La Fin

Chers amis, 

Toutes les bonnes choses ont une fin…sauf la saucisse qui en a deux. C’est avec un immense regret que nous vous annonçons la fin de cette belle aventure que fût Culturotopia. Il est devenu trop compliqué de gérer ce site et les différents projets personnels de chacun. 

Merci aux artistes qui nous ont fait vivre de très beaux moments, merci aux attachés de presse passionnés par leur travail avec lesquels les rapports furent amicaux. Et surtout, merci à vous chers lecteurs à qui nous tachions de transmettre au mieux notre passion de la culture. 

C’est la fin d’une aventure mais le début de pleins d’autre où nous espérons bientôt vous retrouver. 

Prenez soin de vous, 

Continuez à fréquenter les salles de spectacles, les cinémas, les livres, les expos : bref, restez curieux. 

A très bientôt dans d’autres horizons, 

L’EQUIPE DE CULTUROTOPIA

« Comme en 14 » au Théâtre La Bruyère

COMME EN 14

Une pièce de Dany Laurent

Mise en scène par Yves Pignot

Avec Virginie Lemoine, Marie Vincent

Du Mardi au Samedi à 21H 

Au Théâtre La Bruyère (75)

Le titre de la pièce fait référence à l’expression « C’est reparti comme en 14 », expression liée à la 1ére guerre mondiale et qui évoque une situation d’enthousiasme, d’entrain alors que les circonstances ne s’y prêtent pas.  

Nous sommes transportés à Noël 1917, en pleine guerre, dans un hôpital, tenu par des femmes. Alors évidemment, les circonstances ne se prêtent pas à la joie et la gaité. Pourtant, ces femmes vont continuer à vivre, à chanter, à rire, à aimer et à faire partager tout cela aux hommes blessés de guerre. 

Le sujet est difficile et lourd mais nous sommes emportés dans ces jours de Noël où le quotidien est fait de petits riens (une tasse de café chaud, un fou rire…), d’espoirs, d’actes médicaux, de drames, de « rebellions », auquel l’urgence de vivre donne une tonalité particulière.

C’est une pièce qui fait honneur aux femmes et ça fait du bien ! Ces femmes qui, bien au-delà d’être un soutien pour les hommes partis à la guerre, ont assumé un rôle de premier plan, elles se sont organisées et ont été un rouage indispensable de l’époque.  

Nous sommes emportés par leur énergie communicative, par la force du collectif, par leur soutien envers et contre tout. La guerre a presque « gommé » leur position sociale dans leurs rapports humains. Ce qui compte c’est d’être rassemblé, de faire face ensemble pour avancer. 

On ne voit pas la guerre sur scène ; tout se passe dans la pièce « de repos » des infirmières et pourtant on se sent plongés en 1917 grâce à la mise en scène, aux décors, aux costumes, à l’habillage sonore… Tout est au service de l’immersion dans la pièce. 

C’est remarquablement bien joué et les dialogues sont savoureux. Mention particulière pour le duo Virginie Lemoine, très juste en comtesse toute en tension et retenue, et Marie Vincent, infirmière en chef, débordante de vitalité et d’énergie communicative.

Un tout petit bémol, la pièce gagnerait à être un peu plus courte. 

Pour les restaurants, vous trouverez forcément votre bonheur dans le coin. J’ai essayé L’Illusion à 150 m du théâtre, carte courte et bonne. A recommander aussi !  

Un article de Claire Vellard

Le cas Bilal Hassani

C’est donc maintenant officiel, c’est Bilal HASSANI qui représentera la France au concours de « l’Eurovision de la chanson », dont la Grande Finale se tiendra le 18 Mai 2019 à Tel Aviv, en Israël, pays gagnant de l’année dernière.

Mais quel intérêt, nous direz-vous, de faire un article, aujourd’hui, sur cette nouvelle qui tiendrait très bien en un tweet ? Pour la simple et bonne raison que ce jeune homme cristallise beaucoup de choses : Amour, Haine, Passion, et nous voulions comprendre tout ce qui se passe actuellement.

