Cocoon s’offre une cure de jouvence

Cocoon (1985)Résultat de recherche d'images pour "cocoon carlotta"

Comédie – Science Fiction

Un film de Ron Howard

Avec Don Ameche, Wilford Brimley,

Brian Dennehy, etc

Distribué par 20th Century Fox

Réédité le 8 Août 2018

En DVD et Blu Ray

Chez Carlotta

Quand un trio de seniors mal en point retrouvent des forces après une plongée dans une piscine où reposent des cocons aliens, ceux-ci vont se lancer dans une quête effrénée de leur jeunesse.

Sorti en France en Novembre 1985, Cocoon rencontre un gros succès et se hisse sans mal à la sixième place des plus gros succès de l’année aux États-Unis. Il empochera deux oscars en 1986 : Meilleur second rôle pour Don Ameche et Meilleurs effets spéciaux pour la société de Georges Lucas, ILM. Tout d’abord proposé à Robert Zemeckis, qui déclinera pour aller tourner A La Poursuite du Diamant vert, le film tombe entre les mains de Ron Howard qui sort de la réussite de Splash. La ressortie en éditions Blu-Ray nous permet d’effleurer les raisons qui l’ont fait entrer au panthéon des films cultes des années 80.

Le scénario de Tom Benedek est un petit bijou de symbolisme. Si son nom ne vous dit rien, c’est assez normal car il n’a commis que deux autres films à la réussite plus que relative : le Pinocchio de Steve Barron en 1996 et Zeus et Roxane en 1997. Il n’empêche queCocoonest un modèle du genre reconnu par les professionnels et récompensé par la Writers Guild of America. Si les deux premiers actes du film sont relativement classiques, ils ont le mérite de mêler subtilement comédie et science-fiction. L’histoire s’inscrit aussi dans la mode de son époque puisque les aliens sont plutôt amicaux. Même quand les trois protagonistes brisent leur parole de ne pas révéler les vertus de la piscine, ils ne leur en tiennent pas rigueur et leur font une autre proposition. Ce qui nous mène au troisième acte, métaphore de la mort et du passage dans l’au-delà.

Les retraités embarquent à bord du bateau mené par Steve Guttenberg pour rejoindre le vaisseau des extra-terrestres. C’est alors que les situations lourdes de sens s’enchaînent. La cellule familiale, jusque-là totalement absente pour les retraités, fait son apparition. Elle nous rappelle qu’ils ont été placés en maisons et quasiment oubliés. Lorsque l’un d’eux révèle à son petit-fils son intention de « partir », l’enfant négocie. Il tente de suivre ses grands-parents mais on lui rappelle que ce n’est pas sa place, pas encore. Enfin, comment ne pas penser à la descente du Styx de la mythologie grecque, où le passage vers l’autre monde, vers l’éternité, se faisait en bateau. Le personnage de Steve Guttenberg devient alors un ersatz de Charon.

La subtilité du scénario est portée par une réalisation ancrée dans les codes des années 80. Par la lumière et les ambiances, on ne peut s’empêcher de penser à E.T. , ou plus largement aux films Amblin produits par Spielberg. Seulement voilà, Ron Howard est un bon faiseur mais il a probablement appris le sens du rythme avec Georges Lucas. Chaque plan est posé et fait penser à du Woody Allen sous Lexomyl. Un peu plus de fougue aurait pu être la bienvenue. Cependant, cela ne parasite en rien la lecture du film sinon qu’il paraît parfois un peu longuet.

Décidément, Carlotta se pose encore une fois comme l’éditeur à suivre avec attention. En ressortant Cocoon dans une sublime copie, c’est notre jeunesse qu’il restaure. On aurait probablement aimé un peu plus de bonus pour envelopper le tout mais le film se suffit à lui-même.

