Ayant initié l’an dernier un engouement (apparemment sous-estimé) avec la réédition de sa NES en mode « Mini », Nintendo a récidivé ce 29 septembre en s’attaquant à un autre de ses best-seller, héritière de la première et reine incontestée de l’ère 16 bits, la Super NES.

Tous ceux qui ont convoité la NES Classic mini l’an dernier s’en souviennent : l’avoir sous son sapin de Noël relevait de la gageure. À moins d’avoir anticipé la pénurie en pré-commandant votre exemplaire des mois à l’avance ou d’hypothéquer votre chien pour vous la procurer auprès de revendeurs à des prix parfois totalement délirants, il était quasiment impossible d’en trouver un exemplaire. Nintendo et son marketing auraient visiblement tiré les leçons de leur passif et promis à leur Super NES Classic mini un avenir moins chaotique que la précédente génération (à l’heure où nous écrivons ces lignes, elle est encore disponible à des prix raisonnables). Mais à présent que surprise et pénurie, les deux cavaliers de l’Apocalypse commerciale, ont apparemment cessé de nous tourmenter, cette nouvelle itération vaut-elle qu’on se précipite dessus ? Question légitime qui en appelle d’autres.

Après tout, Nintendo arrive sur un champ de bataille déjà bien encombré. Les jeux rétros sont tendances. Les émulateurs Open Source sont fiables et monnaie courante. Il est possible de trouver pour une dizaine d’euros des pads fidèles aux originaux et de très bonne facture. Les plus bricoleurs peuvent même se procurer un Raspberry Pi et, moyennant quelques bidouilles assez simples, se confectionner une véritable console rétro. Disons le simplement, si votre unique objectif est de vous frotter aux vieilles gloires du jeu-vidéo, cette Super NES format étui à cigares n’est pas pour vous. Avec seulement 21 jeux disponibles, elle est certes représentative de son époque, mais aussi plutôt chiche, surtout quand on sait que ces ROMs ne pèsent que quelques Méga-octets et que les prix de la mémoire n’ont jamais été aussi bas.

Tout ça n’enlève rien aux qualités intrinsèques de cette petite console, d’autant que Nintendo a appris sa leçon en corrigeant certaines fautes rédhibitoires de sa NES Classic mini, à commencer par un rallongement des câbles des manettes (à présent au nombre de 2, ce qui n’est pas de trop vu le nombre de jeux multijoueurs). À n’en pas douter cependant, des constructeurs tiers sortiront bientôt (si ce n’est déjà fait) des pads sans fils pour les moins satisfaits. On pourra juste regretter qu’à nouveau, la fonction Reset soit intégrée à la console, empêchant de changer de jeu à la volée tout en restant dans son canapé et l’impossibilité de rajouter des ROMs. Au delà de ça, l’émulation made in Nintendo est toujours d’aussi bonne qualité (mais n’est-ce pas le minimum de la part du fabricant original de ces jeux…) et les filtres d’ambiance font leur retour, toujours aussi ludiques. Par souci de design, les ports manettes sont dissimulés derrière un cache du plus bel effet permettant à cette Super NES de garder l’allure de sa grande sœur. Mais cela suffit-il pour autant à en faire un indispensable ?

Si le service marketing de Nintendo est parfois difficile à suivre, il semble que sa stratégie pour sa gamme Classic soit peu ou prou celle initiée avec les amiibo, à savoir faire bourgeonner de petites parties de son univers et l’étendre au delà des consoles. La Super NES Classic mini s’adresse surtout aux fans de Nintendo, voire plus particulièrement à ceux qui n’aurait pas connu les glorieuses années de la Super NES originale. Ou peut-être aux inconditionnels de Fox McCloud, qui découvriront StarFox 2, projet avorté en son temps et édité pour la première fois par Nintendo.

Telle la Californie en 1848, le rétro-gaming est devenu le nouvel El-Dorado du jeu-vidéo, et en tant que plus ancien constructeur encore en activité, Nintendo est assis sur une véritable mine d’or. Poursuivant l’exploitation tranquille de son filon, la firme kyotoïte nous livre une Super NES Classic mini de très bonne facture, quoiqu’un peu fainéante. En attendant le prochain coup de pioche de la division Classic, espérons qu’elle ait pris le temps de bien étayer sa galerie. Il serait dommage de finir enseveli alors que les pépites du succès semblent littéralement vous sauter dans les mains.

Un article de GBP

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