Astérix et la transitalique (2017)

une bd de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

Paru le 19 Octobre 2017

Aux éditions Albert René

La période est à la célébration des aventures de notre gaulois préféré. Alors que nous honorons les 40 ans de la mort de son génial créateur, René Goscinny, par de nombreux biais (documentaires, livres, expo), c’est le timing qu’ont choisi les éditions Albert René pour sortir une nouvelle aventure. Depuis la retraite méritée d’Albert Uderzo, ce sont Jean-Yves Ferri (scénario) et Didier Conrad (dessin) qui ont repris les rênes de la licence Astérix. Si leurs deux premiers albums étaient sympathiques bien qu’un peu légers, il fallait transformer l’essai pour celui-ci. Et c’est peu dire qu’on en est loin.

Afin de prouver à César que l’état des routes romaines n’est pas aussi calamiteux qu’il le croit, un sénateur organise une grande course de chars à travers l’Italie ouverte à tous les peuples de l’empire. La seule contrainte est que le gagnant soit le romain Coronavirus. C’était sans compter sur la participation des deux héros gaulois poussés par la prédiction faite à Obélix que son avenir est dans les courses de chars.

Le résumé peut faire penser au premier abord à une version italienne du Tour de Gaule. Dans la mesure où les différentes contrées de ce pays n’avaient jamais été explorées dans les albums, cela semblait être une bonne idée. Mais les auteurs passent à côté de leur concept à la vitesse d’un char lancé à toute allure. L’histoire n’est alors qu’une longue course effrénée évoquant davantage Les Fous du volant que l’univers où elle prend place. Les personnages ne prennent pas de pause et c’est éreintant pour le lecteur qui n’a pas de réels rebondissements auxquels se raccrocher. D’autre part, l’antagoniste de l’histoire n’a aucune épaisseur à la différence de l’astuce utilisée pour marquer son statut de méchant : son nom. Coronavirus et son coéquipier Bacillius évoquent des maladies et c’est tout. Le lecteur est pris pour un enfant en bas age.

Les lacunes du scénario auraient pu être compensées par des gags et des jeux de mots de haute volée, mais il n’en est rien. La finesse qui faisait le sel des albums précédents a totalement disparu au profit de blagues dignes de Carambar et de gags visuels tellement prévisibles qu’ils en perdent toute drôlerie. Le trait de Didier Conrad respecte toujours le style d’Uderzo mais donne l’impression d’avoir été fait à la va-vite. On pourrait comprendre que certains détails des dessins disparaissent au profit du mouvement quand il s’agit de croquer la course, mais il ne s’arrête pas là. César a un visage qui diffère au fur et à mesure des cases si bien que, sans sa tenue caractéristique, il serait difficile de le reconnaître. Cette impression de dessins bâclés se prolonge jusqu’à Astérix et Obélix qui font parfois penser à des fan art d’enfants de 10 ans. C’est plutôt gênant quand on est sensé donner une seconde vie à une licence.

Disons le simplement, Astérix et la transitalique n’est pas un bon album. Il est raté à tous les niveaux et sa lecture en devient pénible à l’instar des plus mauvais scénarisés par Uderzo en son temps. Il n’y a qu’un concept, mais pas d’histoire. Les gags sont faciles et mal amenés et les dessins sont bâclés. On a l’impression d’un album conçu dans la précipitation sans réelle préparation préalable. Espérons que ce ne sera qu’un cas isolé car on connaît les talents de Ferri et Conrad.

Un article de Florian Vallaud

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