Un article de Florian Vallaud

Une course contre la mort

Mission Impossible Fallout (2018)Résultat de recherche d'images pour "mission impossible fallout"

Action – espionnage

Un film de Christopher McQuarrie

Avec Tom Cruise, Henry Cavill,

Simon Pegg, Rebecca Ferguson, etc

Sortie le 1eAoût 2018

Distribué par Paramount

Dire que le nouveau volet de la saga Mission Impossible était attendu n’est pas un euphémisme. Après le succès public et critique de Rogue Nation, le retour de l’agent Ethan Hunt était d’autant plus attendu que son tournage parisien avait fait grand bruit. Il marque aussi une nouveauté dans cette marque maintenant devenue incontournable : c’est la première fois qu’un réalisateur reprend son poste pour prolonger sa vision. Christopher McQuarrie nous offre un épisode crépusculaire où ses personnages vont être confrontés à un danger bien plus grand que jamais.

Après l’échec d’une de ses missions qui l’a vu perdre trois charges de plutonium, l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) et son équipe ne sont plus en odeur de sainteté auprès du gouvernement américain. La CIA leur adjoint un agent (Henry Cavill) pour veiller à la récupération des précieuses bombes et empêcher leur utilisation. Mais l’ombre d’un mystérieux Mr Lark plane sur toute cette affaire.

Soyons honnêtes, les révélations de ce film sont cousues de fil blanc. L’ensemble ne parvient pas à créer de suspense : les motivations et les identités des personnages sont assez évidentes. Mais cela ne gâche pas pour autant le plaisir car le réalisateur et le scénariste en prennent leur parti pour déplacer la tension ailleurs. Ainsi, chaque séquence d’action est un petit bijou de manipulation visuelle et de surprise.

Christopher McQuarrie joue sur les attentes des spectateurs et détourne l’attention tel un magicien par des associations d’idées visuelles. Il joue sur les couleurs, les perceptions et va contre elles pour cueillir le spectateur. Les scènes d’actions ne sont pas toujours crédibles, mais elles sont vives et enthousiasmantes. Dans un monde où Marvel est parvenu à aseptiser les morceaux de bravoure de ses films, Mission Impossiblese désigne comme un bon remède. On y retrouve la folie et la fougue des productions Bruckheimer des années 90 : peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Le réalisateur filme Paris au plus proche de la réalité. Le débat autour de la crédibilité des déplacements d’Ethan Hunt dans la capitale n’a pas lieu d’être. Le cinéma n’est pas le lieu de la véracité mais celui des images. Après tout, c’est un problème parisiano-parisien de se dire qu’il est impossible que Montparnasse soit dans la continuité de la rue de Rivoli. De plus, Christopher McQuarrie nous fait grâce des clichés habituels et sublime des endroits inattendus comme le ministère des finances.

Mais ce qui domine ce nouveau long métrage de plus de deux heures, c’est son rapport avec la mort. Jamais Ethan Hunt n’est apparu aussi fragile, aussi proche de rater sa mission. On a beau savoir qu’il gagnera probablement à la fin, le désespoir est palpable comme si plus rien n’était sûr dans notre monde actuel. Le pré-générique se démarque ainsi de ses prédécesseurs par une absence de morceau de bravoure et un échec cuisant.

Mission Impossible Fallout est le blockbuster de l’été attendu. Ses scènes d’actions toutes plus improbables les unes que les autres sont réjouissantes et l’alchimie entre les comédiens fonctionne à plein régime. Il ne fait aucun doute qu’il terrassera sans soucis ses adversaires car l’ensemble sent la sincérité de la démarche et une certaine idée du film d’action qui résiste face à l’uniformisation.

 

Le doux parfum des 80’S

À Armes égales. (1982)Résultat de recherche d'images pour "a armes égales toshiro mifune"

Action – USA

Réalisé par John Frankenheimer

Avec Scott Glenn, Toshiro Mifune

Sortie en Blu-ray et DVD le 25 Juillet 2018

Chez Carlotta Films

 

Rick (Scott Glenn), un boxeur en fin de carrière, est engagé par Toshio (Sab Shimono) et Akiko Yoshida (Donna Kei Benz) pour rapporter au Japon un ancien sabre appartenant au maître du clan Yoshida (Toshiro Mifune). Arrivé à Osaka, il est kidnappé et amené devant Hideo Yoshida (Atsuo Nakamura), frère du maître et homme d’affaire prêt à tout pour s’accaparer le sabre.

