ToiZéMoi dans Parents ModèlesVisuel Parents Modèles Caumartin

De Alain Chapuis

Avec Alain Chapuis et Marie Blanche

Mise en scène et en images de Philippe Riot

Du Mardi au Samedi à 20h45

Et le Samedi à 17h

Jusqu’au 19 Janvier 2019

A la Comédie Caumartin (75) 

Les visages d’Alain Chapuis et Marie Blanche, vous les connaissez : il a été l’hilarant tavernier de Kaamelott essayant de comprendre (avec beaucoup de mal) les jeux de Perceval, elle est la directrice de la comédie La Maîtresse en maillot de bain depuis 2015. Après deux spectacles couronnés de succès, Camille et Simon fêtent leur divorce et Paradis d’Enfer, le duo ToiZéMoi revient avec un troisième spectacle rodé cet été durant le festival d’Avignon. Alors que leurs spectacles précédents étaient axés sur ce qui fait le couple, les considérations liées au temps qui passe les font maintenant aborder les problématiques de la famille.

Camille et Simon emménagent avec leurs trois enfants dans un appartement qui ne leur était pas destiné. Ils vont voir défiler toute une galerie de personnages et vont tenter de garder cette affaire immobilière en or.

Malgré des qualités indéniables (dont celle de divertir), ce spectacle nous a posé plusieurs problèmes qu’on ne peut négliger. Si le texte d’Alain Chapuis est souvent drôle et recèle de vannes bien senties, on a du mal à trouver ce qu’il a bien voulu nous raconter. S’il s’agit de cette « erreur immobilière », elle n’est évoquée qu’au détour de deux scènes et est bien facilement réglée. S’il s’agit des problématiques de la parentalité, elles ne sont qu’effleurées. Certaines pistes lancées par l’auteur sont intéressantes et pourraient être continuées, mais il les abandonne comme si ce n’était évoqué que pour un gag. Les personnages des enfants auraient pu avoir une vraie existence, davantage de chair, mais ce n’est pas le cas. On assiste alors à une suite de saynètes de la vie ponctuées de personnages savoureux (la mère de Camille et le père de Simon) ou anecdotiques (Le couple de gardiens).

D’autre part, la mise en scène de Philippe Riot se repose sur une idée qui tombe un peu à l’eau, ce qu’ils appellent « la réalité augmentée ». Cette technologie, qui est une réalité dans notre monde actuel, consiste à intégrer des éléments virtuels dans le réel. L’exemple le plus populaire reste le jeu Pokemon Go où les adorables petits monstres se cachent dans notre environnement quotidien et peuvent être vus par l’interface de notre téléphone. Ici, elle est utilisée pour créer un espace supplémentaire au plateau : la cuisine. Les comédiens passent du salon à la cuisine par cet écran. Au-delà du gadget, son potentiel n’est jamais vraiment exploité. Tout d’abord, Alain Chapuis et Marie Blanche n’ont pas la réelle possibilité d’interagir avec les enfants qui sont dans l’écran puisque les personnages dans la cuisine semblent tout à coup privés de parole. Or, ce qui les sépare est sensé n’être qu’une vitre. À moins d’un triple vitrage, ce qui est assez rare en décoration intérieure, ils devraient pouvoir communiquer. Mais ce n’est pas le cas. On perd alors en dynamisme et le spectateur à l’impression qu’ils jouent devant un écran.

C’est d’autant plus embêtant qu’on sent le potentiel de l’ensemble et que les comédiens sont, en revanche, parfaits. Les rires du public viennent spontanément de leur jeu plein de reliefs. Mais leur énergie est comme alourdie de ce que nous venons d’évoquer. Ce qui aurait pu être une très bonne comédie devient alors un spectacle sympathique, dont on ressort avec le sourire, mais pas impérissable. Décevant !

Un article de Florian Vallaud

 

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