélioration est nette et convaincante.

Au rang des stagnations, on pourra noter que le système de combat n’a guère évolué, mais il n’y a pas à s’en plaindre tant il était déjà très agréable et facile à prendre en main. Néanmoins, tout n’est pas rose non plus. S’ils restent faciles à appréhender, ils peuvent vite virer à la foire d’empoigne quand trois ou quatre capitaines font leur entrée, ou que les caragors s’en mêlent. Il devient alors presque impossible de tenir ses lignes faute de lisibilité de l’action. Mais cela fait aussi parti de la stratégie. Battre en retraite pour séparer la troupe et retenter une attaque. Graphiquement, la série n’a jamais brillé par son habillage, plutôt austère et générique, et Monolith n’a pas retravaillé sa copie pour cette suite, préférant se concentrer sur la taille de sa carte. Un moindre mal, car le travail accompli est palpable. L’ensemble du terrain de jeu est plus grand, c’est vrai, mais subdivisé comme il l’est (en 5 zones), les cartes paraissent tout de même plus petites que les aires du premier jeu. Elles jouent cependant intelligemment sur la verticalité, d’autant qu’il est maintenant possible de jouer furtif lorsqu’on chevauche un caragor. L’un de ces multiples petits détails corrigés par Monolith et qui font de L’Ombre de la Guerre une suite comme on les aime.

Sans révolutionner ses mécaniques, L’Ombre de la Guerre offre suffisamment de nouveautés et de plaisir pour justifier son existence. Si son scénario n’apporte pas grand-chose, les amateurs d’empoignades grand format seront aux anges et son contenu pléthorique occupera les plus persévérants durant de longues heures. Une suite que les amateurs du premier volet ne devraient pas laisser passer.

Un article de GBP

Super Mario Odyssey

Super Mario Odyssey (2017)

Un jeu Nintendo

Sortie le 27 Octobre 2017

Disponible sur Nintendo Switch

C’est sans aucun doute l’événement gaming de cette fin d’année. Ça y est, le Mario nouveau est arrivé ce vendredi 27 octobre et le moins que l’on puisse dire est qu’il était attendu de pied ferme.

Depuis plusieurs années, Nintendo est sous le feu des critiques : retard technologique sur leurs concurrents Sony et Microsoft, leur absence d’éditeurs tiers ou encore l’échec critique et les ventes plus que mitigées de la WiiU ont mis l’entreprise en difficulté.

Avec la sortie de la Switch, console hybride mi-portable mi-console de salon, Nintendo devait à tout prix revenir dans le cœur des joueurs pour pouvoir continuer d’exister. Cette première étape est d’ors et déjà un succès.

Malgré quelques défauts, comme peut-être l’autonomie de la batterie ou la fragilité de la console, la Nintendo Switch est en rupture de stock et les fans ont déjà pu se satisfaire à travers le magnifique et romanesque « Zelda : Breathe of the Wild ».

Cependant, que serait une console Nintendo sans SON épisode de Mario pour confirmer sa réputation. Et le défi est là, concrétiser le succès de la Switch et en faire l’indispensable des fêtes de fin d’année. Les chiffres nous le diront mais il est plus que probable que notre ami italien rafle encore une fois tout sur son passage.

Une fois de plus, la licence Mario ne nous déçoit pas. Le gameplay est toujours instinctif. Pas besoins d’heures de didacticiel ou de combo de touches plus difficiles les uns que les autres, ici, nous sommes dans de l’intuitif et de la simplicité.

Le jeu est simple : retrouver la Princesse capturée par Bowser (oui oui, encore…). Pour cela, il va falloir récupérer plusieurs Lunes qui permettront de faire voyager un vaisseau entre différents mondes, et ainsi sauver la Princesse. Ceci dit, vous ne serez pas seul et votre nouvel ami Cappy va mettre ses talents à disposition pour vous aider dans votre quête, ce qui vous permettra de nouvelles fonctionnalités que vous aurez l’occasion de découvrir.

« Mario Odyssey » nous embarque également avec la réalisation de ses mondes. En effet, notre désormais ex-plombier évolue dans des mondes semi-ouverts. Supérieur à Mario 64 ou Mario Sunshine, chaque monde, chaque chapitre enveloppe plusieurs misions. Les Mondes sont vastes et rien n’est laissé au hasard : les pièces, les cœurs, les Lunes, jusqu’à des séquences de jeux cachés qui raviront les rétro-gamers, tout a été minutieusement pensé et étudié pour explorer ses univers jusqu’au moindre recoin.

