Le sourire au pied de l’échelle

Du 16 janvier au 17 février 2019

Au Théâtre de l’oeuvre (75)
Du mercredi au samedi à 19h 

Le dimanche à 17h30

D’après un texte d’Henry Miller 
Adaptation Ivan Morane

Mise en scène Bénédicte Necaille.

Avec Denis Lavant 

Auguste est une vedette. Il est LE clown de référence, connu dans le monde entier. Mais Auguste est surtout fatigué de sa célébrité. Faire rire les gens, d’accord, mais être reconnu, applaudi, il ne le supporte plus. Il va alors errer, muni de son maigre bagage, pour réfléchir, et nous raconter sa vie et son oeuvre. Jusqu’au jour où il tombe sur un cirque ambulant qui va lui faire redécouvrir la joie qui existe sous le chapiteau… 

Tout commence avec une échelle et un homme, de dos, dans le noir. On comprend dès le départ que ce qui ce joue, c’est l’intériorisé d’un homme qui ne comprend plus sa place dans le monde. Le premier son de la pièce est la voix d’Auguste qui narre en voix-off sa propre vie. D’une introspection solitaire, le récit devient aussi celui un être omniscient. 

Qu’est ce que le bonheur ? Sommes-nous définis par la réussite de notre rôle dans la société ? La pièce nous fait nous interroger sur la condition de l’être humain. Auguste devient il un clown au moment où il a du succès, où n’était-il un clown qu’avant la réussite, au moment où il décide de faire rire les gens ? La réflexion est d’autant plus présente que c’est lorsqu’il est reconnu en tant que clown qu’Auguste à l’impression que sa situation lui échappe. 

Fort d’une mise en scène minimaliste, mais qui fait sens à chaque fois, Le sourire au pied de l’échelleest aussi une pièce qui nous permet de profiter du talent de Denis Lavant. Seul en scène, il ne se contente pas de jouer Auguste, il est ce clown en perdition. Un rôle qui sonne presque comme une évidence compte tenu du passé de circassien du comédien. Mais au delà de cette certitude, Denis Lavant réussi à flouter cette barrière entre comédien et personnage.  

Adapté d’un texte d’Henry Miller, qui peut parfois perdre le spectateur (les scènes de rêves et de transes qui entrecoupent le récit), le propos parle à tous. Le paradoxe d’un être qui connaît le succès, mais qui n’y trouve pas là son bonheur. Il est enfermé dans son rôle de célébrité. Le travail sur la lumière exprime bien cet enfermement et sa soif de libération. Certaines idées d’éclairages sont redoutables d’efficacité : un faisceau de lumière pour suggérer la lune, un projecteur « strié » pour représenter à la fois une prison et une échelle… 

La mise en scène, ensuite, nous prouve qu’avec quelques accessoires, une histoire peut être mieux racontée qu’avec un décor fourni. Les gradins de cirques qui deviennent tour à tour des loges, des caravanes, des bancs… Déplacés par le comédien en fonction du lieu où il se trouve, ils reflètent également son état mental. Les costumes jouent également ce rôle : un accordéon pour nous montrer un Auguste plein d’espoir, un manteau élimé pour un Auguste en errance… 

Le sourire au pied de l’échelle est pièce qui fait rire, qui fait réfléchir, qui nous permet de s’évader. Une nouvelle claque de la part de Denis Lavant, gâté par une mise en scène où tout fait sens dans une force minimaliste. Un petit bijou de poésie et d’introspection, qui nous fait réfléchir sur le sens et la quête du bonheur.

Un article de Juliette Vandorpe

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