Bilal HASSANI a été découvert en France en 2015 en se présentant à la deuxième saison de l’émission « The Voice Kids » sur TF1. Membre de l’équipe de Patrick FIORI, il sera éliminé lors de l’épreuve des « Battle ». Depuis, il est devenu Youtubeur. Il parle de son quotidien, de perruques, mais chante aussi en mashup et autres reprises. Depuis hier soir, il est le représentant de la France pour l’Eurovision 2019 avec sa chanson ROIco-écrite avec le duo Madame Monsieur, candidat français de l’année dernière.

Comme dit plus haut, Bilal HASSANI déchaîne les passions, mais également un torrent de haine : Insultes, appels à la violence, menaces de mort… Son « défaut » ? Être un jeune homme, homosexuel, portant des perruques et du maquillage (mais détail important : qui N’EST PAS une DragQueen). Et le pire dans tout ça ? Et bien c’est qu’il assume complètement.

« Oui, mais les gens ont voté pour lui parce qu’il est gay. C’est honteux. Injuste. Sa chanson ne vaut rien. Il n’a aucun talent. » 

Alors, de fait : NON, LES GENS N’ONT PAS VOTÉ POUR LUI CAR IL EST GAY.

Alors, oui c’est vrai, sa chanson n’est pas la meilleure du monde. Elle n’est pas exceptionnelle et ne casse pas la baraque. Ça reste de la POP lambda, mais pas mauvaise. Sa force ? L’histoire de cette chanson, les paroles et le vécu de son interprète.

Bilal HASSANI est devenu, malgré lui, la cible de Hatershomophobes qui l’insultent et le menacent de mort à longueur de journée. Mais également le symbole de ceux qui se sentent à part, exclus, différents. Il est devenu l’égérie de ceux qui souffrent tous les jours du jugement et du regard des autres. Son propos dépasse son cas personnel pour atteindre une forme d’universalité. En assumant, en allant sur le devant de la scène, sans être une bête de foire mais simplement qui il est, il donne de l’espoir. Il dit que tout est possible et ça n’a pas de prix. Il porte sa chanson et sa chanson le porte. C’est pour ça qu’il gagne.

« Le jury international est truqué. Ils savent que Bilal peut gagner le concours final alors ils ne lui ont pas donné de points. C’est de la triche ! »

Sans tomber dans le complotisme, oui, on peut s’interroger sur la manière dont certains jurés ont voté, car il n’y avait semble-t-il aucune logique. Ne pas donner de points à Bilal HASSANI, Chimène BADI ou Les Divaz, et en donner à Sylvan AREG… Bref.

Cependant, au vu de la différence de points entre les deux émissions, il ne faut pas écarter le fait que, peut-être, la seconde prestation a plus séduit les fans français, mais moins les pays étrangers. Si sa présence sur scène et sa voix étaient bien mieux posées, la première mise en scène avait plus séduit, et il faudrait plus travailler la prestation finale sur cette base tout en gardant l’émotion de la seconde représentation. Car ne l’oublions pas, nous ne votons pas pour notre propre pays. Bilal, si tu nous lis.

Bilal est une force et il a tout pour aller loin. Mais attention tout de même car plus haute est la montée et plus dure peut être la chute. Alors : Travail. Travail et encore Travail.

Culturotopia soutient bien évidement ce grand artiste en devenir et le suivra jusqu’au 18 à Tel Aviv et même, on l’espère, plus longtemps encore.

