Mon Lou (2018Résultat de recherche d'images pour "Mon lou lucernaire"

D’après Guillaume Apollinaire

Mise en scène : Christian Pageault

Avec Moana Ferré

Du Mardi au Samedi à 19H

Jusqu’au 23 Juin 2018

Au Lucernaire (75)

 

« Qu’en avez-vous pensé » me demande un couple de septuagénaires chancelants alors qu’on descendait les marches du Lucernaire. D’abord surpris par la question, et un peu sorti de ma bulle par leur surprenante façon de m’aborder, je fus d’emblée tenté de répondre : « vos parents ne vous ont pas dit de ne pas parler aux inconnus ? ». Puis, je vis immédiatement une occasion de sonder le public, le vrai. Celui qui vient au spectacle sans avoir à analyser. « C’était tout de même très inégal » ajouta alors la femme sans attendre ma réponse. Elle venait de mettre des mots sur ce qui m’a taraudé durant une heure de représentation. Il faudrait que je pense à lui proposer de rejoindre notre équipe.

Tout au long des soixante-dix minutes de spectacle, mon esprit ne cessait de divaguer malgré mes nombreuses tentatives de me reconnecter à ce qui se jouait. Mais pourquoi ? Les lettres d’amour de Guillaume Apollinaire à son amante et muse, Lou, sont pourtant une source formidable de poésie. Les mots sont savoureux et gagnent à être lus à haute voix. Le spectateur se retrouve dans une position délectable de voyeur tant certains mots, certaines images, étaient écrits pour n’être caressés des yeux que par leur destinataire. Moana Ferré donne sa belle voix à ces phrases impudiques. Elle transmet sans mal son plaisir évident de la langue d’Apollinaire.

Alors d’où vient le problème ? Pourquoi cette spectatrice a trouvé le tout inégal ? C’est que la pièce ne dépasse jamais le stade d’une simple lecture de lettres. La mise en scène est quasi inexistante. Et quand il y a des idées, elles sont simplistes.  Des feuilles de papier figurant le caractère épistolaire du texte, des coulures de peinture noire qui rappellent l’encre qui coule en même temps que le sang (Apollinaire écrit ses lettres alors qu’il est sur le front de la première guerre). Ce ne sont que des images littérales, jamais symboliques. Alors que le texte aurait fait une bonne lecture, Christian Pageault semble avoir peiné à trouver des idées pour le mettre en scène. Seulement, l’énergie et le talent de sa comédienne ne suffisent pas à empêcher l’ennui de gagner les spectateurs par un manque de renouvellement dans les images qu’il propose.

Mon Lou est une bonne idée théâtrale qui pèche par une mise en scène fainéante. On aurait aimé plus de folie, plus de passion. Reste la belle prestation de sa comédienne qui transmet son plaisir des mots et nous donne envie de nous plonger dans ces textes le plus vite possible.

Un article de Florian Vallaud

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