Les Affamés.Résultat de recherche d'images pour "les affamés"

Horreur – Québec

Réalisé par Robin Aubert

Avec Marc-André Grondin, Monia Chokri, Charlotte St-Martin

Disponible le 2 Mars 2018 en VOD (Netflix)

Dans la campagne québecoise, Bonin et Vézina chassent un gibier bien particulier : leurs anciens congénères devenus des zombies féroces dévorant tout ce qui passe à leur portée. Voilà des années que le monde est envahi, et les rares survivants voient revenir sur ces terres jadis désertées ces créatures terrifiantes. Il est temps de fuir la horde pour gagner des cieux plus cléments.

Où en serait le film d’horreur sans la figure quasi totémique (et protéiforme) du zombie ? Sans doute devrait-on l’amputer d’une bonne part de sa production. Si le vampire, le loup-garou et autres créatures (de Frankenstein ou non) sont tombées plus ou moins en désuétude, le zombie s’est toujours porté aussi bien que sa santé précaire le lui permettait. Comme tous ses amis les monstres, il a connu des périodes fastes, comme récemment, avec les succès de Walking Dead ou (dans une moindre mesure) du navrant World War Z, et n’a finalement jamais vraiment été oublié par le public et les réalisateurs. Preuve en est qu’il est rare qu’un festival dédié à l’horreur ne compte pas au moins un film de zombie dans sa programmation. Gérardmer 2018 ne fait d’ailleurs pas exception.

Cette année, c’est au canadien Robin Aubert de le faire revenir sur le devant de la scène dans un film bucolique et ne manquant pas d’idées, mais qui laisse un arrière-goût d’inachevé. Nous le disions plus haut, le zombie revêt plusieurs formes, du cadavre réanimé sorti de sa tombe (La Nuit des morts-vivants) au contaminé vociférant barbouillé de sang (28 Jours plus tard), en passant par les infectés par les champignons (The Last girl) ou même transformés en répondant à leur smartphone (Cell Phone). Autant dire que peu d’idées n’ont pas été exploitées.

Les affamés d’Aubert appartiennent plutôt à la seconde catégorie, avec cependant quelques variations qui apportent une tension bienvenue. Dans ce monde, les affamés sont braillards, volontiers stratèges et bâtisseurs à leurs heures perdues. Et c’est là que le bât blesse car ces deux idées sont clairement sous-exploitées. Plus gênant encore, les structures érigées semblent n’avoir aucune utilité concrète ni symbolisme particulier. Elles sont juste là, montant inexorablement à mesure que le film progresse, servant occasionnellement de prétexte à quelques scènes (plutôt réussies au demeurant).

Loin d’être désagréable, cette virée dans l’arrière-pays québecois où règnent forêts profondes, clairières de fougères et petit matin brumeux est plutôt convaincante malgré des personnages plutôt plats. Ce qui lui permet de vraiment sortir son épingle du jeu, c’est sans nul doute sa capacité à nous arracher des rires aux moments les plus tragiques. Entre deux pertes humaines et courses poursuites, les blagues foireuses de Bonin (Marc-André Grondin) par exemple apportent au film une détente à laquelle on ne s’attend pas sans pour autant le dénaturer.

Les Affamés est sans doute mieux mis en scène qu’une large majorité de productions. Il est en outre soutenu par une photographie soignée et un casting bien choisi. Néanmoins on regrette que les idées originales mise en avant n’apportent finalement pas grand-chose à l’ensemble qui reste assez creux. Une petite balade dans la forêt canadienne, ça vous tente ?

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

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