Un article de Quentin Gabet

Césars 2019

Alors que l’Académie des Oscars dévoilait hier sa liste de nominations, c’est aujourd’hui au tour des Césars. Si les nommés n’ont rien de surprenants, on notera tout de même avec plaisir la présence de comédies telles que Le Grand BainGuy ou En Liberté !. Mais notre cœur penche sans débat pour Jusqu’à la gardede Xavier Legrand, une claque comme on aimerait en avoir plus souvent dans le cinéma français. Nous restons cependant incertains sur la catégorie dans laquelle il l’emportera : « Meilleur Film » ou « Meilleur premier film ». Il est probable que Les Chatouillesdomine la seconde catégorie tant le film a été bien reçu par le public et les critiques. Vous pouvez retrouver nos pronostics en gras dans l’article. Nous allons également revenir sur certains films d’ici à la cérémonie qui se tiendra le 22 Février 2019. 

Meilleur film

La Douleur, d’Emmanuel Finkiel 
En liberté !, de Pierre Salvadori 
Les Frères Sisters, de Jacques Audiard 
Le Grand Bain, de Gilles Lellouche 
Guy, d’Alex Lutz 
Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand 
Pupille, de Jeanne Herry

Meilleure actrice

Elodie Bouchez dans Pupille 
Cécile de France dans Mademoiselle de Joncquières 
Léa Drucker dans Jusqu’à la garde 
Virginie Efira dans Un amour impossible 
Adèle Haenel dans En liberté ! 
Sandrine Kiberlain dans Pupille 
Mélanie Thierry dans La Douleur

Meilleur acteur

Edouard Baer dans Mademoiselle de Joncquières 
Romain Duris dans Nos batailles 
Vincent Lacoste dans Amanda 
Gilles Lellouche dans Pupille 
Alex Lutz dans Guy 
Pio Marmaï dans En liberté ! 
Denis Ménochet dans Jusqu’à la garde

Meilleur acteur dans un second rôle

Jean-Hughes Anglade dans Le Grand Bain 
Damien Bonnard dans En liberté ! 
Clovis Cornillac dans Les Chatouilles 
Philippe Katerine dans Le Grand Bain 
Denis Podalydès dans Plaire, aimer et courir vite

Meilleure actrice dans un second rôle

Isabelle Adjani dans Le Monde à nous 
Leila Bekhti dans Le Grand Bain 
Virginie Efira dans Le Grand Bain 
Audrey Tautou dans En liberté ! 
Karin Viard dans Les Chatouilles

Meilleur réalisateur

Emmanuel Finkiel, La Douleur 
Pierre Salvadori, En liberté ! 
Jacques Audiard, Les Frères Sisters 
Gilles Lellouche, Le Grand Bain 
Alex Lutz, Guy 
Xavier Legrand, Jusqu’à la garde 
Jeanne Herry, Pupille

Meilleure espoir féminin

Ophélie Bau dans Mektoub My Love 
Galatéa Bellugi dans L’Apparition 
Jehnny Beth dans Un amour impossible 
Lily Rose-Depp dans L’Homme fidèle 
Kenza Fortas dans Shéhérazade

Meilleur espoir masculin

Antony Bajon dans La Prière 
Thomas Gloria dans Jusqu’à la garde 
William Lebghil dans Première Année 
Karim Leklou dans Le Monde est à toi 
Dylan Robert dans Shéhérazade

Meilleur premier film

L’Amour flou, de Romane Bohringer et Philippe Rebbot 
Les Chatouilles, d’Andréa Bescond et Éric Métayer 
Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand 
Sauvage, de Camille Vidal-Naquet 
Shéhérazade, de Jean-Bernard Marlin

Meilleur documentaire

America, de Claus Drexel 
De chaque instant, de Nicolas Philibert 
Le Grand Bal, de Laetitia Carton 
Ni juge ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant 
Le Procès contre Mandela et les autres, de Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Meilleur film étranger

3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin MacDonagh 
Capharnaüm, de Nadine Labaki 
Cold War, de Paweł Pawlikowski 
Girl, de Lukas Dont 
Hannah, d’Andrea Pallaoro 
Nos batailles, de Guillaume Senez 
Une affaire de famille, d’Hirokazu Kore-eda

