Atomic Blonde

Espionnage, Action – USA (2017)

Réalisé par David Leitch

Sortie en salles le 16 août 2017

1989, quelques jours avant la chute du Mur. Lorraine Broughton, l’un des meilleurs éléments du MI6, est envoyée à Berlin à la recherche d’une mystérieuse liste d’agents dérobée à l’un de ses collègues éliminé. À peine débarquée, sa couverture est grillée, Lorraine doit alors se débattre dans cette ville sclérosée d’espions aux multiples visages et prête à exploser sous la pression populaire.

Indémodable. C’est certainement le qualificatif qui colle le mieux aux années 80, et elles n’ont certainement jamais eu autant la cote que depuis les années 2010. Le punk est peut-être mort, mais le rock 80’s est toujours bien vivace. Une sorte de nostalgie plane sur notre époque, et le cinéma n’a jamais été plus friand de remakes des classiques de cette décennie charnière. Atomic Blonde illustre à merveille cette nostalgie en reprenant à son compte toute une iconographie 80’s (Musique, voitures, esthétique) qu’il nous balance en pleine gueule après l’avoir recouvert d’un vernis typiquement 2010 (scènes d’action esthétisées, personnages ambigus sur tous les plans). Mais est-il pour autant le blockbuster annoncé ?

Autant le dire, Atomic Blonde laissera sans doute une part de son public en plan. Malgré un ton définitivement orienté action, son scénario réunissant espions anglais, US, russes et français met du temps à se mettre en place, d’où une première heure assez plan-plan, entre investigations et prises de contacts entrecoupés de scènes d’action un peu molles, mais réjouissantes et très bien réalisées. Le schéma est des plus simples : Lorraine se rend à un endroit. Lorraine casse la gueule d’espions russes/policiers allemands. Lorraine rentre à l’hôtel. On a connu construction plus inspirée, mais force est de reconnaître que l’ensemble tient mieux la route qu’une Trabant.

Au delà de son rythme, son scénario aussi partagera. Certains y verront son côté plutôt bien mené, avec ses espions bien personnfiés et à la loyauté ambivalente. Point de noir ni de blanc, juste du gris. D’autres ne s’en laisseront pas compter par le mystérieux « Satchel », le redoutable agent double (triple, quadruple ?) que tous cherchent à démasquer. Ils n’y verront sans doute qu’une histoire cousue de fil blanc, où les intérêts transparents des grosses huiles se télescopent avec les aspirations d’une population assoiffée de liberté et de paix. Chacun se fera son idée, mais difficile de remettre en cause une construction qui sait malgré tout ménager le suspense.

S’il est aussi clivant qu’a pu l’être le Mur de Berlin, il est notamment un point sur lequel Atomic Blonde saura mettre tout le monde d’accord : son ambiance berlinale 80’s indéniablement réussie. Entre tubes rock-pop emblématiques, punks à crêtes et communistes menaçants, l’agent Broughton et ses rivaux évoluent dans cette Berlin coupée en deux, cafés feutrés et boîtes de nuit clandestines sur une rive du Mur, grisaille et esthétique dépressive « made by Communism » de l’autre. Le soin esthétique apporté à ce film imparfait par Leitch et ses équipes participe indéniablement à son charme vintage.

Charme dont ne manque pas la fameuse « Atomic Blonde », et encore moins son interprète, Charlize Theron, qui irradie littéralement dans ce rôle d’espionne glaciale et badass. Le plus gros bémol qu’on puisse émettre, c’est sans doute l’interprétation un peu légère faite de l’expression « femme fatale », qui consiste apparemment, outre la distribution réglementaire de corrections aux gros bras, à surtout apparaître dans les toilettes les plus aguichantes et se retrouver dans les situations les plus sexy. Une attitude un peu facile, même si on ne peut pas lui retirer qu’elle reste cohérente.

Atomic Blonde ne manque pas de qualités, de son esthétique remarquable à son scénario solide, en passant par la coolitude de son héroïne. Des qualités qui font les grands blockbusters, c’est vrai, mais insuffisantes pour compenser complètement son ouverture un peu poussive. Plus film d’espionnage que pur film d’action, il n’en reste pas moins un excellent divertissement estival. Une très bonne excuse pour faire le mur.

Un article de GBP

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