Remontons le temps. Jusqu’à une décennie que les moins de 20 ans qualifieront de préhistoire : les années 80. À l’aube de cette époque jurassique, les dinosaures s’appellent Casimir, Walkman ou Atari 2600, s’ébattent joyeusement dans un environnement principalement composé de formica et de bakélite, et restent totalement ignorants des effets du réchauffement climatique. Quant au magnétoscope, c’est simplement l’objet le plus hype qu’on puisse trouver dans une maison. Le samedi soir arrivé, quand on ne se déhanche pas au Macumba en pantalon de cuir, à draguer des filles en veste à épaulettes, c’est très logiquement qu’on se rend en un lieu incontournable pour tout cinéphile : Le vidéo-club tenu par l’ami J.P. Là, dans ce local généralement surchauffé, au milieu des odeurs de renfermé et de clope froide (la Loi Évin est encore une douce utopie), on cherche fébrilement, au choix, dans le rayon action une vidéo furieuse remplie de coups de tatanes, ou au rayon horreur une cassette bien gore qui jettera votre conquête permanentée dans vos bras d’un sursaut dégoûté.

Comme toute époque dans laquelle une génération a grandi, elle suscite une douce mélancolie dans laquelle ceux qui l’ont vécue (et d’autres) aiment parfois se plonger. La tentation est alors grande de servir aux nostalgiques des produits faciles et à la qualité déplorable (Quiconque a déjà jeté un œil à une copie DVD du Retour des Morts-vivants II, par exemple, sait de quoi je parle). Heureusement on peut noter que certains savent jouer cette carte avec un talent certain. C’est le cas du Chat qui fume (à qui on doit les remasters de 3615 code Père Noël ou Le Retour des Morts-vivants, que nous avons chroniqué), et c’est également le cas de Carlotta Films qui nous livre avec À Armes égales un nouveau morceau de bravoure made in 80’s, enrichissant ainsi son (déjà généreux) label Midnight Collection.

À armes égales surfe, assez facilement, il faut bien l’admettre sur la vague des films d’arts-martiaux venus de l’autre côté du pacifique et qui fascina une génération de cinéphiles américains (mais pas que), au point qu’Hollywood se mit en tête d’en faire autant, mais en adaptant la recette à un public plus large. Héros yankee, décors qui le sont généralement tout autant, idéaux d’honneur et de noblesse relégués en arrière plan au profit d’objectifs plus prosaïques. Et s’il se déroule presque exclusivement au Japon (dans la région d’Osaka plus précisément), À Armes égales s’éloigne peu des canons du film de sabre à l’américaine. La progression du héros ne sort pas des clous, d’abord simplement motivé par l’appât du gain puis plus impliqué quand il s’agit d’aller sauver sa copine (et accessoirement récupérer l’héritage familial), et des scènes d’action plutôt propres mêlant katanas et mitraillettes. Rien de très neuf ni de très original, mais indéniablement efficace.

Si ce film possède une saveur si particulière, c’est sans conteste pour la présence du charismatique Toshiro Mifune, sans doute l’un des plus grands acteurs japonais, spécialiste du film de sabre et acteur fétiche d’Akira Kurosawa, avec qui il a collaboré sur 16 productions (dont Les 7 Samouraïs, Yojimbo ou encore Barberousse). Même vieillissant, il porte littéralement le film sur ses larges épaules et il irradie littéralement à chaque scène où il apparaît. Sa maîtrise du sabre et sa rapidité d’exécution restent impressionnantes, au même titre que son jeu tout en retenue et sa voix rocailleuse. La sévérité de son regard écrasant l’impudent Scott Glenn invite à l’humilité jusqu’au dernier spectateur.

