Born To Run (2016)

Autobiographie de Bruce Sprinsgteen

publiée chez Albin Michel

Quand on en vient à réfléchir aux icônes du rock qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de la musique, les noms sont nombreux : les Rolling Stones, David Bowie, The Beatles avec leur album Sgt Peppers lonely hearts club band, CSNY… La liste est interminable. Mais quand on tente de la réduire aux artistes qui ont le mieux raconté les Etats-Unis de la seconde moitié du XXème siècle, on tombe inévitablement sur Bruce Springsteen. Ses disques traitant des milieux populaires vivant dans cette nation « post-american dream », ses engagements politiques et sociaux, ses concerts marathon capables de galvaniser des stades entiers pendant plus de trois heures : il est indéniable que l’histoire de la musique retiendra son nom. On retiendra aussi que ce n’est pas qu’un mélodiste mais aussi un parolier de talent. Ses chansons varient les points de vue, utilisent de nombreuses images poétiques et parfois même embrassent tout un contexte social. Il était donc normal qu’il passe le cap et écrive un livre. C’est par une autobiographie, sortie fin Septembre chez Albin Michel, que le Boss démontre ses talents d’auteur. Après tout, nombre de biographes sont passés avant lui pour relater le périple qui l’a mené de fils d’ouvrier à star internationale. Il fallait donc déployer d’autres atouts pour revisiter et se réapproprier sa vie.

Après tout, l’autobiographie est un genre littéraire à part entière même si il a été choisi comme une facilité par nombre de stars, ou de starlettes, afin de capitaliser sur leur notoriété. Avant Loana et Nabilla, il y a eu Rousseau, Saint-Augustin et Chateaubriand. Toutes proportions gardées, c’est dans un héritage littéraire que s’inscrit Springsteen, gardant son goût pour les images bien senties et les ambiances. A ce titre, la première partie sur l’enfance et la jeunesse du chanteur dans le New Jersey dresse un portrait tout en nuances des familles italo-irlandaises dans les années 50-60. Il parle davantage de sa famille qu’il ne parle de lui et les anecdotes pointilleuses ne servent qu’à servir l’ensemble. En parlant du particulier, il dresse une image universelle.

Si il a pris sept ans pour l’écrire, c’est que Springsteen est un orfèvre de l’écriture. Il écrit et réécrit sans cesse pour que le résultat soit ciselé comme il l’imagine. Cela donne au livre un style romanesque et une fluidité qui rend le tout agréable à parcourir. Une certaine honnêteté, et volonté de faire ce projet avec le cœur, transparaît. Certains pourraient d’ailleurs voir dans la propension du chanteur à l’auto-critique une fausse modestie. Mais pas mal d’événements racontés par l’auteur peuvent être contrebalancés par les différentes versions relatées dans d’autres biographies ou par des membres du groupe.

Mais peu importe la véracité des faits ! C’est avant tout une aventure humaine qui nous est racontée d’une bien jolie façon. L’histoire d’un jeune fils d’ouvrier qui va prendre sa guitare sous le bras et poursuivre ses rêves. Il va être épaulé par d’autres gars comme lui et, toujours en avant, ils vont vivre la plus belle des aventures. Il s’offre même le luxe de nous offrir des pages d’une tension digne d’un roman à suspens lors d’un périple en camion pour la Californie. Baby they were born to run…

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