Penser qu’on ne pense à rien

C’est déjà penser à quelque chose

une pièce écrite et mise en scène par Pierre Bénézit

Avec Vincent Debost, Anne Girouard, Olivier Broche

Du 6 au 29 Juillet 2018

A 12h45

Au Théâtre des Béliers ( Avignon) 

L’humour absurde permet aux auteurs de dépasser le carcan étouffant du réel pour aborder des thèmes universels complexes : la vie, la mort, la parole, etc. Il nécessite de créer de nouvelles règles à partir de celles qu’on connaît. Le monde absurde n’est finalement que logique. Il répond à sa propre mécanique qu’il a définie au préalable, malgré ce que peuvent penser ceux qui le considèrent comme anarchique. Mais tous les publics ne peuvent pas y être sensibles. Les plus cartésiens restent à la porte. C’est avec cette idée à l’esprit qu’il faut aborder la nouvelle pièce de Pierre Bénézit.

Paulbert et Gérald tiennent une boutique atypique. Ils pensent que tout a déjà été dit et que les discussions actuelles manquent de teneur. Ils composent alors de nouveaux dialogues qu’ils vendent à des clients friands de nouveauté. Un jour débarque Barbara, une femme à la recherche d’une bouteille de vin. Ils vont échanger sur les sujets essentiels de la vie.

Le premier point positif de ce spectacle est le texte de Pierre Bénézit. Disons le franchement, il est ludique et souvent amusant. S’il ne provoque pas de grands éclats de rire, son intelligence dessine un sourire permanent sur le visage des spectateurs. Mais l’énergie et la force des comédiens font le reste. On prend plaisir à retrouver sur une même scène les talents indiscutables de Anne Girouard, Olivier Broche et Vincent Debost. Ils portent le texte à bout de bras et le délivrent avec délectation et un plaisir communicatif. On reste cependant déçu par le manque « d’ambition » de la pièce. Elle discourt sur le monde sans en proposer vraiment une vision qui éclaire le spectateur. On quitte la salle avec l’impression d’un brainstorming enthousiasmant mais sans réel résultat.

La mise en scène n’aide pas vraiment à rehausser le tout. Elle est réduite à son strict minimum. Les mouvements et la scénographie illustrent l’action sans jamais la dépasser. Elle n’en tire aucune symbolique, aucun sens. Il arrive même que Anne Girouard soit laissée dans un coin, ne sachant que faire pendant que le regard du spectateur est attiré vers les deux autres. C’est assez décevant et empêche le spectacle de laisser une empreinte forte en mémoire.

Penser qu’on ne pense à rien… est un spectacle agréable mais qui ne va pas au delà.  En attendre plus serait aller au devant d’une grosse déception. Ce n’est peut être pas la première pièce à voir en ce moment, mais sa courte durée (1h15) et sa distribution de grande qualité concourent à en faire un bon moment.

Un article de Florian Vallaud

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