Soyons honnête, À Armes égales ne surclasse pas vraiment ses concurrents de l’époque que ce soit pour son scénario ou ses scènes d’action. Typiquement 80’s, ce film l’est sans aucun doute, avec ses méchants très méchants et ses gangsters à mitraillettes tranchés à coups de sabres. À voir pour la prestation de l’immense Toshiro Mifune et le plaisir qu’on a à le voir manier le sabre.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

Un dragon loin d’être docile

Détective Dee – La Légende des Rois CélestesRésultat de recherche d'images pour "detective dee la légende des rois célestes"

Action, aventure – Chine

Réalisé par Tsui Hark

Avec Mark Chao, Feng Shaofeng, Carina Lau…

Sortie en salles le 8 Août 2018

Peu de temps après avoir élucidé le mystère du Dragon des Mers, l’imparable Détective Dee (Mark Chao) reçoit, des mains de l’Empereur en personne, Dragon Docile, l’arme symbole qui le place à la tête du Temple Suprême. Mais dans l’ombre, une vague de crimes vient agiter la capitale, et alors que Dragon Docile attise les convoitises, sorciers et conspirateurs semblent s’être alliés pour renverser la dynastie des Tang.

Quand il sort en 2011, Détective Dee – Le Mystère de la Flamme Fantôme arrive sur le tard d’une mode popularisée voilà plus de 10 ans auparavant par un certain Tigre et Dragon, immense succès mondial qui remit au goût du jour le « Film de sabre » chinois. Pourtant, son réalisateur Tsui Hark est loin d’être un novice en la matière, puisqu’il a signé la trilogie Il était une fois en Chineavec Jet Li sortie peu de temps auparavant. Ces deux sagas du réalisateur de Zu, Les Guerriers de la Montagne Magique ou de Seven Swords partagent par ailleurs un point commun de taille : elles ont toutes deux pour base un personnage historique devenu légendaire dans l’imaginaire chinois, le médecin et maître de kung-fu Wong Fei-Hung et le juge Di Renjie dont les capacités de déduction l’ont fait entrer dans les annales judiciaires. Ce même juge qui fut à l’origine d’un personnage littéraire, le juge Ti, héros de romans repris par plusieurs auteurs.

Narrant l’enquête qui doit sacrer la réhabilitation du juge Dee, après son emprisonnement pour avoir contesté l’accession de l’Impératrice Wu Zetian (le contexte historique, des livres autant que des films, est par ailleurs exact), ce premier épisode mêlait déjà habilement intrigues de palais et surnaturel, combats virevoltants et grand spectacle. Avec sa suite, Détective Dee – La Légende du Dragon des Mers (2014), la franchise revient aux origines du personnage et à la première enquête qu’il mena pour le Temple Suprême, à savoir l’étrange attaque menée contre la flotte impériale par un monstre marin. Cette fois, la recette s’affine sans changer fondamentalement. Le budget, un peu plus confortable, autorise les effets spéciaux à être encore plus présents et aux capacités de déduction de Dee d’être un peu mieux appréhendées. Mais là encore, l’intrigue n’en est pas moins fouillée et les scènes d’action toujours plus impressionnantes et inventives.

Autant dire que les fans de la saga attendaient la suite des aventures du juge-détective de pied ferme, et tout amateur de cinéma d’aventure et d’action aurait dû partager cette attitude tant Détective Dee représente le genre dans ce qu’il a de plus subtil et malin. Un suspense soutenu hérité du polar, de l’action fulgurante tout en étant lisible, et des effets spéciaux impressionnants (toutes proportions gardées, nous ne sommes pas devant une production du calibre d’Avatar non plus) qui restent au service de l’intrigue. Dans ce troisième épisode, Tsui Hark prend le parti de prolonger le modèle de son deuxième opus, jusque dans le scénario, celui de cette suite débutant là où La Légende du Dragon des Mers s’était achevé. Que ceux qui craindraient de se retrouver perdus se rassurent, les liens unissant les deux épisodes ne vont pas plus loin et les relations, parfois ambiguës, entre les personnages canoniques, ainsi que les dilemmes qui les agitent, parviennent à rester compréhensibles en dépit de leur complexité.

