Claudel (2018)Résultat de recherche d'images pour "claudel athénée"

Un spectacle écrit et mis-en-scène

par Wendy Beckett

Chorégraphie : Meryl Tankard

avec Célia Catalifo, Marie-France Alvarez,

Marie Brugière, Swan Demarsan,

Sébastien Dumont, Audrey Evalaum,

Clovis Fouin, Christine Gagnepain,

Mathilde Rance

Jusqu’au 24 Mars au Théâtre de l’Athénée

Camille Claudel fait parti de ces personnages historiques que tout le monde pense connaître, mais dont le nom est suivi d’un grand silence quand on demande plus d’explications sur son existence ou son art. Elle fait parti de la mémoire collective. On retient vaguement une idée d’internement psychiatrique sans en savoir les raisons. Certains l’identifient même à une résistante qu’elle n’a jamais été. Bref, beaucoup d’idées reçues que le film avec Isabelle Adjani n’ont visiblement pas réussi à balayer. Le spectacle de Wendy Beckett se pose comme une bonne occasion de nous dresser un portrait de l’artiste. Un portait bouillonnant, poétique et abouti.

Inscrite aux Beaux-Arts, la jeune Camille Claudel veut devenir une grande sculptrice malgré les réticences de sa mère. Elle y fait la connaissance du célèbre Auguste Rodin dont elle devient l’assistante et amante. Sa vie va alors basculer.

Le plateau est paré de draps aux couleurs d’argile, rappelant en quelques touches un atelier d’artistes en plein travail. Le reste de la mise-en-scène est au diapason. Les tenues tachées des artistes contrastent avec les toilettes impeccables de la mère et du frère, Paul, comme un symbole de l’opposition entre l’art et la bourgeoisie qui rejette notre protagoniste. Le geste esthétique est poussé à son paroxysme, maquillant les danseurs.

Wendy Beckett semble avoir une préoccupation principale : la compréhension immédiate de ce qu’elle raconte. Elle livre alors un spectacle fluide au rythme constant. Les scènes s’enchaînent et il n’y a jamais de sensation de remplissage. À l’instar d’un scénario cinématographique, tout est utile et sert à la narration. Les personnages sont d’emblée identifiables et attirent l’empathie. Le jeu précis et puissant des comédiens, Célia Catalifo en tête, servent à merveille un texte aussi didactique que divertissant.

Mais ce qui emporte l’adhésion plus que tout, c’est la force poétique de la pièce. Les sublimes chorégraphies de Meryl Tankard mettent en mouvement les œuvres de Claudel, faisant alors éclater leur sens et leur beauté. Deux danseuses et un danseur effectuent des mouvements d’une précision et d’une beauté qui terrassent le spectateur, le laissant ébloui sur son fauteuil.

Claudel de Wendy Beckett est une lettre d’amour à l’artiste et à son œuvre. Elle retrace le parcours d’une femme géniale brisée par son entourage. Le traitement de la folie de Camille restera comme un morceau de bravoure scénique et de jeu de Célia Catalifo. Vous avez jusqu’au 24 Mars pour voir ce beau spectacle dans le magnifique écrin de la petite salle du Théâtre de l’Athénée. À ne surtout pas rater.

Un article de Florian Vallaud

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