Baby Boss, Film d’animation USA (2017)

Réalisé par Tom McGrath

Sortie en salle le 29 Mars 2017

Pour Tim, 7 ans, la vie est belle. Il est le centre de l’univers de ses parents qui lui dispensent tout leur amour à profusion. Enfin, ça, c’était avant. Un matin, fraîchement débarqué d’un taxi, un bébé arborant costume-cravate et attaché-case et présenté comme son nouveau petit-frère s’immisce dans cet univers parfait, bien décidé à supplanter son aîné. Mais s’approprier l’amour des parents n’est que la première étape d’un plan bien plus ambitieux.

Il est parfois étonnant de constater comme le marketing est capable de gâcher certains films, par une campagne trop appuyée ou, dans le cas de Baby Boss, par des bandes-annonce qui en déballent beaucoup trop. Était-il réellement nécessaire de révéler le cœur de l’intrigue avant même que le spectateur ne s’asseye dans la salle, au lieu de laisser planer le (petit) suspense. À plus forte raison quand le film lui-même joue sa première partie sur l’ambiguïté de la présence de ce bébé peu commun sous le toit de Tim.

En effet, le film commence en nous contant le joyeux dynamitage de cette vie de famille parfaite par ce bébé retors qui prend littéralement le contrôle de la maisonnée par ces incessants caprices, le titre du film et l’allure dudit bébé devenant une savoureuse, quoique convenue, allégorie de la parentalité. Ajouter à cela une touche de rivalité fraternelle quand Tim tente d’ouvrir les yeux de sa famille sur le côté incongru du nouvel arrivant, et on obtenait tous les ingrédients nécessaires pour poser les bases d’un film facile, et de sa bande-annonce.

Pourquoi fallait-il bazarder la petite subtilité de scénario de Baby Boss ? En effet, comme on peut le voir partout, le Baby Boss n’a pas choisi sa famille d’accueil par hasard. Son but ultime est de torpiller le concurrent de son entreprise (la Baby Corp, ça ne s’invente pas) sur le marché de l’amour, la ToutouCo et ses chiens (donc) de plus en plus mignons. Évidemment, l’allégorie se prend soudain un coup dans l’aile. Si Baby Boss se balade avec costume et attaché-case, ce n’est plus pour figurer son emprise sur la vie de famille, mais plus prosaïquement parce qu’il n’est que l’employé d’une firme en mission d’espionnage industriel.

Dommage que la transition entre ces deux parties aient été gâchée par un marketing qui n’a apparemment pas compris la portée de ses actes, car même si Baby Boss ne manque pas d’arguments à faire valoir pour les grands (quelques bonnes tranches d’humour d’entreprise) et pour les petits (la distorsion de réalité entre la vision des parents des jeux d’enfants et les séquences épiques que les têtes blondes fantasment), l’ensemble un peu mou et le doublage français sans relief auraient sans doute gagné à être rehaussé par une pointe de suspense. Et s’il pousse le curseur de l’humour corporate plus loin encore qu’un Cigogne et Cie, les gags peinent à en atteindre la drôlerie. Il semble presque que le film ne tienne vraiment que par son concept de bébé costumé, et que les gags ne soient guère plus que des accessoires, au même titre que sa montre dorée, son costume ou son attaché-case. Ne reste alors qu’un film certes plaisant, mais un peu poussif.

Un article de GBP

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