Malgré tout, le maître d’œuvre ne joue pas les paresseux, ajustant le cap à cette nouvelle intrigue. Outre un humour un peu plus présent que dans les épisodes précédents, et qui apporte des moments de détente bienvenus, ce sont les effets spéciaux dont on remarque la présence plus prégnante. Pour autant, ils ne sont pas de trop pour personnifier les manipulations mentales dont sont capables les membres d’un clan de sorciers. Ils sont d’autant plus respectables qu’ils nous offrent un spectacle de toute beauté, s’autorisant à donner vie à un incroyable bestiaire folklorique, et même une réjouissante référence finale à un certain King Kong. Pourtant, ce grand spectacle permanent ne nuit ni à ses scènes de combats, toujours aussi légères et parfaitement chorégraphiées, ni à son intrigue, pleine de rebondissements et de zones d’ombres. Surprenant, le film l’est tellement qu’il ne se permet pas moins de trois scènes qui prolongent l’intrigue au cours du générique (et introduisent peut-être un quatrième épisode faisant le lien avec Le Mystère de la Flamme Fantôme ?), prenant au dépourvu les plus pressés de ses spectateurs.

Au milieu des blockbusters estivaux, pour certains bien ficelés, très recommandables et surtout très bien pourvu d’un strict point de vue marketing (Coucou Jurassic Worldet Ant-Man et la Guêpe), il est vrai que Détective Dee peut faire figure d’outsider. Pourtant, il nous apporte quelque chose dont tous les autres sont et seront (sans doute) toujours dépourvus : l’inattendu !

Exotique, malin et superbement mis en scène par un maître du genre, Détective Dee – La Légende des Rois Célestesest sans conteste un rendez-vous incontournable du cinéma d’aventure et d’action, et à ce titre, il devrait être inscrit dans les agendas de tous les amateurs de ces genres. Quant aux autres, ils ne devraient pas hésiter à leur emboîter le pas.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

I’ve been cheated by you, and i think you know when…

Mamma Mia – Here we go again ! (2018)Résultat de recherche d'images pour "mamma mia 2"

Comedie Musicale

Un film de Ol Parker

Avec Amanda Seyfried, Lily James, etc

Sortie le 25 Juillet 2018

Distribué par Universal France 

Il y a tout juste dix ans, un film naïf et frais débarquait sur nos écrans de cinéma. Cette adaptation d’un succès de la scène anglo-saxonne relevait de l’improbable. Qui aurait pu imaginer Pierce Brosnan, Colin Firth ou Meryl Streep chanter et danser sur les meilleurs tubes du groupe ABBA ? Et pourtant, la recette fonctionnait. Peut-être grâce au plaisir communicatif du casting ou à la fibre nostalgique qu’instaure immédiatement un titre du groupe suédois. Toujours est-il que le film est devenu culte et qu’il remplit encore les salles dix ans après pour des séances karaoké.

On croyait avoir échappé à une suite inutile. On pensait qu’Universal garderait sa pépite telle qu’elle était, mais non ! Il a fallu qu’ils mettent un deuxième film en chantier. Un deuxième film auquel personne ne croyait, Amanda Seyfried en tête comme elle l’a déclaré dans une interview. Les fans tremblaient et ils avaient raison.

Rien n’était fait pour nous rassurer : le retour de Meryl Streep trop longtemps incertain, les chansons qui seraient utilisées puisqu’ils avaient usé tous les grands tubes, l’histoire qui nous serait contée, etc… Dès lors, on ne peut pas dire que ce film soit une déception tant le désastre était annoncé. Au moins, il est cohérent avec ce qu’on en attendait : rien. Enfin, nous espérions tout de même d’avoir tort. Ô doux espoir !

