Frappe-toi le coeur (2017)

Un roman de Amélie Nothomb

Paru le 23 Août 2017

Chez Albin Michel

Chez les journalistes, il y a ce qu’on appelle les « marronniers » : des infos qu’on ressort chaque année à la même période pour combler de l’espace. La rentrée des classes, les installations des décorations de Noël, etc. Pour les critiques littéraire, il y a certains auteurs. Invariablement, on retrouve un nouvel ouvrage signé de leur main sur les étals des libraires. Ils sont bien mis en avant, arborant une photo de l’auteur dont les clients connaissent le visage. On ne vend pas un livre, on écoule son auteur. Amélie Nothomb en fait partie. N’allons pas jusqu’à la mettre sur le même plan que Marc Levy et Guillaume Musso ! Elle a écrit de très bons livres. Mais la notoriété faisant, l’image a primé sur la qualité. On parlait davantage d’elle dans les médias pour dire qu’elle portait des chapeaux incroyables ou mangeait des fruits pourris que pour parler de son œuvre. De fait, elle est foisonnante : un roman par an depuis 1992. On peut comprendre qu’à ce rythme, elle n’ait pas le temps de ne faire que des chefs d’œuvre. Son dernier roman paru chez Albin Michel ne fait pas exception. Frappe-toi le cœur est non seulement faible mais fait preuve d’essoufflement de la part de l’auteur. Ne serait-il pas tant de prendre un peu de vacances ?

Marie est de celles qui aiment séduire les garçons. Elle veut que les hommes la désirent et que les femmes l’envient. Mais elle tombe enceinte d’un magnifique bébé : Diane. En elle va naître la jalousie pour sa fille dont elle ne va pas s’occuper. Diane grandit et se trouve une mère de substitution dans une prof d’université. Mais ne rejoue-t-elle pas le schéma familial ?

Vous ne rêvez pas, Amélie Nothomb nous sert ce coup-ci le Baby blues et le désamour d’une mère pour sa fille. Ce pourrait être un point de départ assez classique mais qui fournirait une base pour aller plus loin. L’auteur en a visiblement décidé autrement puisque le roman ne décolle jamais et reste irrémédiablement ancré à son postulat. Une fois qu’on a compris les mécanismes de fonctionnement de ces deux personnages, l’histoire s’embourbe dans un développement redondant de la même idée : la relation mère-fille et la jalousie . L’ennui prend le dessus et on espère, en vain, être surpris. L’écriture, d’habitude si vive et rafraîchissante, devient ici d’une banalité affligeante.

Nous ne pouvons pas épiloguer davantage sur ce roman tant il est vide de sens et d’intérêt. Il a, au moins, l’avantage d’être court. Frappe-toi le cœur sent le travail bâclé et ne procure que peu de plaisir au lecteur. Il s’agit de notre première grosse déception de cette rentrée littéraire 2017.

Un article de Florian Vallaud

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s