Baywatch : Alerte à Malibu (2017)

Un film de Seth Gordon

Avec Dwayne Johnson, Zach Efron, etc

Genre : Comédie ?

Sortie le 21 Juin 2017

Adapter une série télévisée au cinéma est une opération aussi potentiellement lucrative que risquée. On capitalise sur un succès du petit écran, en espérant que son aura traînera les spectateurs dans les salles. Encore faut-il pouvoir leur donner ce qu’ils viennent chercher. La chaîne de production artistique (scénaristes, producteurs, réalisateur) doit veiller à donner les éléments constitutifs de la série, ce qui fait son identité, et les rendre plus grands. Les expériences dans ce domaine sont nombreuses et on navigue du meilleur (La Famille Addams) au pire (Chapeau melon et bottes de cuir). Baywatch : Alerte à Malibu est dans cette deuxième catégorie. Nous oserons même affirmer qu’elle en repousse les limites d’une manière qui force l’admiration.

Mitch Buchannon (Dwayne Johnson) dirige une équipe d’élite de sauveteurs en mer à Emerald Bay, Californie. Afin de redorer le blason du groupe, et d’apporter un peu de sang neuf, Buchannon recrute 3 nouveaux éléments dont Matt Brody, ancien champion de natation connu pour avoir vomi dans la piscine lors d’une épreuve. C’est alors qu’un trafic de drogue va faire son apparition aux abords de la plage, poussant Mitch à enquêter.

Si le scénario vous semble particulièrement idiot, c’est qu’il l’est. Le scénariste de 4 ans de Monster Cars continue vraisemblablement sa carrière. En ceci, l’adaptation est très fidèle à son matériau d’origine qui abusait de grosses ficelles pour justifier le fait de filmer des femmes en maillot de bain. La série n’a jamais eu d’autres prétentions. L’intrigue policière n’était qu’un prétexte. Il aurait été de bon ton d’adopter un style parodique pour cette version cinématographique. Tout aurait dû être traité au second degré, à l’instar du génial 21 Jump Street qui rendait hommage à la série tout en s’en moquant gentiment. Ici, le scénario est définitivement pris au premier degré et sa bêtise n’en devient que plus navrante. Ce ne sont pas les tentatives d’humour qui vont alléger le tout. Le film réussit même l’exploit de redéfinir ce qu’est la gêne du spectateur face à une comédie sans humour. Le vulgaire règne en maître et les acteurs gesticulent pour tenter de nous convaincre que ce qu’ils font est drôle. Le réalisateur semble tellement peu concerné par ce qu’il fait que la bande-son n’est même pas cohérente avec ce qu’il se passe à l’écran. Il a probablement bazardé au montage une de ses playlist d’Ipod, se disant que la musique des années 80 est revenue à la mode au cinéma.

« L’interprétation » des comédiens ne fait qu’accélérer un naufrage déjà bien entamé. Tels les pirates dans Astérix, ils sabordent le navire avec une énergie étonnante. Dwayne Johnson et Zach Efron n’ont jamais aussi mal joué. Par moments, on a l’impression qu’ils ne sont pas dans le même film. Le reste du casting est tout simplement transparent. Les filles brillent par leur plastique et c’est à peu près tout. Les cameos attendus sont présents mais très mal vendus. Ils sont expédiés comme des figures obligatoires dont personne n’aurait envie.

Il n’y a rien à sauver dans ce film d’été qui n’arrive même pas à être divertissant. Personne ne l’attendait et personne ne le retiendra. Les seuls regrets seront d’avoir perdu deux heures de son temps devant un film qui ne démarre réellement qu’au bout d’une heure vingt. Baywatch n’est pas rafraîchissant, c’est une douche froide !

Un article de Florian Vallaud

 

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