Parvana, une enfance en Afghanistan.Résultat de recherche d'images pour "parvana"

Animation, drame – Canada, Luxembourg, Irlande

Réalisé par Nora Twomey

Avec la voix de Golshiftheh Farahni

Sortie en salle le 27 Juin 2018

Distribué par Le Pacte

En Afghanistan, Parvana et sa famille survivent difficilement à la brutalité du régime taliban. Son père, professeur, gagne péniblement sa vie en tant qu’écrivain public, tandis que sa mère, écrivaine, est maintenant cantonnée à la maison. Quand son père est envoyé en prison par le régime, Parvana perd soudainement le peu de liberté qu’elle avait et son univers s’écroule. Seule solution : se travestir en garçon pour subvenir aux besoins de la famille.

L’actualité récente a peut-être tendance à nous le faire oublier, mais il n’y a pas encore si longtemps, l’Afghanistan vivait sous le joug des extrémistes talibans. Nous n’allons pas nous appesantir sur des aspects de politique internationale et de religion. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment. Et il faut bien admettre que ce sont des domaines que nous maîtrisons mal. Néanmoins, de l’avis de tous (espérons-le), l’idéologie talibane, au même titre que le nazisme des années 30-40 ou celle de l’état islamique, fait partie des idéaux les plus noirs et les plus abjects de l’Histoire humaine, et qu’ils méritent d’être combattus de toutes nos forces.

Les films s’étant emparés du sujet sont nombreux, mais il était pourtant un genre (façon de parler) qui n’avait pas eu l’honneur de l’engagement contre ce fléau : l’animation. Certains diront que ce n’est pas forcément là où on l’attendrait, que ce genre de sujet s’adapterait mal à un jeune public. C’est vrai que l’animation est encore très connotée, pourtant ce n’est jamais qu’une manière de s’exprimer et de faire des films. Et quand il s’agit de sujet aussi grave, n’est-ce finalement pas une bénédiction que des films comme Parvanadénoncent ces horreurs au travers d’un média culturellement adressé aux plus jeunes ? Car c’est ce qu’est finalement Parvana : un manifeste sous forme de témoignage.

Adaptation du livre éponyme (The Breadwinner en VO, un titre encore plus explicite donc…) de Deborah Ellis, premier volet d’une série comptant 4 tomes, Parvana fait partie de ces films dont la force se ressent dans certains détails de sa production avant même de l’avoir vu. De son doublage, intégralement assuré par des comédiens afghans ou iraniens francophones, vivant en exil dans notre pays. D’une de ses productrices, Angelina Jolie, investie depuis des années dans la scolarisation des petites filles afghanes. De l’auteur même des livres, Déborah Ellis, dont les droits sont intégralement reversés à une association qui soutient l’éducation des jeunes filles afghanes (Woman for Woman in Afghanistan).

Dans sa proposition initiale, Parvana respire donc déjà l’engagement, et Nora Twomey (qui a déjà cosigné le savoureux Brendan et le secret de Kells et qui réalise ici son premier long-métrage solo) nous livre un film de haute volée, où l’émotion nous étreint sans jamais se faire tire-larmes dans cette Kaboul magnifique et désespérée. Le peuple afghan nous est dépeint au travers du regard d’une enfant dans toute sa complexité et sa diversité, avec en filigrane l’ombre écrasante de talibans prêts à marteler toute trace de culture, et parfois, dans le chaos, une lueur d’espoir qui point. Film traitant d’une vie quotidienne broyée, Parvana est également entrecoupé d’un conte initiatique sorti de l’imagination de l’adaptatrice Anita Doron, dont la portée universelle et à la symbolique propre au personnage de Parvana s’intègrent parfaitement au film et à son rythme. Entre quotidien insupportable et évasion indispensable, l’œuvre sonne avec une justesse remarquable.

Parvana, une enfance en Afghanistan est un rendez-vous culturel à ne pas manquer. Militant, fin et beau dans tous les sens du terme, il a également le mérite d’être accessible aux plus jeunes, pour qui la guerre en Afghanistan et le régime taliban relèvent presque de l’histoire ancienne. Une belle leçon de courage et un intense moment de réflexion pour tous.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

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