Une Femme extraordinaireAffiche-une-femme-extraordinaire.format-web.jpg

Une pièce écrite et mise en scène

par Arthur Vernon

Avec Daniel Hederich et Anna Stern

Du Mardi au Samedi à 21h30

Jusqu’au 27 Janvier 2018

A la Folie Théâtre ( Paris 11)

Déconseillé aux moins de 18 ans

Arthur Vernon est un artiste atypique. A travers ses livres, films et pièces, il traverse la sexualité de ses contemporains. Il la questionne et présente ses analyses dans des œuvres qui ne laissent jamais indifférent. On se souvient des remous médiatiques provoqués par l’interdiction d’une affiche d’un de ses spectacles par la RATP. Il revient avec une nouvelle création étonnante et provocante malgré quelques problèmes de mise en scène et d’écriture qui l’empêchent de briller totalement.

Lila et Renaud vivent une relation passionnée et torride. Elle est une mannequin réputée, il est un jeune réalisateur de pubs. Leur mariage est prévu à Las Vegas. Mais Lila enchaîne les bizarreries et les comportements louches. Est-elle vraiment celle qu’elle prétend ?

La pièce se présente comme un polar érotique. Dans la tête du spectateur, les références fusent. Body Double de Brian De Palma pour l’image de la femme qui obsède, Basic Instinct pour la relation torride et dangereuse. Lila est une femme forte, manipulatrice. Une perverse narcissique qui modèle son univers à sa guise. Elle domine et dirige Renaud par la sexualité. Elle le lie à elle et ressert son étreinte métaphoriquement comme physiquement par l’usage de cordes. La pièce accumule les rebondissements et utilise la construction en trois actes des scenarii de cinéma. La pression va crescendo. Si la surprise n’est pas toujours au rendez-vous, le tout est bien mené. On peut juste déplorer un monologue trop long et trop descriptif à la fin de l’acte 2 qui fait le point sur des choses que le public aurait pu comprendre par lui-même.

L’héritage cinématographique se retrouve dans la mise en scène de l’auteur. Sa gestion de l’espace, les éclairages et l’utilisation de vidéos incrustées au décor sont pleinement tirés du grand écran. Si Arthur Vernon gère très bien l’aspect « sulfureux » de sa pièce, en montrant suffisamment pour être évocateur sans être pornographique, il ne met pas en avant le potentiel artistique de son sujet. La scénographie est littérale et sans grande inventivité. Elle ne fait jamais appel à des symboles et tout est montré. Le spectacle aurait pu gagner en intensité avec davantage de folie créative.

C’est d’autant plus dommage qu’Arthur Vernon a deux Rolls Royce en guise de comédiens : Daniel Hederich et Anna Stern. L’osmose entre les deux est manifeste et ils portent le texte avec une fluidité exemplaire. Dès leur première apparition, leur personnage prend corps et devient clair aux yeux du public. Leurs talents prennent toute leur dimension dans une scène où ils doivent jouer des personnages différents. Ils passent de Lila et Renaud aux autres avec aisance et changent du tout au tout.

Une femme extraordinaire est un moment théâtral qui sort des sentiers battus avec un sujet vénéneux. Son histoire est classique mais efficace, et portée par des comédiens qui illuminent la scène. La crédibilité de leur relation fait beaucoup du charme de la pièce. La mise en scène est réglée au millimètre même si elle aurait mérité d’être plus inventive. Il n’empêche qu’il est rare de voir un spectacle aborder frontalement des femmes libres de leur vie sexuelle et dominantes.

Un article de Florian Vallaud

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