L’histoire est tellement simple qu’en vous racontant le début du film, on vous en raconte aussi la fin. Sophie (Amanda Seyfried) organise la réouverture de l’hôtel de Donna (Meryl Streep) après son décès. En parallèle, nous suivons la jeunesse de Donna (Lily James) qui va rencontrer trois hommes à la suite. On en connaît la fin. Et c’est d’ailleurs le premier défaut scénaristique du film : il n’y a jamais d’enjeu. À ne jamais vouloir choisir entre le préquel ou le sequel, Ol Parker n’en traite aucun des deux.

Dans son intrigue du passé, il accumule les révélations qu’on connaît déjà. On nous raconte une histoire qu’on avait très bien saisie dans le premier. Rien de plus ! Rien de plus, mais tout de même des choses en moins. Ainsi, il charcute le travail de Catherine Johnson, scénariste du premier film et auteur de la comédie musicale. Il réduit les personnages à des caricatures. Donna, dont la jeunesse était dépeinte comme celle d’une femme forte, indépendante et à la sexualité libérée devient esclave de son cœur et prude. Elle semble s’excuser de coucher avec Bill, Sam ou Harry. C’est un contre-sens. Et il fait la même chose sur les autres personnages.

La distribution d’origine s’en rend d’ailleurs compte et tourne en mode automatique. Seule Julie Walters trouve une occasion de faire le clown. Mais ramer sur un paquebot ne sert à rien. Pour ce qui sont des autres, ils sont fantomatiques. Ils déroulent leurs textes et leurs chansons sans énergie. Ce sentiment culmine dans une reprise de Dancing Queen qui référence la même séquence dans le premier opus. Un plan sur le regard de Christine Baransky dévoile qu’elle se demande ce qu’elle fait là. Puis, elle repense aux zéros sur le chèque, et ça va mieux. Le sentiment du spectateur est le même, tout ceci a un goût de réchauffé dans un micro-onde qui marche mal.

Prenons aussi quelques instants pour vous parler de l’usage abusif de la publicité mensongère autour du film. En effet, cela ne vaut pas le coup de parler des jeunes comédiens qui assurent la partie préquel tant ils sont anecdotiques, transparents et choisis uniquement pour leurs beaux minois. Le public attend la grosse annonce, l’élément incontournable de cette suite : la participation de la déesse Cher. Tâchez d’en profiter, elle n’est là que dix minutes. C’en est d’ailleurs dommage tant elle éclaire l’écran et offre une interprétation inoubliable de Fernando avec un Andy Garcia transi. Ne parlons pas de Meryl Streep, au centre sur l’affiche qui ne dépasse pas les 5 minutes de présence à l’écran (sauf si on compte toutes les photos d’elle). À ce compte-là, Marvel devrait penser à mettre Stan Lee sur ses affiches.

Reste le plaisir intact d’entendre les titres d’ABBA qui apporte un vent frais bienvenu en cet été caniculaire. Ils sont particulièrement bien arrangés par Benny Anderson et Bjon Ulvaeus mais servis par une mise en scène à la ramasse. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait que le réalisateur lui-même avoue ne pas s’y connaître en comédie-musicale et avoir demandé des conseils à sa fille de 22 ans. Il nous semble que ça résume bien le sérieux de l’entreprise.

Mamma Mia – Here we go again ! est une déception de chaque instant et n’est sauvé de la poubelle que par sa bande originale enthousiasmante qui vous fera bouger sur votre siège. Dommage qu’il soit réalisé comme un mauvais épisode de Glee et, visiblement, sans amour pour le film d’origine. On prend plaisir à retrouver les personnages qu’on a aimé mais on les voit fatigués et lassés. Comment pourrait-il en être autrement devant autant de vide ?

