Shutter – Tome 1 : Errance. Résultat de recherche d'images pour "shutter tome 1 glenat"

Bande dessinée

Joe Keatinge (Scénario), Leila Del Duca (Dessin),

Owen Gieni (Couleur)

Sortie en octobre 2017

chez Glénat

Descendante d’une prestigieuse famille d’explorateurs, Kate Kristopher s’est rangée des aventures depuis la disparition de son père voilà 10 ans. Ayant perdu l’envie de partir à l’aventure, elle mène aujourd’hui une vie tranquille en vendant ses récits de globe-trotteuse. Alors qu’elle se résigne à l’ennui, un secret de famille resurgit et son passé pourrait bien la rattraper.

Il y a certaines règles qui se vérifient dans l’écriture, que ce soit d’un film, d’un roman ou d’une bande-dessinée (ou de quoi que ce soit d’autre). L’une d’entre elles, c’est certainement de se méfier de la surenchère. On l’a encore vu récemment avec la saga Resident Evil par Paul W. Anderson. À trop vouloir en rajouter, on s’expose à l’incohérence et au ridicule. Il arrive cependant que certains auteurs parviennent à éviter ces écueils. L’un des spécialistes du genre est sans doute Ken Akamatsu qui, avec des œuvres comme Love Hina ou plus encore avec Négima, a démontré qu’il était possible de mélanger magie, technologie et SF (ainsi qu’un nombre indéterminé d’autres choses) en un fascinant tohu-bohu cohérent. Avec Shutter, Joe Keatinge nous dépeint une société plurielle où cohabitent humains, robots, animaux anthropomorphes et quantité d’autres créatures dont on peine à deviner l’origine, le tout sur fond d’exploration spatiale et de ruines maudites. Certes, à la lumière d’un premier tome, il est difficile de juger de la cohérence du tout mais on ne pourra que tomber sous le charme de cette utopie, d’autant que les traits de Leila Del Duca et les couleurs de Owen Gieni la servent avec vigueur et personnalité.

Mais que seraient toutes ces qualités sans un scénario digne de ce nom ? Là encore, à la lumière d’un premier tome, difficile de juger sur la longueur. Cependant, partant d’une histoire apparemment banale (la révélation soudaine d’un secret de famille), Joe Keatinge nous entraîne dans une intrigue à tiroirs pleine de personnages nuancés, de relations tendres et houleuses, où rien ni personne n’est tout blanc ou tout noir. Une intrigue comme on les aime en somme, mariant action, émotion et humour. L’accumulation qui pourrait paraître pathologique n’est finalement qu’une manière de lancer des pistes, et à aucun moment le lecteur ne se sent perdu dans ce monde étrange et pourtant familier où s’emmêlent des codes que nous connaissons tous. Mafia, gangsters et informateurs croisent sans s’entrechoquer des majordomes au passé trouble et autres nounous disposant de bien d’autres qualifications qu’un CAP Petite enfance. Tous ces détails concourent à nous rassurer quant à l’avenir de cette nouvelle publication qui saura sans doute nous surprendre au delà de son premier tome.

Haletant et pantois, c’est ainsi qu’on accueille le cliffhanger achevant la première partie des aventures de Kate Kristopher. Et c’est avec une impatience coupable qu’on attend la suite. Quand Boulet déclarait « Entre intimisme et dinosaures, il faut choisir », avec Shutter, Keatinge et Del Duca ont fait un choix : « Mettons les deux ». Et pour le moment, c’est sacré bon choix.

Un article de GBP

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