Get out, Thriller USA (2017)

Réalisé par Jordan Peele

Sortie en salle le 03 Mai 2017

Chris et Rose filent le parfait amour depuis plusieurs mois, bien assez longtemps pour que la jeune femme organise une première rencontre avec ses parents, couple de médecins blancs, bourgeois et aisés. Un projet qu’appréhende Chris, jeune noir issu de milieu modeste, malgré les propos rassurants de Rose. Comme prévu cependant, l’accueil est chaleureux. Peut-être un peu trop chaleureux d’ailleurs. Et à mesure que les incidents se multiplient, il devient urgent de découvrir les secrets de cette famille trop blanche pour être honnête.

Get out regroupe deux caractéristiques qui me font généralement fuir les salles de cinéma. En premier lieu, son succès surprise au box-office américain entretient le buzz autour de lui et en a fait un film particulièrement attendu sous nos latitudes. En second lieu, il est souvent présenté comme un film d’horreur (populaire donc), le genre cinématographique à même d’attirer dans les salles un public parfois difficile (ou pour ceux que les euphémismes rebutent, des hystériques déchaînés). Par acquis de conscience, et de certaines circonstances impliquant l’autre rédacteur officiant sur Culturotopia, la tâche m’était échue de visionner seul le film de Jordan Peele et de le chroniquer. C’est sans à priori, mais sans enthousiasme particulier non plus, que j’ai eu l’occasion de le voir, mais c’est totalement convaincu que j’en suis sorti.

Car pour son premier film, Jordan Peele signe un thriller qui n’a pas à rougir devant les ténors du genre, tant par sa distribution que sa direction, en tout point maîtrisées. Daniel Kaluuya et Allison Williams campent à merveille ce couple noyé par les mœurs bizarres de leurs hôtes, Kaluuya particulièrement, avec son personnage rongé d’abord par la gêne d’être soudainement plongé en « zone blanche », puis par l’anxiété à mesure que les événements basculent dans l’étrange. Les seconds rôles ne sont par ailleurs pas en reste avec, dans la peau des intrigants parents Armitage, Bradley Whitford et surtout Catherine Keener, qui soutient avec rigueur son rôle d’inquiétante psychiatre toute en retenue. Get out nous cerne de personnages tous plus malaisants les uns que les autres.

Il est difficile de prendre Get out en défaut tant chaque détail avancé par son réalisateur se révèle avoir son intérêt dans le déroulement de son œuvre. Là où l’histoire familiale de Chris Washington aurait pu n’être qu’un moyen d’offrir un peu d’épaisseur à un personnage dont on sait finalement peu de choses, elle révèle en fait avoir une réelle utilité jusque dans les dernières minutes. Tout juste peut-on opposer que l’étrange moyen dont usent les Armitage pour atteindre leur but pourrait être qualifié de farfelu. Et même là, Peele peut se permettre de botter en touche. Expliquer n’est que prétexte. Comme le clou planté dans le mur, elle ne sert qu’à soutenir le tableau que nous dépeint le réalisateur, à savoir comprendre précisément les raisons de ce malaise permanent provoqué par les Armitage et leurs amis, et l’horreur qui émane de leurs projets. Néanmoins, l’horreur du film s’arrête à ce qu’il dénonce (le racisme, est-il encore besoin de le préciser ?), avec un certain brio, il faut bien le reconnaître, même si on pourra peut-être lui reprocher un manque de portée. Difficile cependant d’expliquer l’intérêt du postulat de Peele sans déflorer son intrigue, même si on peut dire sans prendre de risque que nous somme loin des racistes les plus évidents (Oubliez donc les fantômes blancs à chapeaux pointus et autres croix brûlées).

Get out est un thriller qui sait instaurer et maintenir une ambiance dérangeante, qu’il contrebalance avec un humour surfant sur les stéréotypes racistes, certes pas toujours en finesse. On ne peut que saluer l’immense travail accompli par Jordan Peele pour brouiller les pistes, qu’elles brillent par leur absence, ou qu’on nous les assènent à force d’humour et d’évidence au point que même les plus ridicules et les plus simplistes paraissent plausibles. De bout en bout, Get out distille un suspense parfaitement maîtrisé par son réalisateur-scénariste, et bien malin (ou chanceux) celui qui saura deviner qui du chasseur ou de la proie parviendra à s’en tirer.

Un article de GBP

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s