BIGFOOT JUNIOR

Film d’animation – Belgique (2017)

Réalisé par Ben Stassen et Jérémie Degruson

Sortie en salles le 16 août 2017

Adolescent des plus banals, Adam a perdu son père alors qu’il était bébé. Sa mère lui a toujours dit qu’il était mort. Quand, au terme d’une journée difficile, il découvre que son père vit terré au fond de la forêt, Adam se met en tête de le retrouver. Ce qu’il ignore, c’est que son père n’a pas disparu par plaisir, qu’il est en fait un Bigfoot et qu’il se cache d’un laboratoire convoitant ses extraordinaires facultés capillaires.

Depuis quelques temps, les films d’animation décrivent une étrange trajectoire. Alors que les adaptations de BD ont le vent en poupe (Snoopy et les Peanuts, Les Schtroumpfs et le village perdu), les créations originales poussent parfois le curseur du délire à des altitudes stratosphériques (et ce n’est pas le prochain Capitaine Superslip de Dreamworks qui nous détrompera) avec des réussites très contrastées. Avec son histoire de Bigfoot et de son fils hybride poursuivis par le département R&D d’un fabricant de perruques, on aurait pu s’attendre à un divertissement au mieux léger. Pourtant, après un inégal Manoir Magique (à l’univers sympathiquement loufoque cependant) et un Robinson Crusoë médiocre et sans surprise, les réalisateurs Stassen et Degruson signent un film plus subtil et réjouissant qu’il pourrait paraître au premier abord.

Certes, son scénario ne ménage que peu de suspense, avec ses méchants très méchants et ses stéréotypes d’animaux (L’ours ronchon au cœur d’or, l’écureuil survolté emprunté à La Véritable histoire du Petit Chaperon Rouge…). On aurait peut-être apprécié des personnages un peu plus marqués, capables de donner un véritable caractère au film, et ce, même s’ils nous offrent chacun de très bons moments. Car en choisissant d’aborder des thèmes plus « matures » (La famille, l’absence ou le sacrifice) au lieu d’aligner simplement gags et tendresse comme dans leurs précédents travaux, on aurait pu s’attendre à un film un peu plus ambitieux. Il en reste malgré tout très compréhensible pour son public de destination, et on a connu largement plus simpliste. L’ensemble s’offre par ailleurs un habillage de haute volée. Sans surprise, nous sommes loin des standards imposés par des Pixar ou des Dreamworks, mais l’objectif n’est pas de les concurrencer, juste de s’offrir une identité, opération somme toute réussie. Bigfoot Junior et ses courses en forêt à vitesse grand V sont servis par une animation toujours fluide et dynamique.

Parti pour n’être qu’un outsider estival destiné à ramasser les miettes laissées par Cars 3, Bigfoot Junior se révèle une très saine alternative à ceux (nombreux) qui auraient déjà craqué pour les bolides de Pixar ou souhaitant simplement découvrir d’autres horizons. Alors qu’ils auraient pu se contenter de suivre le chemin de leurs précédentes productions, Stassen et Degruson ont choisi de sortir un peu de leur zone confort. Un bel effort qui mérite l’attention.

Un artcile de GBP

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