La Planète des Singes : Suprématie (2017)Résultat de recherche d'images

Un film de Matt Reeves

Avec Andy Serkis, Woody Harrelson

Sortie le 2 Août 2017

Si pour beaucoup le nom de César évoque l’inarrêtable conquérant des Gaules, il a une toute autre signification pour les cinéphiles. Il est synonyme de leader et de rébellion. Il est le Spartacus des singes. Davantage qu’un personnage bien campé depuis 2 films par Andy Serkis, César est un symbole. Il traverse les deux premiers films de la nouvelle saga La Planète des Singes comme un messie simiesque. Le premier film voyait sa naissance, le second son avènement en tant que guide. Il était tout naturel que son voyage initiatique prenne fin dans un troisième film qui sort ce 2 Août 2017 sur les écrans français.

A la suite de son affrontement avec Koba, César s’est retranché dans les bois avec ses congénères. L’affrontement avec les humains est loin d’être terminé et l’assaut d’un Colonel (Woody Harrelson) se finit dans le sang. La femme et le fils aîné de César y laissent la vie. Il décide de prendre les armes pour se venger.

De ce postulat de départ lorgnant vers le western, le réalisateur Matt Reeves tire une aventure crépusculaire aux thèmes nombreux et denses. Soulignons d’abord que le titre en version française (comme originale) est trompeur. Il n’y a ni suprématie, ni guerre. Ou si elle a lieu, ce n’est pas entre les singes et les humains. Il y est surtout question des humains et de leur capacité à s’autodétruire. Comme dans les précédents volets, le film nous place du point de vue des singes qui sont témoins de la folie des Hommes. Les soldats ne sont jamais magnifiés et même le plus souvent présentés comme des bêtes assoiffées de sang. Le paroxysme est atteint avec une scène où les militaires se défoulent sur les singes au son de l’hymne américain. C’est pour le moins étonnant dans un blockbuster estival. On avait pas vu cela depuis Verheoven et son Starship Trooper. Le film file aussi la métaphore christique en faisant de César le nouveau messie. Les singes sont un peuple opprimé qu’il faut conduire en Terre promise. Il va devoir faire sacrifice de sa personne au profit des autres. Les images rappelant la passion du Christ sont nombreuses et évidentes. Elles ajoutent à la mythification du personnage.

Techniquement, le film est encore une fois sublime. La modélisation des visages donne une humanité aux singes qui nous les rend plus réels. La photographie du film est encore plus sombre que le précédent, accentuant le désespoir d’un monde qui meurt. Les décors sont de plus en plus dévastés voire désert. D’autre part, le scénario offre une gamme d’émotions variées bien dosées qui nous portent tout au loin des 2h20. C’est beau, drôle, agité, poétique.

La Planète des singes : Suprématie est la conclusion qu’on était en droit d’attendre d’une saga qui a toujours mêlé habilement action et réflexion. On ne peut qu’espérer avoir plus souvent le droit à des blockbusters intelligents qui questionnent notre monde et le met en perspective tout en divertissant.

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