Rampage – Hors de contrôle (2018) Résultat de recherche d'images pour "rampage"

Catastrophe, SF, action – (USA)

Réalisé par Brad Peyton

Avec Dwayne Johnson, Naomie Harris,

Jeffrey Dean Morgan…

Sortie en salle le 2 Mai 2018

Davis Okoye (Dwayne Johnson) est primatologue au sein de la réserve de San Diego, où il a noué un lien particulier avec George, un gorille albinos avec qui il communique par le langage des signes. Une nuit, des conteneurs remplis d’agents mutagènes tombés d’une station spatiale s’écrasent aux quatre coins des États-Unis. Les animaux qui y sont exposés grossissent inexorablement et manifestent une agressivité exacerbée. Il s’agit maintenant d’arrêter ces spécimens avant qu’ils ne réduisent Chicago en poussière.

Les adaptations de jeux-vidéo se succèdent. Après la très populaire licence Tomb Raider, qui a accouché d’un très recommandable reboot, c’est au tour du très vénérable Rampagede trouver le chemin des écrans, pour un résultat qu’on qualifiera pudiquement de beaucoup moins convaincant. Les plus chagrins utiliseront même des adjectifs autrement plus désobligeants, et franchement, on ne pourrait pas le leur reprocher.

Pour le petit rappel (nous ne sommes pas en présence d’un jalon essentiel de l’histoire du jeu-vidéo, il faut bien l’avouer), Rampage est un titre comme quasiment seule l’arcade des années 80 pouvait en engendrer. Dans la peau d’un monstre géant de type Godzilla (plusieurs avatars sont disponibles), le joueur est largué dans une ville avec pour mission de la détruire tout en esquivant les obus de l’armée venue en renfort. Et le seul but de tout cela, en dehors du plaisir jouissif de tout casser, n’est finalement que de faire exploser les compteurs de score. Toute une époque.

Quand il s’agit d’un film de ce type, on pourrait débattre longtemps quant à savoir s’il s’agit d’un bon film ou d’une bonne adaptation, si l’un engendre forcément l’autre, et inversement. Dans le cas de Rampage – Hors de contrôle, le débat ne ferait pas long feu tant il échoue en beauté sur les deux tableaux. Si les principaux protagonistes jurassiques répondent présents au casting, l’anthropomorphisme, tel un rocher dévalant une colline, file à fond de train, incontrôlable, provoquant par la même des situations où rechercher la moindre cohérence, même dans la forme, est une vaine mission. George est finalement moins un gorille qu’un pote sourd-muet de Davis, et leur duo n’a rien d’inoubliable. Tout comme le reste du film aussi, cela dit. Il faut bien avouer que l’ensemble manque du dynamisme et de cette (relative) impression de puissance qu’offrait le jeu. Quant aux effets spéciaux, loin d’être les plus aboutis à ce jour, ils peinent à relever des scènes d’action déjà vues et revues. On s’ennuie beaucoup, il faut bien l’admettre.

On s’interrogera également sur l’apparente fascination qu’exercent sur le réalisateur les amygdales de Dwayne Johnson, plus vociférant que jamais, et incarnant pour une énième fois un rôle de militaire reconverti. Quant à espérer en faire un personnage d’une haute intensité dramatique, c’est encore raté, ses monologues n’étant guère plus touchants que ceux de Jim Carrey dans Ace Ventura. Il n’est cependant pas le plus ridicule du lot, cette palme revenant (d’une courte tête hélas) au duo Wyden (Malin Akerman et Jake Lacy), caricature d’une fratrie de « méchants très méchants », accumulant à eux deux tous les vices qui font les méchants (Froideur, domination, absence totale de scrupules, lâcheté, vénalité, et j’en passe) sans qu’on leur donne la moindre chance d’apporter un peu de nuance à cette ridicule concentration de mal absolu. On peine franchement à s’attacher à ces personnages (ainsi qu’aux autres), voire même à simplement suivre leurs objectifs.

Trop approximatif pour être réellement sérieux, justement trop sérieux pour que ses tentatives d’autodérision ne tombent pas à plat, et vraiment trop poussif pour être vraiment divertissant, Rampage – Hors de contrôle accumule les tares. Et s’il arrive que le rire prenne le spectateur par surprise, c’est hélas un rire de mauvaise qualité qui l’agite, moqueur et gêné.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

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