It. Horreur – USA (2017)

Réalisé par Andy Muschietti

Sortie en salles le 20 Septembre 2017

Derry (Maine), 1989. Depuis un an, les disparitions d’enfants se multiplient dans une indifférence quasi-générale, une situation initiée par la disparition du petit Georgie dans un égout un jour de tempête. Son frère, Bill, n’a jamais abandonné l’espoir de le retrouver. Avec ses amis, une bande de losers magnifiques, il entreprend une expédition dans les égouts de la ville et découvre l’affreuse vérité : Les entrailles putréfiées de Derry sont le royaume de Ça, prédateur métamorphe qui s’éveille tous les 27 ans et exploite la peur pour harceler et chasser ses proies de prédilection : les enfants.

Monument du genre horrifique qu’il a longtemps tenu à bout de bras sur son seul nom, Stephen King a maintes fois été adapté à l’écran. Son terrifiant Shining a même eu le droit aux honneurs à deux reprises, et il était étonnant que Ça, autre morceau de choix de sa bibliographie, n’ait pas eu droit au même traitement. Tout comme le cycle de terreur de Pennywise, il aura fallu 27 ans pour voir revenir le clown certainement le plus terrifiant jamais imaginé. Pour succéder à Tim Curry, déjà bien flippant sous le fard de l’inquiétant auguste, Bill Skarsgård, 27 ans (décidément), habitué des plateaux depuis l’âge de 10 ans. Et il est indéniable que la relève est assurée. Alors que Curry campait un clown éclatant, comme à peine sorti de sa roulotte et prêt à entrer en scène, le nouveau Pennywise revêt des atours plus crédibles, avec son maquillage grisâtre qui souligne son sourire goguenard et sa tenue crasseuse qui reflète sa nature plus souterraine. Saisissant toutes les facettes de son personnage, Skarsgård souffle le chaud et le froid avec un certain brio, d’abord malicieux, volontiers farceur, puis inquiétant et pervers la seconde d’après. L’essence de Pennywise est là. Son esprit plane sur Derry et sa présence est prégnante d’un bout à l’autre du film. Tout comme l’est celle du sous-texte de King (certes largement amputé), car il ne faut pas négliger que la Derry de l’écrivain est un trou à rats dont Ça n’est finalement que le plus gros monstre. Coincés entre un monde d’adultes sclérosés, abusifs et pervers, et les brutes qui les persécutent, les Losers menés par Bill ont déjà de bonnes raisons d’avoir peur, et Ça ne fait finalement qu’exploiter ces peurs, déjà omniprésentes dans leurs esprits juvéniles.

It n’usurpe pas son titre de film d’horreur le plus attendu de l’année, même si, il faut bien l’admettre, 2017 aura finalement été plutôt décevante pour l’horreur, après le très oubliable I wish et le retour inutile de la poupée démoniaque Annabelle, rien que pour cet été. Pourtant, Pennywise et ses farces macabres n’inventent rien. Il utilise même des procédés que la plupart des amateurs reconnaîtront, mais dont on ne pourra pas nier la maîtrise, ni l’impeccable mise en scène. On sursaute finalement peu, mais ce n’est pas là le but du film. Dès la première apparition de Pennywise, It instille l’angoisse, et la tension ne fera qu’aller crescendo durant 1h30, avec une régularité qui semble avoir été calibrée au laser. Une fois son maximum atteint, la pression n’est finalement relâchée qu’à la seconde où Ça retourne dans les profondeurs des égouts et qu’on regagne la surface, encore hébétés d’avoir échappé au pire. Chaque apparition du clown sadique ou de ses manipulations est un grand moment, entre ses postures statiques inquiétantes et ses fulgurances saccadées que n’auraient pas renié les Anges Pleureurs de Doctor Who, le malaise gagne même le moins coulrophobe des spectateurs.

It mérite amplement l’engouement qu’il a déclenché outre-Atlantique lors de sa première semaine d’exploitation (et il en sera certainement de même dans nos contrées européennes). Sorte de Goonies trash et déviant, il surfe allègrement sur la vague 80’s qui déferle ces derniers temps, mais il le fait avec un style insolent et suscite une admiration méritée. À moins de sentir l’impérieux besoin de quitter la ville à chaque fois que Pinder vient y planter son chapiteau, il serait dommage de ne pas descendre dans les bas-fonds en compagnie de Pennywise et de tous flotter avec lui…

Un article de GBP

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s