Alien Covenant, Science-Fiction USA (2017)

Réalisé par Ridley Scott

Sortie en salle le 10 Mai 2017

Vaisseau parti terraformer une planète perdue au fin-fond de la galaxie, le Covenant dévie de sa route initiale lorsque son équipage découvre une planète aux allures de paradis. Mais ce monde, apparemment parfait en tout point pour établir une colonie, recèle une part d’ombre terrifiante. Reste maintenant à s’échapper de cet enfer.

Avec Covenant, Ridley Scott marque le retour de la franchise Alien au cinéma, après l’intrigant Prometheus, qui posait bien plus de questions qu’il n’apportait de réponses au sujet de l’origine du xénomorphe, ou de quoique ce soit d’autre. À ressasser la question sur le pourquoi et le comment des origines de l’humanité, on se retrouve fatalement avec plus de questions que de réponses, et bien malin celui qui saurait y répondre sans s’attirer les foudres d’une part du public. Il était donc évident que Prometheus resterait un film sans réelle fin. Pour Alien Covenant, exit donc des questionnements sur les ingénieurs, ainsi que leurs raisons de faire naître puis d’avoir voulu détruire l’humanité. Le seul et unique but est d’expliquer la création du xénomorphe et d’amorcer une jonction avec Alien premier du nom (but à terme de ce revival de franchise). Sur ce point, Ridley Scott réussit son pari, sans trop de mal. Après tout, l’épisode fondateur n’apportait que peu de réponses aux origines de l’Alien, et ses suites encore moins. Même si de nombreuses questions restent encore en suspend entre la fin de Covenant et Alien, cet opus apporte suffisamment de réponses pour satisfaire l’appétit des fans tout en ouvrant suffisamment de voies pour les faire saliver jusqu’au prochain. Force est de constater que Covenant remplit mieux son office de film que Prometheus, dont le seul but était justement d’introduire sa suite. En revanche, les fans de la première heure, ceux qui s’attendaient à un retour dans l’horreur des fondations en seront pour leurs frais.

Mais peut-on encore faire peur avec Alien de nos jours finalement ? Une fois comprise la mécanique de l’œuf contenant un facehugger prêt à vous sauter au visage, que quiconque en a reçu l’étreinte finit invariablement par se faire exploser la poitrine et que le xénomorphe affectionne particulièrement les gaines d’aération et les coins sombres, il devient difficile de surprendre le spectateur. Et alors qu’il tente vainement de recréer l’ambiance claustrophobique du Nostromo dans un Covenant dramatiquement moins labyrinthique ou en multipliant un gore finalement plutôt sage, il est évident que Ridley Scott se fourvoie. Covenant n’est clairement pas l’héritier de Alien. Tout juste peut-on faire un parallèle avec sa suite, Aliens de James Cameron, avec ses colons en danger, mais en gommant toute trace d’une dimension émotionnelle qui ne soit pas circonstanciée. Dans Covenant, les nombreux couples formés par l’équipage, bien que parfaitement justifiés par le scénario, ne sont là que pour être éclatés. Le problème tient surtout au fait que chaque décès est traité de manière tellement superficielle qu’il ne nous transmet finalement aucune émotion. L’équipage est là pour être sacrifié. Il est vain de vouloir s’y attacher, car il n’est là que pour servir l’histoire et combler les blancs dans la mythologie Alien. Covenant souffre clairement des défauts de notre époque, celui notamment d’exiger des artistes qu’ils révèlent jusqu’au dernier secret de leur art, défaut d’autant plus agaçant que la majorité de cette poignée de fanboys, qui exigent tout à grands cris, finit par critiquer ce tout parce qu’il ne correspond pas à ses attentes.

Alien Covenant a les défauts de ses qualités. S’il clôt le chapitre Prometheus, il n’en est pas moins expéditif et brouillon. Comme pour les desseins des ingénieurs, on pourra rester perplexe devant certains partis-pris du réalisateur, qui se débat pour faire rentrer dans 2 heures de film autant de questions sur la relation créateur-créature (son domaine de prédilection), le développement de multiples personnages (mais dont aucun ne saurait approcher la puissance et la complexité d’une Helen Ripley) et leurs relations, la création du xénomorphe (la plus grosse partie du film) et son utilisation pour rendre hommage au premier opus de la franchise (ce qui est fort peu convaincant). Difficile, même pour un excellent réalisateur. Restent finalement les apparences. Un xénomorphe que n’aurait pas renié son designer original (le regretté H.R. Giger), des décors splendides et l’ambiance crépusculaire introduite par Prometheus. Un peu juste pour en faire un grand film.

Un article de GBP

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