Fragments de femmesRésultat de recherche d'images pour "fragments de femmes"

Une pièce de Fabien Le Mouël

D’après son livre Brèves de femmes

Mise en scène par François Rimbau

Avec Alix Schmidt, Solène Gentric et

Cécile Théodore

Jusqu’au 25 Juin 2017

Le Lundi à 21H30 au Théâtre Contrescarpe (75)

Sur l’affiche, une femme à longue tresse nous montre son dos dénudé. L’image est courante. On a l’habitude d’en voir dans de nombreuses publicités ornant les murs du métro parisien. Mais un détail attire le regard. Sur ce dos apparemment immaculé apparaît une cicatrice, des points de suture. Toute la logique du spectacle est exprimée dans ces quelques points qui éraflent l’image parfaite. Fragments de femmesva aller au-delà du simple paraître, va scruter l’âme des femmes pour en rendre une image le plus réaliste possible. Durant un peu plus d’une heure, nous allons traverser les doutes et les blessures intimes de 25 femmes incarnées par 3 comédiennes.

Le texte de Fabien Le Mouël dépasse son statut de pièce de théâtre. On pense davantage à un oratorio, à une œuvre musicale savamment orchestrée. Les monologues s’enchaînent, écrits chacun à un rythme différent, offrant une variété de tons qui évite la monotonie. Mais c’est lorsque les scènes sont explosées en trois voix que l’écriture de l’auteur prend toute sa dimension musicale. Les personnages se répètent, se complètent, se chevauchent pour proposer un univers sonore qui enchante l’oreille et attire toute l’attention. Fabien Le Mouël aime son sujet et cela se sent. Il lui a donc conçu un bel écrin pour le développer au mieux.

La mise en scène de François Rimbau concourt à la compréhension du texte et au passage d’un personnage à l’autre. Pour ce faire, il utilise un artifice qu’on pense d’abord utilitaire avant de comprendre qu’il est avant tout symbolique : les chaussures. À chaque fin de monologue, les comédiennes enlèvent les chaussures qu’elles posent sur le devant de la scène. Elles enlèvent le costume qui définit leur personnage mais, parfois, il arrive qu’elles se déchaussent avant la fin de leur monologue. C’est au moment du texte où le vernis social s’effrite, où les femmes qu’elles incarnent quittent leurs faux semblants pour montrer leurs angoisses. Le seul regret que nous avons est une utilisation parfois invasive de la musique qui empêche certains instants forts en émotions de se développer. Il pourrait être intense de rester sur des personnages qui pleurent plutôt que de le souligner en musique.

La distribution finalise ce spectacle tout en beauté et en finesse. Le trio de comédiennes incarne chacune des femmes avec subtilité et précision. On rit (souvent), on s’émeut (beaucoup), on s’effraie : le spectacle est un ascenseur émotionnel. Alix Schmidt, Solène Gentric et Cécile Théodore sont trois femmes au look et à l’énergie différente. Cela leur permet de ne jamais se marcher sur les pieds et de développer des jeux différents qui se complètent merveilleusement.

Fragments de femmes est une pièce dont nous avions entendu beaucoup de bien depuis sa création, et toutes ces bonnes critiques se confirment. C’est l’alliance rare d’un bon texte, d’une mise en scène efficace et de comédiennes investies. Vous avez jusqu’au 25 Juin pour prendre vos billets et découvrir un éventail très large de ce qui fait la beauté et la force féminine. Incontournable !

Un article de Florian Vallaud

droits photo : Fabienne RAPPENEAU

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