Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? IMG_2603

Un spectacle musical D’Éric Bu et Élodie Menant

Mis en scène par Johanna Boye

Avec Élodie Menant, Cédric Revollon, Céline Esperin

Et Marc Pistolesi

Du 6 au 29 juillet 18

À 13h

Au Théâtre du Roi René (Avignon)

On pense tout savoir de cette « gueule d’atmosphère ». De Hôtel du Nord aux Enfants du Paradisen passant par Les Visiteurs du soir, sa gouaille parigote continue à enchanter et fasciner les cinéphiles. Elle a fait l’objet de nombreuses biographies écrites ou filmées, de téléfilms évoquant son comportement face à l’occupant pendant la guerre. « Mon cœur est français mais mon cul est international » déclamait-elle. Mais connaît-on vraiment Léonie Bathiat, la femme qui se cache derrière Arletty ?

C’est à ce voyage intérieur que nous convie l’équipe de ce spectacle musical rafraîchissant. Arletty nous raconte sa vie par un spectacle de cabaret qu’elle maîtrise de bout en bout, du moins c’est ce qu’elle pense. Car certains aspects de sa vie ne peuvent être passés sous silence. Incarnée par une Élodie Menant plus vraie que nature, elle nous mène de Léonie Bathiat à Arletty, de sa naissance à sa mort.

On y croise les plus grands artistes de l’époque : Carné, Prévert, Michel Simon, Cocteau, etc. On y rencontre surtout une femme qui, agressée par la vie et la fatalité, refuse de s’y soumettre. Une femme libre de ses choix qui modèle sa vie comme elle veut malgré ce qu’on pourrait en penser. Les auteurs évitent l’hagiographie pour offrir un portrait complet de ce personnage complexe. Ainsi, ses rapports avec les collaborateurs et l’occupant pendant la seconde guerre sont mis en lumière dans une scène à la tension palpable. Arletty qui se vante de toujours fuir ne peut pas fuir cette confrontation. Mais finalement, la gaieté et la gouaille du personnage l’emportent toujours dans un éclat de rire sonore ou un numéro musical de grande qualité.

Le spectacle est évidemment porté par Élodie Menant, parfaite dans tous les registres. Elle donne à son personnage une vérité éclatante et une profondeur qui perce à travers les barrières qu’elle s’est forgées. Le reste de la distribution étincelle par sa capacité à endosser les autres rôles. Marc Pistolesi incarne Prévert et Simon sans jamais verser dans la mauvaise imitation. Il évoque et cela fonctionne. Céline Esperin propose une Colette qui ne fait que passer dans le spectacle mais dont on se souvient. Sa présence seule suffit à lui donner corps. Cédric Revollon, quant à lui, un Marcel Carné tout en nervosité. Un artiste que rien ne séduit d’autre que ses propres idées.

Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?est de ces grands spectacles musicaux qui rendent hommage à notre patrimoine en offrant un divertissement à tous les niveaux. On rit, on est ému, on est tendus. Le succès est tel que, enchaînement des spectacles avignonnais oblige, le public a continué à applaudir en sortant du théâtre. Un immanquable du festival !

Un Article de Florian Vallaud

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s