Dracula et ses potes sont sur un bateau…

Hôtel Transylvanie 3.Résultat de recherche d'images pour "hotel transylvanie 3"

Animation, comédie – USA

Réalisé par Genndy Tartakovsky

Avec les voix de Adam Sandler, Andy Samberg,

Selena Gomez…

Sortie en salles le 25 Juillet 2018

Dans son hôtel réservé à sa monstrueuse clientèle, Dracula (Adam Sandler) se morfond. Veuf de puis plus d’un siècle, la solitude lui pèse. Pour lui changer les idées, sa fille Mavis (Selena Gomez) lui organise des vacances. Les voilà partis en croisière avec tous leurs amis sur le Legacy, l’immense paquebot sous les ordres de la mystérieuse commandante Éricka (Kathryn Hahn).

Après un premier épisode dépeignant un Dracula gérant d’hôtel catastrophé à l’idée de voir sa fille s’enticher d’un humain et quitter son giron, et un second où il tente par tous les moyens d’élever son petit-fils en bon vampire, Dracula et ses amis Franky la créature de Frankenstein, Murray la momie, Wayne le loup-garou et Griffin l’homme invisible sont de retour. Et cette fois, ils laissent derrière eux la Transylvanie et son hôtel éponyme pour un radical changement de décor. Pour le meilleur ?

Dès sa séquence d’ouverture, Hôtel Transylvanie 3 annonce la couleur. Personnages d’une absolue souplesse, mimiques tordantes et gags visuels abondent. La patte artistique si particulière de Genndy Tartakovsky est toujours là, et son talent pour mettre en scène et enchaîner les gags les plus cartoonesques à la vitesse de l’éclair toujours intact. On aurait pu s’attendre à ce que les idées se raréfient, d’autant qu’un paquebot de croisière n’est jamais qu’un hôtel posé sur l’eau, mais il n’en est rien. Au contraire. À la clique à Drac viennent s’ajouter profusion d’autres personnages et de situations plus cocasses les unes que les autres, comme Blobby le blob de gelée verte, spécialiste de l’humour visuel (il n’a en effet aucune ligne de dialogue proprement dite) qui, après avoir trusté une place au sein de la petite bande dans le deuxième opus, multiplie ici les apparitions, tantôt mignon tantôt dansant, et toujours hilarant. Les gags remportent sans mal l’adhésion des petits comme des grands, et la bonne humeur remplit la salle plus facilement que l’estomac de Franky.

Pour ce qui est de son développement, le film effectue un petit retour en arrière. Outre les références immanquables aux précédents films (le « bla-bla-bla » que tous imputent à Dracula, et qu’il s’obstine à nier, la pyrophobie explosive de Franky, ou les sorcières du premier épisode formant une sorte de haie d’honneur à la présentation du navire), c’est le veuvage de Drac et le fameux « zing » qui servent de trame de fond à cet épisode, et la relation ambiguë qui se met en place entre lui et la commandante Éricka, mais dont on ne dira pas plus, afin de ne pas gâcher une intrigue certes cousue de fil blanc, mais diablement efficace. Le film se permet le luxe d’une séquence un peu plus calme, un coup de frein peut-être un peu brusque, mais pour mieux nous proposer quelques moments émouvants au milieu de toute cette tornade tordante, avant d’embrayer sur un final musical absolument détonnant.

Si nombre de franchises finissent par s’essouffler avec le temps, Hôtel Transylvanie nous revient dans une forme insolente. Toujours aussi dingue et drôle de bout en bout, ce troisième épisode confirme que Dracula et ses potes ont encore de bons jours devant eux. Un grand éclat de rire à partager en famille ou entre amis.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

Le Piège de cristal infernal

Skyscraper.Résultat de recherche d'images pour "skyscraper"

Action – USA

Réalisé par Rawson Marshall Thurber

Avec Dwayne Johnson, Neve Campbell, Chin Han…

Sortie en salles le 11 Juillet 2018

Distribué par Universal 

À Hong Kong, l’homme d’affaire Zhao Long Zhi inaugure son chef-d’œuvre, The Pearl, le plus grand et le plus moderne des bâtiments jamais construits. Mais avant de pouvoir l’ouvrir au public, il confie à Will Sawyer (Dwayne Johnson) le soin de mener un audit de sécurité. Il n’a cependant pas le temps de mener sa mission à bien qu’une bande de gangsters attaque l’immeuble. Bien malgré lui, Sawyer se retrouve impliqué quand il apprend que sa famille est coincée dans le gratte-ciel à présent en flammes.

