Fiertés (2018Résultat de recherche d'images pour "fiertés série"

Une série de Philippe Faucon

Avec Samuel Theis, Stanislas Nordey,

Frédéric Pierrot, etc

Diffusé sur Arte le 03 Mai 2018

Une fiction télévisée française sur l’homosexualité est toujours attendue comme une petite révolution. Depuis les téléfilms fondateurs de Christian Faure diffusés en 2000 et 2005 sur France 2 (Juste une question d’amour et Un Amour à taire), les expériences furent rares mais marquantes. De plus en plus de personnages gays ont été intégrés aux séries phares des chaînes historiques. On pouvait penser que les artistes avaient fait leur office, qu’ils étaient parvenus à faire comprendre des choses à ceux qui n’étaient pétris que de clichés. Mais le débat d’une violence sans nom autour du Mariage Pour Tous cristallisait la triste vérité : il y a encore du travail. C’est dans cette période tendue qu’arrive la mini-série de Philippe Faucon.

En trois épisodes, le réalisateur du film césarisé Fatimase donne le défi de traverser trois années marquantes pour l’homosexualité dans la société française par l’histoire de Victor et Serge : la dépénalisation de 1981, le PACS de 1999 et enfin le Mariage Pour Tous de 2013.

L’originalité réside dans le traitement des événements. Philippe Faucon fait le pari de scruter l’intime. C’est par ces expériences personnelles qu’il démontre une réalité plus large. Si on n’échappe pas au sempiternel coming-out qui se passe mal, les deux autres épisodes traitent avec finesse de la question de l’adoption, du mariage et de comment vivent les enfants de couples homoparentaux.

Le réalisateur semble faire la chasse aux situations convenues et aux déversements émotionnels. Chaque scène est traitée avec une distance qui invite à réfléchir davantage qu’à ressentir. Mais cet engagement du scénario ne va pas sans un manque de naturel de certaines répliques qui font davantage discours philosophiques et politiques que ceux de personnages crédibles.

La direction d’acteur est à l’avenant. Les comédiens semblent perdus et manquer de direction. On a connu Frédéric Pierrot plus inspiré. Ici, chacune des colères de son personnage semblent être jouées sous Lexomil.  Seul Stanislas Nordey parvient, par moments, à tirer son épingle du jeu. Les autres récitent leur texte. S’il s’agit d’un choix artistique, il faudrait nous en expliquer la pertinence.

Fiertés n’est pas la série événement attendue malgré de belles qualités et un discours important. Ses sujets sont originaux mais le jeu d’acteur empêche l’ensemble de décoller de créer l’empathie nécessaire à la transmission de son message.

Un article de Florian Vallaud

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