Pervers (2018)Résultat de recherche d'images pour "pervers jean luc barré"

Un Roman de Jean-Luc Barré

Sorti le 22 Août 2018

Aux éditions Grasset

Victor Marlioz, auteur au succès incontestable, reçoit le directeur des pages littéraires d’un grand magazine. Il va lui livrer la vérité sur qui il est. Ce sujet intéresse d’autant plus le critique qu’il vient de recevoir une lettre anonyme désignant l’auteur comme l’assassin de sa propre fille, ce qui ne paraît pas improbable quand on sait que Marlioz aime manipuler son entourage pour en faire le matériau de ses livres. Les passes d’armes peuvent commencer.

La promesse était belle bien que classique. On a souvent vu des romans prenant pour sujet l’affrontement entre critiques et auteurs. Celui qui vient immédiatement à l’esprit est le premier succès d’Amélie Nothomb avant qu’elle n’entre en écriture automatique : Hygiène de l’assassin. En y réfléchissant bien, cette comparaison nous permet de mettre le doigt sur ce qui nous a manqué au fil de la lecture du roman de Jean-Luc Barré :  de la tension.

L’écriture de l’auteur est fluide, claire avec de belles trouvailles. Mais elle ne compense pas des thèmes trop souvent rebattus auxquels il n’offre pas grand-chose de nouveau. Puisqu’il s’agit de perversité et de manipulation, on aurait aimé ressentir un certain poids sur les épaules du critique, un jeu de domination entre les deux dont les forces évoluent au fil des pages. Mais l’histoire reste linéaire et n’offre aucune aspérité pour que le lecteur s’y accroche. Bien qu’il y ait un mystère, rien ne nous fait vibrer.

Il ne compense pas par des personnages particulièrement étudiés, on reste dans les caricatures habituelles de ce genre d’histoire. C’est d’autant plus dommage qu’on éprouve de la sympathie pour ce qui est narré et que l’auteur semble maîtriser son sujet. La lecture se fait sans déplaisir mais, arrivés au terme des 200 pages, nous avons un goût d’inachevé. Plus de profondeur et d’épaisseur dans les personnages aurait sans doute donné du relief à l’ensemble.

Perversest une semi-déception. Si la prose de Jean-Luc Barré reste agréable tout au long du roman, elle est soutenue par un fond trop instable pour qu’on puisse y adhérer. C’est tiède là où ça aurait pu être brûlant. C’est la preuve, s’il en fallait une, que quand on aborde des sujets mille fois développés, il faut avoir quelque chose d’intéressant à en dire. Il en résultera un souvenir de lecture agréable mais pas impérissable. Dommage.

Un Article de Florian Vallaud

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