Les Trolls (2016), Film d’animation américain

Réalisé par Mike Mitchel et Walt Dorhn

Sortie en salles le 19 octobre 2016

Les Trolls sont un peuple de minuscules êtres multicolores qui ont érigé le bonheur comme principe de vie. À ce titre, leurs journées sont rythmées par des chansons joyeuses, des danses endiablées et des câlins horaires. Une vie idyllique perturbée par les Bergen, un peuple pour qui le bonheur est inconnu, excepté une fois par an, lorsqu’ils peuvent déguster les Trolls. Une tradition mise à mal par l’évasion de ces derniers. Des années plus tard, la menace n’est toujours pas éliminée. Lorsque les Bergen entreprennent de relancer la tradition du « Trollstice », c’est à la Princesse Poppy, exubérante héritière du trône, et à Branche, sinistre spécialiste des Bergen, qu’échoit la mission de retrouver les disparus.

Quand Shrek rencontre les Schtroumpfs

On ne va pas se mentir. Dreamworks est en petite forme en cette fin d’année 2016. Son dernier-né ne brille pas par son scénario (si on excepte le but final, Trolls et Schtroumpfs sont promis à des destins similairement funestes par les Bergen et Gargamel). Ajoutons à cela deux personnalités que tout oppose devant faire front commun face à un ennemi supérieurement puissant, on tient certainement là l’un des plus anciens prototypes de scénario. Le genre à avoir été glissé dans les boîtes en même temps que les premières caméras cinématographiques expédiées à l’ouverture des studios Universal ou Paramount.

S’intéresser à l’histoire de ces petits êtres chevelus est d’autant plus difficile que l’humour dont il use n’est qu’une accumulations de resucées de leurs travaux précédents. L’ombre de Shrek flotte jusque dans la manière par laquelle Branche est contraint d’accompagner Poppy dans sa mission : Jeté de son bunker fortifié par l’invasion des trolls rescapés de la razzia. Certes, les blagues tournant autour des pets et autres manquements à l’hygiène de l’ogre vert ont été expurgées (encore que, les séquences à peine risibles et répétées du troll à paillettes apparemment adepte de les projeter par ses fesses), même si le design général des Bergen, méchants en diable (et rappelant étrangement les trolls du Lutin Magique de Don Bluth), ne semble pas les prédisposer à la prise de bain. Globalement, on sourit souvent, mais on y rit finalement peu, la faute à des gags attendus et des situations mal exploitées.

Tout ça pour dire que les scénaristes Jonathan Aibel et Glenn Berger, ainsi que leurs équipes, peinent à nous brosser une galerie de portraits nombreux, certes, mais guère originaux (un gros simplet trimbalant partout une bestiole rigolote, un grand pétochard (que je sois pendu s’il ne s’agit pas d’un plagiat de Shaggy de Scooby-Doo), un professeur de yoga pour faire actuel…), voire totalement transparents. Lorsqu’on accumule les personnages secondaires sans relief, mieux vaut que vos personnages principaux soient solides, mais ce n’est même pas le cas.

Tout pour la musique

On se rend compte assez vite cependant que scénario et personnages n’étaient pas la priorité des créateurs qui leur ont préféré un design acidulé, une musique entraînante et une bonne humeur un peu ridicule qui peine cependant à atteindre le spectateur. Étrangement, cet habillage fonctionne et offre une vraie cohérence au film, même s’il s’agit d’une réponse simplette au message simplet des trolls à propos du bonheur.

D’un point de vue technique, Les Trolls n’innove guère. Décors et personnages sont propres et bien animés, mais restons circonspects, on n’en attendait pas moins de la part d’un studio aguerri comme Dreamworks. Reste la surcharge de textures fluo, qui ne sert finalement pas grand-chose, si ce n’est l’impression tenace de baigner dans un tonneau de fraises Tagada.

Seul indiscutable atout du film, sa bande originale signée Christophe Beck pour la musique et Justin Timberlake aux chansons, savant mélange de reprises et d’adaptations de succès populaires servi par Louane Emera et M.Pokora en VF (Anna Kendrick et Justin Timberlake en VO). Qu’on aime ou pas, le duo nous offre il est vrai des prestations de très bonne qualité, tant dans le doublage que dans les chansons. Sa seule gestion de la musique sauve le film d’un ratage total.

En somme, le crû Dreamworks 2016 se révèle assez décevant. Après un Kung Fu Panda 3 sympathique, mais qui peine à renouveler la licence, on pouvait attendre mieux des Trolls, nouvelle licence issue d’une mode disparue dans la première moitié des années 90 (!). Finalement, Dreamworks accouche d’un spectacle musical médiocre, où l’indéniable qualité des chansons ne rattrape pas le manque d’un humour qu’on serait en droit d’attendre d’un divertissement. Les petits apprécieront peut-être (à conditions qu’ils soient suffisamment jeunes pour ne pas avoir connu d’autres films mieux gérés), mais les parents s’ennuieront. Et même avaler un troll ne leur rendra pas le sourire.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

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