Il n’y pas que Sony et sa PS4 Pro sur la première page de l’actualité du hardware en ce
mois de novembre, il y a aussi Nintendo et sa NES. Enfin, Nintendo et sa NES Classic Mini, réédition au format pocket de sa première console de salon, la célèbre Family Computer (ou Famicom) au Japon, Nintendo Entertainement System (ou NES) pour le reste du monde.

Nintendo au sommet

Quand elle sort en 1983, la Famicom arrive sur un marché sur le point de s’effondrer. Par chance, cette crise sera moindre au Japon, Nintendo est forte de licences populaires (Donkey Kong en tête, succès arcade d’alors adapté sur la quasi-totalité des consoles de salon de l’époque) et du succès de la gamme Game & Watch (les ancêtres de la Game Boy ou, pour les plus jeunes, de la DS). Bien qu’hasardeux, le pari est réussi. En un an, la Famicom devient la console la plus populaire du Japon et Nintendo rêve de lui faire traverser l’océan. En 1985, la console, rebaptisée NES, débarque sur le marché occidental avec les coudées franches pour s’imposer en quasi monopole. Pendant longtemps, Nintendo sera synonyme de jeu-vidéo et la NES le creuset de licences encore populaires aujourd’hui.

Des bâtisseurs de consoles encore en activité, Nintendo est sans conteste celui dont l’histoire est la plus longue. Son patrimoine est gigantesque, de par ses licences (Mario, Donkey Kong, Zelda, Metroid et consorts) et des apports et standards que ses ingénieurs ont su imposer au jeu vidéo (Croix de direction, détection de mouvements et écrans tactiles pour ne citer qu’eux), et de ce patrimoine, Nintendo tire également une grande fierté ainsi qu’une ferme intention de le protéger. On ne fait pas n’importe quoi avec ses licences. Ils l’ont par ailleurs prouvé il y a encore quelques semaines en imposant le retrait de Pokemon Uranium, version non-officielle de Pokemon fruit de plusieurs années de développement bénévole.

La stratégie du retro-gaming

Pour autant, Nintendo n’est pas juste extrêmement procédurier avec ses fans. Elle illustre à merveille cette vision typiquement japonaise faite à la fois de tradition et d’innovation. Un œil tourné vers l’avenir tandis que l’autre analyse le passé.

En constructeur de talent, Nintendo construit des machines faites pour durer. Ainsi, il n’est pas difficile de trouver à l’heure actuelle sur le marché des NES parfaitement fonctionnelles. Il y a d’ailleurs quelques semaines, Nintendo s’est fendue d’un coup d’éclat en déballant et en mettant en marche une console issue de ses stocks vieux de plusieurs décennies. Et la bête était loin d’être moribonde.

Depuis la Game Boy, la rétrocompatibilité est également au cœur de sa stratégie. Ainsi, la Game Boy Color était compatible avec les jeux Game Boy, la Game Boy Advance compatible avec les jeux Game Boy Color, etc. En règle générale, chaque console assemblée par Nintendo est compatible avec la génération précédente. Un détail qui paraît anodin, mais qui a sans doute permis à Nintendo d’écouler plus facilement ses consoles de nouvelle génération. En revendant sa Game Boy Advance pour s’offrir une DS, il était rassurant de se dire qu’on n’aurait pas à revendre sa collection de jeux en même temps. On ajoutera en guise de conclusion que depuis la Wii et ses fonctionnalités en ligne, Nintendo réédite périodiquement ses anciennes gloires sur Console Virtuelle (certes à des tarifs qu’on pourrait qualifier sobrement de « mal positionnés »).

Tout ça pour dire que si le retro-gaming est à la mode ces derniers temps, Nintendo n’y est certainement pas étranger. La firme de Kyoto l’a dans son ADN.

Retour aux sources du succès

Néanmoins, la NES Classic Mini a surpris tout le monde lors de son annonce officielle. Surtout parce qu’en annonçant une « nouvelle console », tout le monde ou presque s’attendait à l’annonce de la Switch (finalement arrivée 6 mois plus tard). De plus, il n’est guère difficile de se procurer les grands classiques de Nintendo (et d’autres). Il doit d’ailleurs exister autant de méthodes légales que d’illégales de se les procurer. Aussi se procurer cette mini-NES est-il indispensable ? En fait, trois facteurs sauront réellement trancher cette question : La sensibilité de chacun à l’aura de Nintendo, l’intérêt qu’on porte au Rétro-Gaming, et la nature de collectionneur qui sommeille en chacun de nous. Car bien malin celui qui parviendra à prendre objectivement en défaut cette petite console.

