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D’après « Chien blanc » de Romain Gary

Par la Compagnie des Anges au Plafond

Du 30 Janvier au 11 Février 2018

au Théâtre Le Mouffetard (75)

et du 15 au 21 Mars 2018

Au festival MARTO de Malakoff (92)

Deux ans après avoir abordé l’œuvre de Romain Gary avec R.A.G.E., la Compagnie des Anges au Plafond continue son parcours avec un autre de ses textes : Chien blanc. Par cette auto-fiction, l’auteur des Promesses de l’aube aborde la violence de l’Amérique de Martin Luther King. Les Anges au Plafond en font un spectacle poétiquement violent et violemment poétique.

Romain Gary et Jean Seberg vivent à Los Angeles. La lutte pour les droits des noirs américains bat son plein et la marche de Selma n’est pas loin. Mais l’auteur s’en moque, il ne veut plus s’engager. Il s’est trop battu. C’est le moment que choisit un chien errant pour élire domicile chez eux. D’abord adorable, il va vite devenir menaçant envers un dépanneur noir. Le danger couve.

Les Anges au Plafond travaillent autour de la marionnette et du papier. Plié, déplié puis déchiré, le papier prend plusieurs formes au cours de la pièce. Il représente les pages du roman de Gary, sert d’écran de projection d’ombres ou d’images d’archives : il crée le lien entre les différents chapitres de l’histoire. Il devient même une frontière que les artistes massacrent pour se libérer de son emprise. Le papier, c’est la société qui enferme. Cette matière donne également une épaisseur aux marionnettes qui existent au delà de leur manipulateur. La compagnie joue d’ailleurs sur différents niveaux de narration.

Brice Berthoud incarne plusieurs marionnettes, Romain Gary en tête. Ce personnage est divisé en deux : il y a Gary le narrateur que Berthoud fait vivre par son seul corps, et Gary le personnage de l’histoire représenté par une marionnette. Les quatre acteurs de ce thriller social brisent volontiers le quatrième mur pour étendre la tension de l’intrigue à la salle. Dans cette histoire, l’angoisse monte au fur à mesure que montent les tensions sociales qui l’entoure. La batterie omniprésente de Arnaud Biscay souligne à merveille cette urgence des événements, ce danger qui plane. Les scènes de folie du chien deviennent alors des moments angoissants où la menace est bel et bien palpable.

La force du spectacle des Anges au Plafond est de nous faire ressentir le texte génial de Romain Gary dans toute sa force poétique et militante. En transposant la société américaine de l’époque dans un chien dressé pour attaquer les noirs, il parvient à restituer l’ambiance oppressante qu’a pu être cette période. La compagnie nous transmet cette violence et une certaine poésie qui en découle. Le spectacle a différentes portes d’entrées, et chacune d’elles se révèle intéressante. Il vous faudra alors faire votre propre parcours sensoriel et intellectuel avec White Dog. Indéniablement un spectacle intelligent et artistiquement abouti.

Un article de Florian Vallaud

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