Notons également le réalisme des décors mais également celui du personnage. Il ressent ce qu’il vit et les éléments qui l’entourent : il a chaud, il a froid, il garde même des épines sur le nez s’il rentre malencontreusement dans un cactus… Nous pouvons également changer la tenue de notre héros, au cas ou nous voudrions varier du rouge et bleu.

Ce jeu vous réserve bien évidement d’autres surprises que vous devrez découvrir seul afin de pouvoir profiter au mieux de cette expérience.

Avec ce dernier opus, Mario et Nintendo démontrent qu’ils sont bien présents dans le monde du jeu vidéo et qu’il va encore falloir composer avec eux.

On ne saurait trop vous conseiller de partir encore une fois à l’aventure avec Mario et de vivre cette épopée fantastique. Avec les fêtes de fin d’année qui arrivent, plus de doutes, vous avez déjà un cadeau dans les tuyaux.

Un Article de Quentin Gabet

L’annale Land

South Park : L’annale du destin (2017)

Un jeu Ubisoft

Sortie le 17 Octobre 2017

Sur PS4, XboxOne et PC

Alors que la bataille pour « Le bâton de vérité » fait encore rage entre les enfants de South Park, un super-héros nommé « Le Coon » fait son apparition. Malgré ses allures de petit gros un peu vulgaire, il parvient à « assembler » son ancienne équipe pour mener une enquête des plus intrigantes : un chat a disparu. Ne serait-ce pas l’arbre qui cache une plus grande menace ? Les forces maléfiques du professeur Chaos sont-elle impliquées ? Le Nouveau, que vous interprétez, aura-t-il une belle « origin story » ? Est-ce toujours interdit de péter sur les couilles de quelqu’un ?

Vous l’aurez compris, le nouveau jeu South Park est une suite directe du précédent opus sorti il y a trois ans : Le Baton de Vérité. Il avait créé la surprise en 2014 en offrant une aventure inédite et fidèle écrite par Trey Parker et Matt Stone, les deux cerveaux géniaux et dérangés derrière la série. Malgré quelques coupes de scènes jugées choquantes sur la version console, les joueurs y avaient trouvé leur compte entre hilarité et un gameplay plaisant parodiant les univers des Jeux De Rôles. Lorsqu’une suite a été annoncée, on était en droit de se demander si Ubisoft parviendrait à renouveler l’exploit en proposant un jeu dans la continuité mais qui passe au niveau supérieur. Le succès était d’autant moins assuré que le développement a été particulièrement chaotique. La date de sortie fut repoussée à deux reprises et, alors que les doubleurs français officiels avaient été annoncés, le studio a été contraint de faire appel à de nouveaux doubleurs. C’est pourtant un succès à tous les niveaux.

L’intrigue du jeu parodie allègrement la déferlante de super-héros au cinéma. Les stratégies marketing de l’industrie Marvel sont passées au rouleau-compresseur par l’humour de Parker et Stone. Mais l’esprit de la série ne s’arrête pas là et se développe au gré des nombreuses missions secondaires qui nous sont proposées : les affaires de curés pédophiles, les nouvelles dénominations pour préciser les genres sexuels, etc. C’est la société dans sa globalité que les auteurs démontent. Ils sont sales gosses et on adore cela. Le tout est emballé par une histoire qui parvient à être palpitante et les missions secondaires sont suffisamment variées pour offrir quelques 25 heures de jeu.

Le gameplay est assez semblable à celui de l’opus précédent. Les affrontements restent au tour par tour et le découpage des zones de combat en cases offre une dimension stratégique. Si ils sont relativement simples, ils sont pour autant plaisants à exécuter. Au gré des coups qu’ils reçoivent, les personnages remplissent une jauge qui, une fois complète, permet de déclencher un coup ultime se moquant de ceux du jeu Injustice. Son plus gros défaut reste cependant la VF catastrophique. Certains doubleurs imitent leurs illustres prédécesseurs de la série, tandis que d’autres proposent une voix totalement incohérente avec le personnage. Mais heureusement, le jeu permet de changer le doublage et on préférera l’original plus percutant bien que souvent atténué dans les sous-titres.

South Park : L’Annale du destin est une belle réussite. C’est un jeu ludique, hilarant et qui fait parfois réfléchir à des sujets d’actualité. On ne peut qu’espérer un troisième opus tout aussi accompli.