En effet, visuellement, la NES Classic Mini reprend le design emblématique de la NES originale, seules la taille et la connectique diffèrent vraiment (à noter pour les chanceux qui passeraient par le Japon que l’édition japonaise reprend le design de la Famicom et dispose d’une sélection de jeux sensiblement différente).

Bien qu’elle soit sur le papier plus puissante que la Wii ou la 3DS (par simple gap technologique), la NES Classic Mini embarque un hardware des plus basiques, mais cette puissance de calcul est moins dévolue à faire tourner les 30 jeux pré-installés qu’à émettre un signal correct pour une sortie HDMI et un lissage des textures parfaitement exécuté. Cette configuration supporte par ailleurs un émulateur de très grande qualité et les différents filtres disponibles font des merveilles, dont un permettant aux plus nostalgiques de retrouver l’ambiance visuelle d’un bon vieux téléviseur cathodique. Les anciennes gloires NES resplendissent littéralement, même s’il sera peut-être nécessaire de jouer avec les réglages du téléviseur pour réduire le clipping ou les temps de latence.

On ne peut pas dire que la NES Classic Mini soit une machine à remonter le temps aussi efficace qu’une NES authentique rattachée à une dalle cathodique, mais elle est de très loin la meilleure plateforme qu’on puisse se procurer pour découvrir (ou redécouvrir) ces titres qui représentent tout un chapitre de l’histoire du jeu-vidéo, le tout dans le confort d’image offert par les technologies actuelles.

La NES Classic Mini n’est cependant pas exempte de défauts. Le premier d’entre eux, et tout le monde s’accorde sur ce point, c’est la taille ridicule de son câble de manette. Deux solutions s’offrent alors à vous : exploiter la longueur des autres câbles (HDMI et USB) et la poser sur une table basse (mais n’espérez pas vous trouver à une distance réellement confortable de votre téléviseur HD) ou vous procurer un prolongateur, voire une manette sans fil (il faudra alors vous tourner vers un constructeur tiers). Ce choix paraît indéfendable, et pourtant, d’un point de vue simplement design, on pourrait dire que l’ensemble NES et manette paraît moins ridicule avec ce câble réduit. On notera aussi qu’en étant obligé de passer par le bouton Reset situé sur la console pour passer d’un jeu à un autre, il vaut mieux ne pas trop s’en éloigner. Sacrifier au design original en plaçant ce bouton sur la manette n’aurait sans doute pas choqué, mais passons…

La seconde faute de Nintendo, c’est sans doute l’absence de transformateur fourni, mais plus personne ne s’en étonne. Depuis la sortie de la New 3DS, le constructeur n’inclut plus de transformateur avec ses consoles (excepté la Wii U, et sans doute la Switch). Selon la documentation, il est possible d’utiliser n’importe quel transformateur compatible USB de type 5V-1A en sortie (soit le type de transformateur fourni avec n’importe quel smartphone). Pour ma part, l’essai avec un transfo Apple s’est soldé par un échec, mais celui que j’ai fait avec celui de mon smartphone a fonctionné. À surveiller. Le plus simple reste tout de même de trouver un port USB de libre sur votre TV HD (la plupart des TV récentes en comportent au moins un).

Avec cette NES Classic Mini, Nintendo se rappelle au bon souvenir des joueurs, au point de faire peut-être un peu d’ombre à la PS4 Pro sortie ces derniers jours. Pas forcément pour les bonnes raisons. En effet, à l’heure où nous écrivons ces lignes, il devient très difficile de se la procurer à son tarif normal de 60 euros, pour ne pas dire impossible. Qu’il s’agisse des revendeurs pro ou des particuliers ayant choisi d’en précommander plusieurs exemplaires, la spéculation va bon train. Il s’avère que Nintendo a sans doute engendré LE collector de cette fin d’année 2016. Mais ne vous précipitez pas. Aux 100.000 unités annoncées (qui ont certainement déjà trouvé preneur) viendront apparemment s’ajouter de nouveaux approvisionnements. S’il est possible qu’elle ne soit pas présente sous votre sapin, il sera encore temps de dépenser vos étrennes tranquillement début 2017.

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