Peter Pan – Méfiez-vous des enfants tristes

D’après James Matthew Barrie

Par la Compagnie de L’Eau Qui Dort

Jusqu’au 18 Décembre 2017

Chaque Lundi à 19h30

Au Théâtre Clavel (75)

Si tout auteur rêve d’immortalité pour ses créations, James Matthew Barrie pouvait-il ne serait-ce qu’imaginer le mythe qu’il créait avec l’histoire de Peter Pan ? Plus d’un siècle après sa création sur la scène londonienne, l’aura de « l’enfant qui ne voulait pas grandir » n’a pas perdu de son éclat. On ne compte plus le nombre faramineux d’adaptations cinématographiques, théâtrales ou autre. La plus fameuse reste bien sûr celle de Walt Disney mettant en avant l’aspect aventurier et égoïste de Peter : un enfant, quoi ! C’est une toute autre vision que nous propose la Compagnie de L’Eau Qui Dort.

L’histoire reste sensiblement la même à quelques détails près. Wendy une fille unique. Ses parents ne s’en occupe pas vraiment sauf pour lui administrer de force son médicament. Une nuit, elle va trouver dans sa chambre un jeune garçon à la recherche de son ombre fugitive : Peter Pan. Il va l’emmener avec lui au Pays du Jamais afin qu’elle devienne la mère des enfants perdus : Plume, Grabouille et Mirliton. Wendy va découvrir un monde où l’enfant est roi et les adultes sont de terribles pirates, le capitaine Crochet et son second Mr Mouche.

La jeune Compagnie de l’Eau qui Dort s’empare de cette histoire et propose une rêverie à ses spectateurs, entre onirisme et légèreté. Si nous restons sceptique sur certains points, c’est globalement une belle version. En effet, le choix de faire du méchant Crochet un personnage pleinement grotesque l’empêche de prendre de l’épaisseur. Il n’est ni menaçant ni touchant dans son monologue final. C’est davantage un problème de choix de registre qu’un problème de comédien. L’adaptation fait également l’impasse sur des moments importants de l’intrigue, empêchant par là même toute empathie et émotion. La thématique des enfants tristes n’est que survolée et aurait mérité d’être davantage mis en avant.

Malgré ces quelques défauts, la scénographie du spectacle est habile et dévoile de beaux moments de poésie. De l’apparition des sirènes à l’évocation du crocodile, le spectacle compense son manque de moyens par des idées bien trouvées. Il réveille en chacun de nous la capacité d’imagination de l’enfance. De plus, les comédiens sont fougueux et investis. Leur énergie et leur justesse emportent notre adhésion.

Peter Pan – Méfiez-vous des enfants tristes est un spectacle inégal mais rafraîchissant. Il annonce un bel avenir pour cette compagnie et de grands talents qui ne demandent qu’à se déployer. A l’approche des fêtes de Noël, il apparaît comme un bon moment à passer en famille.

Un article de Florian Vallaud

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