Un article de Florian Vallaud

L’exhumation de RamNES II

Ayant initié l’an dernier un engouement (apparemment sous-estimé) avec la réédition de sa NES en mode « Mini », Nintendo a récidivé ce 29 septembre en s’attaquant à un autre de ses best-seller, héritière de la première et reine incontestée de l’ère 16 bits, la Super NES.

Tous ceux qui ont convoité la NES Classic mini l’an dernier s’en souviennent : l’avoir sous son sapin de Noël relevait de la gageure. À moins d’avoir anticipé la pénurie en pré-commandant votre exemplaire des mois à l’avance ou d’hypothéquer votre chien pour vous la procurer auprès de revendeurs à des prix parfois totalement délirants, il était quasiment impossible d’en trouver un exemplaire. Nintendo et son marketing auraient visiblement tiré les leçons de leur passif et promis à leur Super NES Classic mini un avenir moins chaotique que la précédente génération (à l’heure où nous écrivons ces lignes, elle est encore disponible à des prix raisonnables). Mais à présent que surprise et pénurie, les deux cavaliers de l’Apocalypse commerciale, ont apparemment cessé de nous tourmenter, cette nouvelle itération vaut-elle qu’on se précipite dessus ? Question légitime qui en appelle d’autres.

Après tout, Nintendo arrive sur un champ de bataille déjà bien encombré. Les jeux rétros sont tendances. Les émulateurs Open Source sont fiables et monnaie courante. Il est possible de trouver pour une dizaine d’euros des pads fidèles aux originaux et de très bonne facture. Les plus bricoleurs peuvent même se procurer un Raspberry Pi et, moyennant quelques bidouilles assez simples, se confectionner une véritable console rétro. Disons le simplement, si votre unique objectif est de vous frotter aux vieilles gloires du jeu-vidéo, cette Super NES format étui à cigares n’est pas pour vous. Avec seulement 21 jeux disponibles, elle est certes représentative de son époque, mais aussi plutôt chiche, surtout quand on sait que ces ROMs ne pèsent que quelques Méga-octets et que les prix de la mémoire n’ont jamais été aussi bas.

Tout ça n’enlève rien aux qualités intrinsèques de cette petite console, d’autant que Nintendo a appris sa leçon en corrigeant certaines fautes rédhibitoires de sa NES Classic mini, à commencer par un rallongement des câbles des manettes (à présent au nombre de 2, ce qui n’est pas de trop vu le nombre de jeux multijoueurs). À n’en pas douter cependant, des constructeurs tiers sortiront bientôt (si ce n’est déjà fait) des pads sans fils pour les moins satisfaits. On pourra juste regretter qu’à nouveau, la fonction Reset soit intégrée à la console, empêchant de changer de jeu à la volée tout en restant dans son canapé et l’impossibilité de rajouter des ROMs. Au delà de ça, l’émulation made in Nintendo est toujours d’aussi bonne qualité (mais n’est-ce pas le minimum de la part du fabricant original de ces jeux…) et les filtres d’ambiance font leur retour, toujours aussi ludiques. Par souci de design, les ports manettes sont dissimulés derrière un cache du plus bel effet permettant à cette Super NES de garder l’allure de sa grande sœur. Mais cela suffit-il pour autant à en faire un indispensable ?

Si le service marketing de Nintendo est parfois difficile à suivre, il semble que sa stratégie pour sa gamme Classic soit peu ou prou celle initiée avec les amiibo, à savoir faire bourgeonner de petites parties de son univers et l’étendre au delà des consoles. La Super NES Classic mini s’adresse surtout aux fans de Nintendo, voire plus particulièrement à ceux qui n’aurait pas connu les glorieuses années de la Super NES originale. Ou peut-être aux inconditionnels de Fox McCloud, qui découvriront StarFox 2, projet avorté en son temps et édité pour la première fois par Nintendo.

Telle la Californie en 1848, le rétro-gaming est devenu le nouvel El-Dorado du jeu-vidéo, et en tant que plus ancien constructeur encore en activité, Nintendo est assis sur une véritable mine d’or. Poursuivant l’exploitation tranquille de son filon, la firme kyotoïte nous livre une Super NES Classic mini de très bonne facture, quoiqu’un peu fainéante. En attendant le prochain coup de pioche de la division Classic, espérons qu’elle ait pris le temps de bien étayer sa galerie. Il serait dommage de finir enseveli alors que les pépites du succès semblent littéralement vous sauter dans les mains.

Un article de GBP