Meilleur court-métrage

Bragino, de Clément Gogitore 
Les Indes galantes, de Clément Gogitore 
Kapitalistis, de Pablo Muñoz Gomez 
Laissez-moi danser, de Valérie Leroy 
Les Petites Mains, de Rémi Allier

Meilleur court-métrage d’animation

Au cœur des ombres, de Mónica Santos et Alice Guimarães 
La mort, père et fils, de Winshluss et Denis Walgenwitz 
Raymonde ou l’Evasion verticale, de Sarah Van Den Boom. 
Vilaine fille, de Ayçe Kartal

Meilleur film d’animation

Astérix : Le Secret de la potion magique, d’Alexandre Astier et Louis Clichy 
Dilili à Paris, de Michel Ocelot 
Pachamama, de Juan Antin

Meilleure photographie

Alexis Kavyrchine, La Douleur 
Benoît Debie, Les Frères Sisters 
Laurent Tangy, Le Grand Bain 
Nathalie Durand, Jusqu’à la garde 
Laurent Desmet, Mademoiselle de Joncquières

Meilleure adaptation

Andréa Bescond et Eric Métayer, Les Chatouilles 
Emmanuel Finkiel, La Douleur 
Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Les Frères Sisters 
Emmanuel Mouret, Mademoiselle de Joncquières 
Catherine Corsini et Laurette Polmanss, Un amour impossible

Meilleur son

Antoine-Basile Mercier, David Vranken, Aline Gavroy pour La Douleur 
Brigitte Taillandier, Valérie De Loof, Cyril Holtz pour Les Frères Sisters 
Cédric Deloche, Gwennolé Le Borgne, Marc Doisne pour Le Grand Bain 
Yves-Marie Omnès, Antoine Baudouin, Stéphane Thiébaut pour Guy 
Julien Sicart, Julien Roig, Vincent Verdoux pour Jusqu’à la garde

Meilleure musique originale

Anton Sanko, Amanda 
Camille Bazbaz, En liberté ! 
Alexandre Desplat, Les Frères Sisters 
Vincent Blanchard, Romain Greffe, Guy 
Pascal Sangla, Pupille 
Grégoire Hetzel, Un amour impossible

Meilleur scénario original

Pierre Salvadori, Benoît Graffin, Benjamin Charbit pour En liberté ! 
Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini pour Le Grand Bain 
Alex Lutz, Anaïs Deban, Thibault Segouin pour Guy 
Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde 
Jeanne Herry, pour Pupille

Meilleurs costumes

Anaïs Romand et Sergio Ballo, La Douleur 
Pierre- Yves Guerraud, L’Empereur de Paris 
Miléna Canonero, Les Frères Sister 
Pierre-Jean Larroque, Mademoiselle de Joncquières 
Anaïs Romand, Un peuple et son roi

Meilleurs décors

Pascal Le Guellec, La Douleur 
Emile Ghigo, L’Empereur de Paris 
Michel Barthélémy, Les Frères Sisters 
David Faivre, Mademoiselle de Joncquière 
Anaïs Roman, Un peuple et son roi

Meilleur montage

Valérie Deseine, Les Chatouilles 
Isabelle Devinck, En liberté ! 
Juliette Welfling, Les Frères Sisters 
Simon Jacquet, Le Grand Bain 
Yorgos Lamprinos, Jusqu’à la garde

Oscars 2019 : Nominations

Chaque année, nous attendons cette liste avec impatience. Après avoir dévoré un nombre impressionnant de films en salles, chacun veut savoir si son préféré sera dans la course pour les Oscars. La nouvelle vient d’arriver et, comme à chaque fois, on fait nos paris.