Aussi sûr que les feuilles tombent des arbres en automne, les blockbusters fleurissent en été. Après l’imposant Jurassic World – Fallen Kingdom, et en attendant le prometteur Mission Impossible – Fallout, c’est Skyscraper qui vient occuper le terrain de la grosse production dopée aux effets spéciaux, pour un résultat qu’on pourra qualifier de plutôt convaincant. Pour cette seconde collaboration entre le réalisateur Rawson Marshall Thurber et l’acteur Dwayne Johnson (la première ayant eu lieu sur Agents presque secrets), le réalisateur (à qui on doit entre autres Dodgeball et Les Miller) délaisse la comédie pour un film d’action pur et dur.

Ou du moins, un film d’action pur, car s’il lorgne allègrement du côté de La Tour infernale et surtout de Die Hard (et de son utilisation toute personnelle du chatterton), il n’en atteint pas les intensités dramatiques. Nous sommes loin de souffrir des péripéties de Will Sawyer autant que de celles de John McLane. La faute en partie aux circonstances sans doute. Quand McLane se retrouve fortuitement emprisonné au sein du Nakatomi Plaza, Sawyer cherche ouvertement à entrer dans The Pearl. Ensuite parce que Skyscraper assume son identité de blockbuster estival. Ici, point de suspense superflu. Point de suspense, en fait. Les scènes les plus dramatiques trouvent un dénouement idéal, pour ne pas dire attendu. D’autant plus dommage pour un film exploitant plutôt intelligemment l’aspect technologique de son décor, tout en insérant taupes et faux-semblants tout au long de son déroulement. On est rarement surpris, mais l’ensemble laisse la part belle à Dwayne Johnson et ses habituels tours de force.

Qu’il s’agisse de se castagner en dévastant un appartement ou de sauter de la flèche d’une grue jusque sur la façade éventrée d’un gratte-ciel, l’immense Dwayne Johnson défend sa réputation de figure du cinéma d’action sans forcer son talent, même si on notera que son registre dramatique est encore (très) perfectible. En campant cet ancien membre des forces spéciales (encore…) ayant raccroché les armes, père de famille et mutilé (Will Sawyer ayant été amputé lors de sa dernière mission), on aurait pu s’attendre à un peu plus de nuances. S’il feint plutôt bien le manque d’assurance de ce personnage encore affaibli, sa démarche claudicante n’est pas aussi convaincante, d’autant que ça ne semble pas le gêner outre mesure quand il s’agit d’escalader ou de sauter. Un détail du scénario qui reste à l’état de détail, pour un potentiel message positif qui reste donc à l’état d’anecdote.

Pour autant, on ne peut retirer à Skyscraper son statut de film d’action très décent. De sa mise en scène dynamique et maîtrisée, à ses effets spéciaux vraiment impressionnants, tout concourt à offrir au spectateur un divertissement sans temps mort et visuellement taillé pour la 3D, d’où certainement cette appétence pour les plans verticaux (mais si on ne joue pas avec les plans plongés dans un film littéralement intitulé « gratte-ciel », quand peut-on le faire finalement ?)

S’il ne se hisse pas à la hauteur des modèles dont il s’inspire, sans pour autant chercher à s’en cacher une seule seconde, Skyscraper a tous les arguments pour permettre aux amateurs d’action débridée de passer un très bon moment à l’abri des chaleurs estivales. Débranchez votre cerveau et savourez.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux