Ant-Man, un film de Peyton Reed

Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas

Sortie le 14 Juillet 2015

Scott Lang, cambrioleur malin mais malchanceux, sort de prison. Fauché mais souhaitant se réinsérer et gagner le droit de voir sa fille vivant avec son ex-femme, il tente en vain de trouver un travail. Mais il se heurte rapidement à la dure réalité, le monde extérieur n’est pas tendre avec les ex-taulards. C’est alors que son colocataire, et ex-compagnon d’activités criminelles, lui propose un coup en apparence sans risque : cambrioler la demeure vide d’un vieux riche abritant un coffre très prometteur. Mais plutôt que des billets et des bijoux, Scott Lang n’y trouvera qu’une étrange combinaison aux pouvoirs inattendus.

Tout est mini dans notre vie

Après un Avengers 2 qui aura déçu beaucoup de monde (nous aurons l’occasion d’y revenir lors de sa sortie en dvd), Marvel clôt sa phase deux en intégrant un nouveau personnage dans son univers cinématographique : Ant-Man. C’est d’ailleurs un choix assez étrange de leur part de clôturer une phase par l’introduction d’un nouveau héros plutôt que par un film chorale. Ceci pourrait en partie expliquer la sensation des spectateurs d’Avengers 2 de s’être retrouvé devant une transition et non une conclusion. D’autant que, même si Ant-Man fait référence à son prédécesseur par plusieurs allusions, il ne constitue pas une conclusion satisfaisante à cette phase deux. L’explication peut se trouver dans le parcours chaotique qu’a connu le développement du film.

Bien avant que Kevin Feige (président de Marvel) ne décide de créer cette saga cinématographique que nous connaissons, Edgar Wright avait dans l’esprit de réaliser un film Ant-man. Certaines sources affirment qu’encore avant ça, Stan Lee aurait également voulu en faire un dans les années 80 mais que la ressemblance avec Chéri j’ai rétréci les gosses avait enterré le projet. Toujours est-il que Wright, connu pour sa trilogie du Cornetto avec Simon Pegg, avait prévu de s’atteler à ce projet après avoir fini de tourner Scott Pilgrim. Mais le projet prend du temps et finit par s’inscrire dans l’univers Marvel, ce qui a obligé Wright à réécrire de nombreuses fois le scénario pour coller au reste de l’histoire contée par les autres films. En 2013, soit 7 ans après la proposition du projet, il est prévu que le film clôture la deuxième phase de l’anthologie cinématographique. Mais des différends artistiques entre la production et Wright provoquent le départ de ce dernier. Le projet est alors confié à d’autres scénaristes. En plus des nombreuses réécritures de Wright, il aura donc fallu trois autres personnes pour retoucher le scénario. Et cela se sent terriblement. C’est là que réside l’un des principaux problèmes du film.

En effet, Ant-Man pâtit d’un mauvais dosage du scénario. Pendant quasiment une heure de film, il se passe peu de choses à l’écran. S’il s’agissait de développer le caractère du personnage et nous le présenter comme quelqu’un de complexe et mû par des combats intérieurs profonds, cela aurait pu se justifier. Après tout, Batman begins était conçu sur ce modèle et nous n’entrions vraiment dans l’histoire qu’après une heure de film. Mais Scott Lang n’est pas Bruce Wayne. Scott Lang n’est que l’archétype du repenti déçu en quête d’argent pour s’occuper de sa fille perdue dans un divorce : ni plus, ni moins. Il y a certes d’autres personnages à présenter comme Hank Pym, le vieux scientifique à l’origine du costume qui fait rétrécir, et sa fille. Mais là encore nous sommes dans des cadres connus et assez classiques de relation père/fille compliquée. De plus, ce n’est pas la bande de cambrioleurs qui accompagne Lang qui va sortir des clichés. Et je ne parle pas du méchant de l’histoire aux motivations lambda et au charisme absent.

Mais qu’est ce qui justifie d’aller voir ce film me direz-vous ? C’est que la deuxième heure est sacrément bien rythmée et divertissante. Avec une gestion très habile de la rupture de rythme dans l’action pour créer le rire, Peyton Reed nous offre un combat final très fun souvent mieux géré que dans Les Gardiens de la galaxie. En règle générale, le film est assez drôle avec des gags parfois absurdes et des personnages délicieusement crétins sûrement hérités du scénario original de Wright. Passé la longue introduction, on ne s’ennuie pas tant les événements s’enchaînent et les bonnes idées déferlent à l’écran. Notons aussi que les acteurs sont convaincants avec en tête un Paul Rudd au mieux de sa forme. Celui dont le grand public retient surtout la prestation en guise de mari de Phoebe dans Friends, démontre une vraie capacité à alterner entre l’épique et le comique avec une facilité désarmante. Le fait qu’il ait lui-même co-écrit le scénario n’est peut être pas étranger à l’osmose qui existe entre lui et son personnage. Michael Douglas, quant à lui, n’offre pas une prestation ébouriffante mais son personnage n’en exige pas tellement plus.

Si nous devions résumer, Ant-man est plutôt un bon film d’été, divertissant et changeant des poulains habituels de l’écurie Marvel. Il apporte une fraîcheur bienvenue après l’univers assez sombre d’Avengers 2. Il y a fort à parier que si Wright avait réalisé le film et que Marvel lui avait donné une certaine liberté, nous aurions eu affaire à un exemple du genre, mais Peyton Reed ne s’est finalement pas mal débrouillé avec ce qu’on lui a laissé entre les mains. Il ne faut pas vous attendre à être transcendé par Ant-Man mais juste à passer un bon moment devant un film sympathique, et en fin de compte, ce n’est déjà pas si mal. 

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