Si, malheureusement le duel est joué d’avance et se fera entre les surcotésBohemian Rapsodyet A Star is Born(tous deux taillés sur mesure pour la catégorie), nous aimerions davantage saluer le travail de Lánthimos dont le film pourra être vu en France le 6 février 2019. Il serait aussi intéressant de mettre en avant le passage de Peter Farrelly à un cinéma loin de ses habitudes avec Green Book.Couronner Roma d’Alfonso Cuaron pourrait être pertinent mais ce serait donner un Oscar à Netflix, ce qui changerait considérablement la façon dont l’industrie cinématographique considère la plateforme. Le géant du streaming aurait alors une reconnaissance phénoménale et un boulevard pour écraser la concurrence. Enfin, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise en ce qui concerne le meilleur film d’animation. Pixar pourrait bien ne pas l’emporter avec Les Indestructibles 2, pourtant très bon, au profit du succès inattendu de la fin d’année 2018 : Spiderman : into the Spider-verse. Personne ne l’attendait vraiment mais son humour et ses audaces de réalisation l’ont vraiment distingué. 

On attend avec impatience le 24 février 2019 pour les résultats. D’ici là, on se sera penché sur les Césars dont les nominations seront dévoilées demain, Mercredi.

MEILLEUR FILM

« Black Panther »

« BlacKkKlansman »

« Bohemian Rhapsody »

« The Favourite »

« Green Book »

« Roma »

« A Star Is Born »

« Vice »

ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

Amy Adams, « Vice »

Marina de Tavira, « Roma »

Regina King, « If Beale Street Could Talk »

Emma Stone, « The Favourite »

Rachel Weisz, « The Favourite »

ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

Mahershala Ali, « Green Book »

Adam Driver, « BlackKKlansman »

Sam Elliott, « A Star Is Born »

Richard E. Grant, « Can You Ever Forgive Me »

Sam Rockwell, « Vice »

MEILLEUR FILM ETRANGER

« Capernaum »

« Cold War »

« Never Look Away »

« Roma »

« Shoplifters »

CHANSON ORIGINALE

« All The Stars » – « Black Panther »

« I’ll Fight » – « RBG »

« Shallow » – « A Star Is Born

« The Place Where Lost Things Go » – « Mary Poppins Returns »

« When A Cowboy Trades His Spurs For Wings » – « The Ballad of Buster Scruggs »

FILM D’ANIMATION

« Incredibles 2 »

« Isle of Dogs »

« Mirai »

« Ralph Breaks the Internet »

« Spider-Man: Into the Spider-Verse »

SCENARIO ADAPTE

« The Ballad of Buster Scruggs »

« BlacKkKlansman »

« Can You Ever Forgive Me? »

« If Beale Street Could Talk »

« A Star Is Born »

SCENARIO ORIGINAL

« First Reformed »

« Green Book »

« Roma »

« The Favourite »

« Vice »

MEILLEUR ACTEUR

Christian Bale, « Vice »

Bradley Cooper, « A Star Is Born »

Willem Dafoe, « At Eternity’s Gate »

Rami Malek, « Bohemian Rhapsody »

Viggo Mortensen, « Green Book »

MEILLEURE ACTRICE

Yalitza Aparicio, « Roma »

Glenn Close, « The Wife »

Lady Gaga, « A Star Is Born »

Olivia Colman, « The Favourite »

Melissa McCarthy, « Can You Ever Forgive Me? »

REALISATEUR

Spike Lee, « BlacKkKlansman »

Pawel Pawlikowski, « Cold War »

Yorgos Lanthimos, « The Favourite »

Alfonso Cuarón, « Roma »

Adam McKay, « Vice »

MEILLEURE BANDE ORIGINALE

« Black Panther »

« BlacKkKlansman »

« If Beale Street Could Talk »

« Isle of Dogs » »Mary Poppins Returns »

Carlotta montre tout

Pour bien commencer l’année cinématographique 2019, le distributeur Carlotta a décidé de dévoiler son line-up pour les 6 prochains mois et c’est avec un plaisir non-dissimulé que nous nous sommes penchés dessus. Il faut dire que Carlotta fait partie de ces distributeurs dont les choix éditoriaux, à défaut de toucher le plus grand nombre, sont toujours enthousiasmants. Si peu de gens trouveront de l’intérêt à l’ensemble de son catalogue, il est indéniable que tout le monde pourra y trouver son bonheur, pourvu que le monde en question apprécie le 7ème Art.

Au fil du temps, Carlotta s’est en effet constitué un éventail très large, de l’œuvre de Michael Cimino (Voyage au bout de l’enfer) à celle d’Harold Lloyd (Monte là-dessus), éditant une collection consacrée à l’exceptionnelle filmographie d’Akira Kurosawa (Barberousse) tout en créant son label Midnight Collection, s’intéressant à des curiosités d’horreur et d’action venues tout droit de l’ère des vidéoclubs (La trilogie Basket Case ou À armes égales, chroniqué par nos soins). Entre ces quatre points cardinaux, Carlotta a rendu hommage à des réalisateurs tels que Ron Howard (Cocoon, aussi chroniqué par nos soins), King Hu (A Touch of zen) ou Luis Buñuel (Belle de jour). Bref, ce distributeur touche un peu à tout, pour la plus grande joie des cinéphiles de tous bords.

Et ce qu’on peut dire, c’est que le premier semestre 2019 de Carlotta va se révéler plutôt chargé, entre sorties (ou ressorties) cinéma, édition Blu-Ray et DVD variées, et même 3 livres d’entretiens consacrés au cinéma.

Comme à son habitude, Carlotta sera fidèle au cinéma asiatique avec la sortie en salles dès Février des Funérailles des roses(Toshio Matsumoto – 1969), œuvre issue de la nouvelle vague japonaise se déroulant dans le milieu homosexuel tokyoïte. Il sera suivi au cours du mois de Juin de Silence (Masahiro Shinoda – 1971). Entre les deux, en Mars, honneur sera rendu à Tsui Hark et à son Time and tidequi aura droit à une reluisante édition Blu-ray. Néanmoins, la sensation venue de l’Est de ce premier semestre sera sans doute la diffusion en salles de L’Héritage des 500.000, première et seule réalisation de Toshiro Mifune. Une œuvre totalement inédite sur laquelle Akira Kurosawa aura apporté conseils et compétences en montage. Le résultat : Un grand film d’aventure comme les 60’s ont su nous en livrer. À ne pas manquer.

Le cinéma américain ne sera cependant pas en reste avec la ressortie en salles de La Maison de la mort(James Whale – 1932), l’un des premiers films d’horreur des studios Universal, avant leur grande période « Universal Monsters », où Dracula, le loups-garou et consorts ne fassent leur renommée dans ce domaine. L’occasion de découvrir ou redécouvrir Boris Karloff avant que son costume de momie ne le propulse au rang de légende du cinéma. Entre Mars et Juin, ce ne seront pas moins de 5 films américains qui feront leur entrée sur le marché du DVD – Blu-ray : The Intruder (Roger Corman – 1962), une critique du racisme patent de l’Amérique post-ségrégation, Network (Sidney Lumet – 1976), un drame étonnamment moderne sur la dérive des médias, Shampoo(Hal Ashby – 1975), China Gate (Samuel Fuller – 1957) et Le Cavalier électrique (Sydney Pollack – 1979), où l’on suivra Robert Redford en champion de rodéo has-been, flanqué de Jane Fonda en journaliste opiniâtre, souhaitant rendre sa liberté à un cheval de rodéo. Notons également que le distributeur prévoit de diffuser au cinéma Flirter avec les embrouilles(David O. Russell – 1996), mais qu’en raison de la difficulté à trouver des salles libres peu avant l’été le contraint à s’en tenir au conditionnel, et à devoir choisir entre lui et Souvenirs d’en France(André Téchiné – 1975). Affaire à suivre donc.

Et si ce n’est lui, ce sera à Irréversible(Gaspard Noé – 2002) qu’il reviendra de représenter le cinéma français et Carlotta dans les salles. Nous noterons aussi la sortie d’un coffret consacré à l’œuvre de Jacques Rivette au travers de 3 films restaurés.

En toute décontraction, Carlotta a su toucher au cœur les cinéphiles venus participer à leur soirée de line-up. Difficile pour l’amateur de cinéma, esthète ou dilettante, de ne pas trouver dans cette sélection au moins un film qui éveillera son intérêt. Autant dire que la saison s’annonce florissante pour Carlotta.

Un article de Guillaume Boulanger-Pourceaux

Clown Triste

Le sourire au pied de l’échelle

Du 16 janvier au 17 février 2019

Au Théâtre de l’oeuvre (75)
Du mercredi au samedi à 19h 

Le dimanche à 17h30

D’après un texte d’Henry Miller 
Adaptation Ivan Morane

Mise en scène Bénédicte Necaille.

Avec Denis Lavant 

Auguste est une vedette. Il est LE clown de référence, connu dans le monde entier. Mais Auguste est surtout fatigué de sa célébrité. Faire rire les gens, d’accord, mais être reconnu, applaudi, il ne le supporte plus. Il va alors errer, muni de son maigre bagage, pour réfléchir, et nous raconter sa vie et son oeuvre. Jusqu’au jour où il tombe sur un cirque ambulant qui va lui faire redécouvrir la joie qui existe sous le chapiteau… 

Tout commence avec une échelle et un homme, de dos, dans le noir. On comprend dès le départ que ce qui ce joue, c’est l’intériorisé d’un homme qui ne comprend plus sa place dans le monde. Le premier son de la pièce est la voix d’Auguste qui narre en voix-off sa propre vie. D’une introspection solitaire, le récit devient aussi celui un être omniscient. 

Qu’est ce que le bonheur ? Sommes-nous définis par la réussite de notre rôle dans la société ? La pièce nous fait nous interroger sur la condition de l’être humain. Auguste devient il un clown au moment où il a du succès, où n’était-il un clown qu’avant la réussite, au moment où il décide de faire rire les gens ? La réflexion est d’autant plus présente que c’est lorsqu’il est reconnu en tant que clown qu’Auguste à l’impression que sa situation lui échappe. 

Fort d’une mise en scène minimaliste, mais qui fait sens à chaque fois, Le sourire au pied de l’échelleest aussi une pièce qui nous permet de profiter du talent de Denis Lavant. Seul en scène, il ne se contente pas de jouer Auguste, il est ce clown en perdition. Un rôle qui sonne presque comme une évidence compte tenu du passé de circassien du comédien. Mais au delà de cette certitude, Denis Lavant réussi à flouter cette barrière entre comédien et personnage.  

Adapté d’un texte d’Henry Miller, qui peut parfois perdre le spectateur (les scènes de rêves et de transes qui entrecoupent le récit), le propos parle à tous. Le paradoxe d’un être qui connaît le succès, mais qui n’y trouve pas là son bonheur. Il est enfermé dans son rôle de célébrité. Le travail sur la lumière exprime bien cet enfermement et sa soif de libération. Certaines idées d’éclairages sont redoutables d’efficacité : un faisceau de lumière pour suggérer la lune, un projecteur « strié » pour représenter à la fois une prison et une échelle… 

La mise en scène, ensuite, nous prouve qu’avec quelques accessoires, une histoire peut être mieux racontée qu’avec un décor fourni. Les gradins de cirques qui deviennent tour à tour des loges, des caravanes, des bancs… Déplacés par le comédien en fonction du lieu où il se trouve, ils reflètent également son état mental. Les costumes jouent également ce rôle : un accordéon pour nous montrer un Auguste plein d’espoir, un manteau élimé pour un Auguste en errance… 

Le sourire au pied de l’échelle est pièce qui fait rire, qui fait réfléchir, qui nous permet de s’évader. Une nouvelle claque de la part de Denis Lavant, gâté par une mise en scène où tout fait sens dans une force minimaliste. Un petit bijou de poésie et d’introspection, qui nous fait réfléchir sur le sens et la quête du bonheur.

Un article de Juliette Vandorpe