Cyrano 1897 Résultat de recherche d'images pour "cyrano 1897"

Une adaptation de François Lis

Mise en scène par Stéphanie Wurtz

Par la Cie Ornithorynque

avec Julia Régule, Martin Verschaeve

et François Lis

Depuis la panthéonisation d’Alexis Michalik aux derniers Molière, la mode semble être à Edmond Rostand. De toutes parts on entend parler de son chef d’œuvre Cyrano de Bergerac et la célèbre tirade du nez est redevenue un incontournable des citations théâtrales. Mais avant la version de Michalik, la compagnie Ornithorynque offrait déjà une tribune à Rostand au festival d’Avignon 2012. C’est une version remaniée qu’ils ont présenté pour la première fois le samedi 14 Octobre 2017 à la Comédie des Boulevards. On y était, et on en est ressorti enthousiasmé.

La veille de la première de la pièce sur laquelle Rostand ( Martin Verschaeve) pose tout ses espoirs, sa femme (Julia Régule) et lui reçoivent quelques amis pour leur présenter le spectacle. Avec l’aide de Coquelin ( François Lis) qui incarnera Cyrano, ils traversent les actes.

Le procédé est d’une simplicité rigoureusement efficace. Il propose au spectateur de découvrir la pièce de façon ludique car nous n’assistons ni plus ni moins qu’à Cyrano de Bergerac réduit pour 3 comédiens. Les rôles sont multiples, se partagent voire s’échangent. Des éléments de costumes et des gimmick de jeu donnent corps au personnage si bien qu’on le reconnaît peu importe le comédien qui l’incarne. C’est techniquement très compliqué d’avoir une telle continuité et une cohérence de jeu entre trois personnes si dissemblables. Pourtant, aucun ne démérite.

Julia Régule est aussi à l’aise dans son rôle de Rosemonde que de Roxane ou de Christian. Quand elle incarne celui-ci, on en vient à oublier que c’est une femme pour laisser place à un jeune amoureux. Martin Verschaeve incarne un Edmond Rostand plus vrai que nature et possède une présence scénique impressionnante. Il captive le regard et rappelle physiquement sous certains profils la stature de Michel Vuillermoz. Quand à François Lis, il déploie un répertoire de jeu qui va du burlesque quand il incarne un gascon à une sublime tristesse dans le rôle de Cyrano. Le monologue final reste un crève-cœur total.

La grande force du spectacle est d’ailleurs de constamment mettre en lumière le texte. La scénographie est réduite à son strict minimum et seul un jeu de lumière marque la différence entre l’histoire de Cyrano et celle d’Edmond Rostand. On se concentre sur la beauté des vers et l’histoire déchirante du héros au long nez.

Cyrano 1897 est cohérent à chaque instant entre son fond et sa forme. Le spectacle ne prétend pas réinventer les façons de raconter Cyrano mais juste faire entendre ce qui rend cette pièce formidable. Porté par 3 acteurs qui maîtrisent leur art, c’est une heure et quart délicieuse et qu’on espère revoir bien vite sur les scènes parisiennes. En attendant, on guette la nouvelle création de la compagnie prévue pour Janvier au Théâtre Essaïon qui évoquera Jack l’éventreur. On en frémit d’avance !

Un article de Florian Vallaud

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