Le SouperRésultat de recherche d'images pour "le souper brisville"

Une pièce de Jean-Claude Brisville

interprété et mise en scène par

Daniel et William Mesguich

Du Mardi au Samedi à 21h

Le Dimanche à 15h

Jusqu’au 4 Mars 2018

Au Théâtre de Poche-Montparnasse (75)

Décidément, le Théâtre de Poche-Montparnasse démarre l’année 2018 en offrant à son public des spectacles d’une qualité rare. Après l’intense Histoire du soldat dont nous vous parlions il y a quelques jours ( https://culturotopia.com/2018/01/06/histoire-du-soldat/ ), c’est au tour de Daniel et William Mesguich de faire leur rentrée. Les deux artistes continuent leur exploration de l’œuvre de Jean-Claude Brisville, après L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune, avec l’autre pièce phare de l’auteur : Le Souper.

Une nuit de 1815, Talleyrand reçoit à dîner le sénateur Fouché. Le gouvernement est à l’abandon suite à la défaite de Waterloo. Deux solutions se présentent : rétablir la république, prônée par Fouché, ou la monarchie de Louis XVIII, soutenue par Talleyrand. Le souper va alors se transformer en duel où chaque coup va porter. Les estocades s’enchaînent malgré la menace du peuple prêt à envahir la maison.

Le Poche-Montparnasse est un écrin idéal à cette joute verbale entre deux personnages charismatiques. Le public, en relation étroite avec les comédiens, peut sentir chaque nuance dans le jeu, chaque moment de tension. Et il y en a ! L’alchimie entre les Mesguich est palpable. Ils sont sur deux modes de jeu différents mais complémentaires. William incarne un Fouché nerveux, volontaire et prompt à l’emportement avec un jeu tonique et profond. Au contraire, Daniel dessine un Talleyrand tout en « force tranquille », alternant entre saillies vicieuses et répliques feutrées. Ils se délectent d’un texte à la fois drôle, fin et didactique. On apprend à connaître les personnages et leur contexte en s’amusant.

La mise-en-scène est au diapason de la subtilité de la pièce. Des tableaux sont posés dans des malles, figurant l’urgence de l’instant. Talleyrand est dans une situation où il doit s’attendre à un départ précipité. Un échiquier auquel touche régulièrement Fouché tout au long de la pièce montre les avancées du débat et les victoires de chacun. Un éclairage à la bougie apporte une ambiance intimiste. Les décisions qui concernent l’État sont prises dans une salle à manger, à l’écart des principaux concernés.

Le Souper est une pièce délicieuse à la modernité impressionnante. Les considérations politiques qui sont au cœur du texte trouvent toujours résonance à notre époque. Les Mesguich irradient le texte de leur talent toujours surprenant. On a beau les avoir vus sur scène régulièrement, ils parviennent toujours à offrir une nouvelle palette à leur public. La qualité, l’exigence et l’ouverture à tous les publics sont une belle démonstration de ce que pourrait être la démocratisation culturelle. Nous attendons avec une impatience non dissimulée de retourner au Poche-Montparnasse pour être à nouveau séduits par leurs fabuleux choix de programmation.

Un article de Florian Vallaud

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