Les Proies (1971)

Un Film de Don Siegel

Avec Clint Eastwood, Geraldine Page, etc

Sorti le 29 Janvier 1971

Disponible en DVD et Blu Ray chez Universal

 

Si on vous parle de Clint Eastwood, vous penserez à l’acteur et au réalisateur de génie qui nous émerveille à chaque fois avec un sens de la narration néo-classique. Des titres vous viendront comme Gran Torino, Sur la Route de Madison ou ses films avec Sergio Leone où il incarnait un Blondin haut en couleur. Allons maintenant au tout début des années 70, juste à la sortie de sa période Western où il va rencontrer un réalisateur qui va le sortir de cette image de mystérieux héros. Don Siegel a plus d’une vingtaine de films à son actif en 1968, quand il propose à Clint Eastwood d’incarner Un Shérif à New York où se profile la silhouette de l’inspecteur Harry qui suivra l’acteur pendant de longues années. Mais pour déconstruire le mythe du cow-boy, il leur aura suffit d’un film : Les Proies. Alors que le remake de Sofia Coppola sortira en salles ce 23 Août 2017, il nous semblait intéressant de faire un petit arrêt sur le film original.

Durant la guerre de Sécession, le caporal McBurney, nordiste, est retrouvé blessé dans une forêt du sud par une fillette de 13 ans. Elle lui « sauvera la vie » en le traînant jusqu’à la pension de jeunes filles où elle réside, tenue par Martha Fanrswoth (Géraldine Page). Alors que le plan initial était de le livrer aux confédérés, Mrs Fanrsworth change subitement d’avis et décide de le garder avec ses pensionnaires. Les masques vont alors tomber un à un pour révéler le vrai visage de chaque personne dans la maison.

Tout ici est affaire de masques, de faux semblants et de pouvoir de domination. Dès l’instant où le caporal entre dans la maison va s’instaurer un jeu du chat et de la souris. Les personnages disent des choses mais en pensent d’autres qu’on entend en voix off. Ils ont une version de leur histoire qui est confirmée ou, le plus souvent, infirmée par une vision en surimpression de la réalité des faits. Nul n’est aussi bien intentionné qu’il le prétend, et Clint Eastwood casse son image publique en interprétant un personnage antipathique et dont l’issue est imprévisible. Don Siegel joue avec les révélations qu’il donne au compte-goutte au spectateur et crée une tension renforcée par le huis-clos qu’impose la situation. Il utilise la lumière qu’offre les lampes à huile et les bougies pour former des ombres mouvantes sur le visage de ses comédiens. Tout est symbolisme et ce thriller psychologique est aussi un film artistiquement recherché.

Le désir et la sexualité inhérents à son sujet sont l’objet d’un traitement négatif. Il y est question d’inceste, de viol, de relations avec de très jeunes filles. Ces personnages sont rongés par le vice jusque dans leur intimité profonde. Tout ceci est contrebalancé par une interprétation « rassurante » et bien sous tous rapports des comédiens. Chacun tient la tension du film à bout de bras.

Nous n’avons pu tracer ici que les très grandes lignes de ce qu’est le film de Don Siegel. Il faudrait une analyse plus approfondie et plus longue pour en cerner tous les enjeux. Mais nous avons de quoi aborder le film de Sofia Coppola et voir ce qu’il a nous offrir de plus, ou de différent. Résultat dans les salles dès le 23 Août 2017.

1 commentaire »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s