HypoRésultat de recherche d'images pour "hypo theatre de la contrescarpe"

Une pièce de Xavier-Adrien Laurent

Et Laura Leoni

D’après le roman de Christian Astolfi

Mise en scène de Xavier-Adrien Laurent

Avec Lucas Andrieu

Jusqu’au 30 Septembre 2018

Les Mardis et Dimanches à 20h

Au Théâtre de la Contrescarpe (75)

La canicule frappe Paris alors que le public attend sagement devant le Théâtre de la Contrescarpe. Les 37 degrés se font sentir, les salles se vident et pourtant, ces gens vont au spectacle. C’est qu’ils ont rendez-vous avec le jeune Hypo qui va leur raconter son enfance d’hypocondriaque convaincu. Des contrats qu’il fait signer à ses parents pour éviter les dangereuses sorties dominicales aux lectures passionnées du dictionnaire médical chez sa Tatie : il va se livrer durant une heure vingt délectable.

Cette pièce à un seul personnage a le mérite d’avoir un texte fin et une folie drolatique communicative. Elle nous présente un être d’emblée attachant par ses faiblesses et ses angoisses qui font échos aux nôtres. Nul besoin d’être hypocondriaque pour se sentir concerné, c’est avant tout notre rapport au monde extérieur qui est abordé avec malice. Au fur et à mesure, les couches se relèvent pour dévoiler un parcours initiatique touchant. On assiste à la naissance d’un adulte qui laisse ses peurs d’enfants pour aborder la vie.

L’interprétation de Lucas Andrieu apporte une plus-value au texte. Du haut de ses 21 ans, il joue de son physique juvénile et de son visage enfantin pour incarner Hypo dans toute sa vérité. On ne pense jamais au comédien mais toujours au personnage. C’est le principe du théâtre me direz-vous, mais il n’est pas rare que les jeunes acteurs éprouvent le besoin de rendre visible l’étendue de leur jeu. C’est avec le temps qu’on apprend à incarner. Lucas Andrieu n’a pas ce problème et se met au service de son personnage. Il déploie une énergie impressionnante et retient l’attention tout au long de la pièce. On ne décroche jamais. Il est drôle, espiègle, tourmenté : il nous rappelle l’enfant qu’on a été.

Afin de nous plonger pleinement dans le monde de l’enfance, Xavier-Adrien Laurent a eu la très bonne idée d’axer sa mise en scène autour de jouets que Lucas Andrieu sort d’un grand coffre. Nous avons l’impression d’être dans la chambre d’Hypo où il décide de nous raconter son histoire, figurines et fioles de médicaments à l’appui. La psyché du personnage devient physique et sert de support à l’imagination.

Hypoest une belle surprise tant cette pièce ne donne pas toutes ses clefs dès le départ. Elle déploie avec ingéniosité sa drôlerie poétique et le talent indéniable de son comédien. Elle sert d’écrin idéal à Lucas Andrieu qui nous démontre qu’il va faire partie des gens à surveiller dans ce métier. Il a beaucoup à offrir et son art est déjà bien développé à son jeune âge. On ose imaginer ce que cela sera dans quelques années.

Un article de Florian Vallaud

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s